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Conseils jardinage et plantes

Planter le prunier

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Où et quand planter un prunier ? Comment bien l’installer, en pleine terre ou en pot, pour que sa reprise soit assurée et qu’il se développe bien ? Ces questions se posent pour tout arbre fruitier mais le prunier reste l’un des arbres fruitiers préférés pour les jardins. Sa délicate floraison sonne l’arrivée du printemps, ses fruits régalent petits et grands et pour ne rien gâcher, il est de culture facile et prospérera longtemps s’il a été bien choisi. Le prunier peut même se planter dans un pot, ce qui rassurera les possesseurs d’une terrasse ou d’un balcon !

planter prunier

Comment planter le prunier

Plantation en pleine terre

Le processus est un peu différent selon que vous souhaitiez planter un prunier sous forme de scion à racines nues ou un prunier en motte ou en conteneur. Voici les étapes pour une bonne plantation :

  1. Commencez par creuser le trou de plantation. Il doit être volumineux, au minimum 70 cm de large et 50 cm de profondeur. Ce trou peut être réalisé à l’avance.

  2. Ameublissez le fond du trou ainsi que la terre extraite. Une terre fine favorisera le développement des racines. Vous pouvez amender votre terre selon les besoins : sable pour le drainage, fumier ou compost pour l’enrichir… Si votre terre est trop compacte, l’ajout d’une couche de drainage (sable grossier, gravier) peut être une bonne chose

  3. Pour un prunier à racines nues : le jour, ou plutôt la veille de la plantation, vous commencerez par habiller les racines de votre prunier. Cette opération consiste à faire une petite coupe aux racines en taillant leur extrémité. Vous vérifierez par la même occasion s’il n’y en a pas des abîmées que vous devrez alors raccourcir au-dessus de la blessure. Les racines plus longues que les autres seront égalisées, afin qu’elles ne se retrouvent pas pliées ou enroulées lors de la mise en place. L’habillage des racines a pour objectif d’étoffer le système racinaire du prunier. Comme lorsque vous taillez un rameau, une racine va se ramifier à partir de la coupe. Et un système racinaire dense favorise la bonne nutrition de l’arbre. Attention cependant à ne pas trop raccourcir ces racines, de leur volume dépend la capacité d’absorption de l’arbre pour se nourrir.

  4. Pour un prunier à racines nues: une fois les racines habillées, elles bénéficieront d’un pralinage : le pralin est un mélange qui hydrate les racines et qui les nourrit. Il va également offrir aux racines une meilleure surface de contact avec la terre, ce qui facilitera la reprise. Et pour finir, la richesse en micro-organismes de ce mélange, notamment des bactéries et des champignons, va favoriser l'absorption de l’eau et des nutriments par les racines. Le pralin est en effet composé d’argile, d’eau et de bouse de vache, fumier ou compost. Idéalement, vous laisserez les racines tremper dans cette mixture (le pralin peut être réalisé à la maison mais il se trouve également prêt à l’emploi dans votre jardinerie) durant 24 heures.

  5. Pour un prunier en conteneur : la motte doit être réhydratée, faute de quoi elle pourrait mal s’hydrater par la suite et empêcher la reprise. Une fois ôtée de son conteneur, plongez-la dans une bassine d’eau et laissez-la quelques heures. Lorsque plus aucune bulle ne remonte à la surface, la motte est prête à être installée après égouttage.

  6. C’est avant de mettre le jeune fruitier en place qu’est installé l’indispensable tuteur. Cela évitera en effet d'abîmer les racines.

  7. Avant de placer le prunier, vous devez vous assurer de la bonne profondeur du trou. En effet, le bourrelet de greffe doit être juste au-dessus du niveau du sol. Pour vous aider, placez un bâton en travers du trou et maintenez votre jeune arbre à la bonne hauteur puis ajoutez ou supprimez de la terre au besoin.

  8. Pour un prunier à racines nues : placez les racines bien étalées au fond du trou puis comblez avec la terre que vous en avez extrait. Secouez l’arbre en place pour que la terre s’infiltre dans les plus petits interstices, les poches d’air nuisent à la reprise de l’arbre.

