Aller au contenu

🌺 Jusqu'à -65% sur notre sélection jardin ! J'en profite

Conseils jardinage et plantes

Le prunier sauvage, un arbre domestique

Partager

Le prunier sauvage est un prunier répandu dans les jardins et vergers, et il n’est plus si sauvage, même s’il pousse toujours spontanément dans toute l’Europe. Il est parent avec nombre de nos variétés préférées, même si on ne sait pas toujours à quel titre (!), et a donné quelques cultivars aux fruits tout à fait délicieux. Peu exigeant, il pourra s’adapter partout grâce à un porte-greffe sélectionné avec soin et des tailles bien menées feront de lui un arbre fruitier beau et productif. Attention par contre aux nombreux agresseurs friands d’arbres fruitiers en tout genre…

Le prunier sauvage, un arbre domestique

Le prunier, un arbre sauvage

Description

Le prunier appartient au genre Prunus et à la famille des Rosacées. L’espèce Prunus domestica est divisée en sous-espèces :

  • Le prunier commun, Prunus domestica subsp. domestica, est un arbre très courant dans les jardins et vergers. Il donne des fruits assez gros de forme oblongue.

  • Le prunier reine-claude, Prunus domestica subsp. italica, a des fruits dorés à vert, très consommés en prune de table. Elle est très fréquente dans la région Midi-Pyrénées.

  • Le prunier mirabelle, Prunus domestica subsp. syriaca se rencontre principalement en Lorraine. Ses petites prunes rondes et jaunes ont un parfum délicat.

  • Le prunier sauvage, Prunus domestica subsp. insititia (syn. Prunus insititia) est un arbre qui pousse spontanément dans la nature tant en Europe occidentale qu’en Turquie voire plus à l’est encore. On le trouve dans les bois et les haies, les friches agricoles, les terrains vagues, formant des fourrés inextricables et souvent épineux (ce ne sont pas de vraies épines, plutôt des rameaux dégénérés). Il est également appelé “prunier de Damas” , “prunéolier” ou encore “prunier crèque”. Ses fruits sont plus petits, de 2 à 3 cm de diamètre, sucrés, légèrement âpres. De couleur bleu-noir, ils ont une chair qui adhère au noyau.

Le prunier sauvage forme un arbre de 3 à 8 m de haut en moyenne, d’une envergure de 3 à 4 m, au feuillage dentelé et oblong. Il montre des fleurs blanches en bouquets tôt au printemps, apparaissant avant les feuilles sur les rameaux de l’année précédente. Les fruits sont recouverts de pruine, une pellicule de protection contre les agressions extérieures (soleil, parasites…) qui leur donne une aspect poussiéreux. Ces fruits sont des drupes, c’est-à-dire des fruit dont la graine, ici une amande, est entourée d’une enveloppe charnue qui ne la libère que lorsqu’elle se décompose (ou bien est mangée !).

Une querelle d’experts : le prunier sauvage fait toujours l’objet de débats entre les botanistes, soit espèce spontanée qui a donné les mirabelles, les reines-claudes, les prunes d’Agen ou encore les prunes Saint-Julien, soit une sous-espèce du prunier commun. Il semble qu’il soit parvenu en France grâce aux croisés qui, faute de remporter une victoire, se seraient battus “pour des prunes”.


Quelques variétés de prunier sauvage

  • Le prunier de Damas rouge : une peau allant du rouge clair ou rouge sombre, à la chair jaune très sucrée et fondante, à maturité en août.

  • Le prunier ‘Damas de Tour’ : petite prune à épiderme violet à rouge, à chair ferme et acidulée, bien sucrée. Maturité entre fin juillet et août.

  • Le petit Damas (ou Damassine) : petite prune ronde à épiderme rouge violet, à chair fine et sucrée, très moelleuse. Maturité en août.

  • Le prunier ‘Damas Dronet’ : petite prune oblongue à épiderme jaune et chair fine et juteuse, bien parfumée.


Cultiver un prunier sauvage

La plantation

Le prunier sauvage est un arbre peu exigeant. Vous l'installerez au soleil ou à mi-ombre, dans un sol ordinaire ou compact. Il n’apprécie pas les excès en sécheresse comme en humidité, ni les vents forts. Il est rustique, supportant jusqu’à -17° et se porte très bien en altitude, jusqu’à 1000 m. Pour autant, ce n’est pas au prunier qu’il faut prêter attention pour les conditions de plantation, mais à son porte-greffe. En effet, la grande majorité des arbres fruitiers est vendue greffée. Le porte-greffe permet en effet une grande souplesse en terme de terrain, de climat, d’environnement. Il s’agit d’un arbre du même genre, donc Prunus, souvent des pruniers d’espèces diverses ou bien d’autres espèces : amandier, pêcher ou encore abricotier. Le porte-greffe va être choisi principalement en fonction de son adaptabilité au sol mais aussi de la productivité qu’il offre au fruitier, de la vitesse de sa mise à fruit, ou encore de sa résistance à des maladies :

  • Le myrobolan, très utilisé, tolère les sols collants ou au contraire très drainants. Il a une mise à fruit rapide et sera très bien adapté aux climats doux, par contre il est très drageonnant.

  • Le Saint-Julien est également répandu. Il aime les terres lourdes, fraîches. De vigueur modérée, il convient aux formes palissées ou de taille limitée.