  9. Pour un prunier en conteneur : placez la motte au centre du trou.

  10. Tassez légèrement en réalisant autour du tronc une cuvette pour que les racines profitent bien de tous vos arrosages.

  11. Arrosez très copieusement.

  12. Vous aurez certainement à ajouter de la terre une fois que l’eau se sera bien écoulée.

Plantation en pot

Pour planter un prunier en bac, il est indispensable de choisir une variété adaptée à ce type de culture, un prunier nain, formé en colonne par exemple. Un prunier en pot se prêtera plus à ce mode de culture en étant palissé contre un mur. Vous prévoierez également de choisir une variété autofertile à moins d’avoir assez de place pour installer 2 pruniers.

Choisissez un bac de grande taille, 60 cm minimum de hauteur. La couche de drainage doit être épaisse, 10 à 20 cm. Vous étalerez au fond du pot billes d’argile, tessons de pots en terre ou encore gravier. Pour empêcher la terre de s’écouler peu à peu, placez un feutre de jardin découpé au bon diamètre pour séparer cette couche de drainage du substrat. Mélangez ensuite un bon terreau à du compost ou à du fumier. La plantation va ensuite suivre les mêmes étapes que pour une plantation en pleine terre, hormis pour la mise en place du tuteur, inutile ici sauf pour les formes en colonne, et la cuvette d’arrosage.


À quel endroit installer le prunier ?

Toutes les espèces et variétés de pruniers ont-elles les mêmes besoins en terme de sol et de climat ? En règle générale, les pruniers n’apprécient ni la douceur pluvieuse de la Bretagne, ni la chaleur très sèche de la côte méditerranéenne, ils préfèrent les endroits abrités du vent et se plaisent au soleil. Pour autant, chacun a ses préférences :

  • Le prunier du Japon : c’est un prunier plus adapté au sud de la France ou aux régions littorales car sa floraison précoce le rend sensible aux gelées.

  • Le prunier mirabelle de Nancy et autres mirabelles ? Le mirabellier est un prunier adapté au nord-est de la France où il trouve les conditions qui lui sont les plus favorables : nuits fraîches et journées chaudes durant la formation des fruits, climat continental, sol plutôt argileux sans être trop compact. Très rustique, il supporte facilement des températures de -20°, jusqu’à -30°.

  • Le prunier quetsche ? La quetsche aime des conditions similaires à la mirabelle, sols lourds et climat continental. La quetsche n’apprécie pas la sécheresse. Seule la quetsche d’Italie est adaptée aux régions du sud et à un climat à la fois sec et chaud.

  • Le prunier reine claude dorée, d’Oullins ou autre ? Contrairement aux précédentes, la reine claude est une prune du sud, et plus précisément du sud-ouest. Elle est quand même assez rustique, résistant à des températures de -15°. Son type de sol est léger et profond.

  • Le prunier domestique : facile à vivre, Prunus domestica peut être planté partout, jusqu’à 1000 m d’altitude. Il se plaît en tout sol ordinaire tant qu’ils ne sont pas trop secs mais préfère les sols profonds, bien drainés. On le cultive plutôt dans le sud de la France. La prune d’Agen est une prune du sud-ouest à l’instar de la reine claude mais qui préfère les terres riches.

  • Le prunier myrobolan ? Le myrobolan n’est planté que comme porte-greffe car ses fruits sont peu agréables à consommer. Au contraire du prunier domestique, il se plaît dans les sols pauvres.


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À quelle distance ?

La distance de plantation entre 2 pruniers ou un prunier et un autre arbre va dépendre de la forme de ceux-ci. En effet, le volume qu’ils occuperont une fois adultes va être très différent selon qu’ils soient en quenouille ou gobelet, des formes étroites, ou bien sur tige, donc avec une ramure bien développée.

  • Vous espacerez vos pruniers en quenouille ou gobelet de 3 à 4 m,

  • il vous faudra prévoir 7 à 8 m pour des formes sur tige,

  • et 4 m pour les pruniers conduits en palmettes.

Comment en planter un à partir d'un noyau ?

Bien que le résultat soit moins que certain, il peut être amusant de planter un noyau de prunier. Il ne s’agit en effet ni plus ni moins que d’une loterie : les insectes qui ont effectué la pollinisation ne se sont pas préoccupés du croisement et de son résultat ! Il n’y a que par greffage que vous obtiendrez un prunier de la même variété. La seule exception est la mirabelle qui peut donner de bons résultats par semis.

Il vous faudra déjà de la patience pour obtenir des fruits, entre 5 et 10 ans, et ceux-ci ne seront peut-être pas très bons à manger, selon les aléas des croisements. Mais à défaut de donner des fruits goûteux, le futur prunier pourra certainement être utilisé comme porte-greffe.

La méthode la plus simple est de directement planter le noyau dans un pot rempli d’un terreau bien drainant et de laisser faire le temps en gardant le substrat humide. Mais pour plu de réussite, il est conseillé de procéder à une stratification : les noyaux, soumis au froid et à l’humidité, voient leur coque se ramollir, elle laissera plus facilement passer le germe une fois le printemps venu. C’est d’ailleurs ce qu’il se passe dans la nature lorsqu’un noyau tombe au sol !

  1. Dans un pot, mettez un fin grillage sur le trou de drainage puis un peu de terreau léger ou de sable.

  2. Alternez ensuite des couches de sable ou de terreau parsemées de quelques noyaux et humidifiez l’ensemble.

  3. Placez le pot contre un mur exposé au nord et laissez le à cet endroit jusqu’à la fin de l’hiver, recouvert de grillage pour protéger les noyaux des rongeurs.

  4. Maintenez le substrat légèrement humide tout l’hiver.

  5. Lorsqu’il recommence à faire doux, récupérez les noyaux qui ont germé et semez-les individuellement dans un godet.

Autre possibilité pour faire passer l’hiver au froid à vos noyaux : tout simplement les mettre au réfrigérateur.


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Quand le planter en pleine terre ?

Un prunier en racines nues doit être planté durant la période de repos végétatif, entre novembre et mars. Certaines périodes sont cependant à éviter durant ce laps de temps : les périodes de gel, de fortes pluies. Si vous devez faire patienter le prunier en attendant sa plantation, il vous faudra soit praliner ses racines, pour un délai de quelques jours, soit le mettre dans un bac de sable dans un endroit exposé au nord, cela s'appelle “mettre en jauge”.

Un prunier acheté en conteneur offre un plus grand choix en terme de période de plantation puisque vous pourrez le planter aussi bien au printemps qu’en automne. Pour autant, toutes les périodes ne se valent pas selon le climat de votre région :

  • Dans le sud de la France ou en zone chaude et sèche, il est préférable de planter le prunier en automne. En effet, c’est l’été qui y est la période la plus difficile à passer pour un jeune sujet. Mis en place en automne, lorsque la terre est encore tiède et les précipitations abondantes, il sera dans de bonnes conditions de reprise et pourra plus facilement ensuite affronter chaleur et sécheresse.

  • Dans les régions les plus froides, c’est au contraire l’hiver qui est à éviter pour votre jeune prunier. Une plantation au printemps lui laissera le temps de bien reprendre avant d’affronter un hiver rigoureux.

Il vous est cependant tout à fait permis de planter un prunier en motte à tout moment à condition de veiller à l’arroser abondamment le premier été et de le protéger du froid grâce à un paillis et un voile d’hivernage pour son premier hiver.

Conclusion Arbre fruitier de culture facile, le prunier n’en demande pas moins des bonnes conditions de culture, et un bon départ dans sa vie d’arbre ! Pour ce faire, offrez à ses jeunes racines un trou profond et une terre bien souple et riche pour qu’elles puissent s’y développer à leur aise, à son tronc un tuteur solide pour qu’il puisse s’y appuyer, et beaucoup d’eau. La préparation des racines est également un critère important pour une bonne reprise, alors habillez et pralinez !