  • Le prunier sauvage peut être un arbre pour greffe, du moins lorsqu’il est prélevé localement. Il est en effet dans ce cas totalement adapté aux conditions naturelles de l’endroit.

Vous planterez le prunier durant l’hiver, hors période de gel. Un ajout de compost ou de fumier bien décomposé à la terre ne pourra qu’être bénéfique à la croissance de votre fruitier. Décompactez correctement le fond du trou de plantation puis installez un tuteur. Placez le scion de façon à ce que son collet soit au-dessus de la surface avant de remplir à nouveau le trou de terre et de tasser. Si vous avez acheté un prunier à racines nues, vous prendrez le temps d’habiller ses racines et de les praliner avant la mise en place. À savoir : souvent auto-stérile, le prunier gagne de toute façon à être accompagné par d’autres variétés de pruniers. La pollinisation est stimulée par des végétaux variés et la fructification est donc meilleure.


L’entretien

Le prunier sauvage est un arbre fruitier facile à cultiver. Les arrosages les 2 premières années pourront ensuite stopper excepté périodes de sécheresse exceptionnelle. Un paillage épais pourra lui permettre de rester le pied au frais. Les apports de nutriments seront suffisants avec un épandage de compost ou de fumier en automne, puis, au printemps, un fertilisant riche en potassium soutiendra sa floraison et sa fructification. Une fois le prunier planté, vous attendrez en moyenne 7 ans pour la première récolte (cela dépend toutefois de la mise à fruit du porte-greffe, qui peut être plus ou moins rapide). Cueillez les prunes dès leur maturité, elles ne sont pas climactériques (c'est-à-dire qu'elles ne mûrissent plus une fois récoltées).


Prunier

Le meilleur moyen de multiplier votre prunier est la greffe, mais si vous cultivez un prunier de Damas sur ses propres racines, ce qui est plus courant avec ces variétés sauvages, vous pouvez également le multiplier par bouture. Lisez nos conseils sur la greffe du prunier pour en savoir plus.


La taille du prunier sauvage

Lorsque vous laissez pousser un arbre librement, il va se développer en hauteur, rendant inaccessible ses fruits, excepté pour les oiseaux ! Les branches sont emmêlées, longues, de plus en plus fines, du coup les fruits sont petits et peu nombreux. La taille d’un arbre fruitier sert à renforcer les branches, limiter son élancement, obtenir des fruits plus gros. La taille est aussi importante pour la santé de l’arbre : lorsque l’air et la lumière circulent bien entre les branches, les conditions sont moins bonnes pour les champignons causes de nombreuses maladies, et les fruits sont mieux exposés au soleil.


Les différentes formes du prunier sauvage

Les pruniers sauvages en verger ou dans le jardin peuvent être conduits de différentes façons :

  • Les formes libres : l’arbre garde un port naturel, même s’il est taillé. Il est conduit sur son tronc et affiche une ramure ample. Le prunier de plein vent peut être sur haute-tige (ou tige) ou sur demi-tige.

  • Les formes palissées : pour un gain de place et une bonne productivité, les pruniers sont conduits à plat, les branches charpentières attachées sur des supports fixés à un mur ou en ligne. On appelle également ce type de forme “en espalier”. Le prunier sauvage est taillé en U, en double U ou encore en éventail.

  • Les formes en arcure : elles sont obtenues par attachement et par haubanage. Arquer les branches sert à ouvrir la ramure de l’arbre fruitier et à lui faire transformer les yeux à bois en yeux à fleurs. L’arbre, laissé à lui-même, a en effet tendance à pousser droit vers la lumière. Les branches sont arquées dès que la végétation reprend, au printemps. On peut voir des pruniers en parapluie, en gobelet, en axe… L’arcure peut cependant être utilisée sur toute forme pour stopper la croissance d’une branche ou la rendre plus fructifère.

Comment tailler ?

Les pruniers sont des arbres acrotones, ils ont un port élancé, avec une dominance apicale forte. Tous les fruitiers du groupe des Prunus ont une particularité, ils ne peuvent pas repercer sur sur du vieux bois. Une taille régulière est donc nécessaire, car ils fructifient sur des jeunes rameaux, de l’année ou de la précédente. De plus, ils ont tendance à développer la gommose, qui touchent particulièrement les cerisiers et les abricotiers mais les pruniers n’en sont pas exempts.

À savoir : on appelle “bouquets de mai” les bourgeons regroupés sur ces jeunes rameaux. Lorsque ces bourgeons sont uniquement à fleurs, on appelle les rameaux des “chiffonnes”, les “mixtes”, quant à eux,portent à la fois des bourgeons à fleurs et à bois.

La taille d’éclaircissage est par contre moins nécessaire chez les pruniers et autres Prunus, car ils ont moins tendance à l’alternance. Seuls les pruniers palissés pour faire l’objet de cette taille, ils donneront de plus beaux fruits.


La taille de formation

Elle consiste seulement à sélectionner les branches de prunier sauvage les mieux placées, qui seront conservées, et donc à supprimer les autres. Ces branches choisies seront rabattues afin de se renforcer. Elles le seront tous les ans, pour former de belles et robustes charpentières. Le prunier pousse selon un seul ou plusieurs axes, cet axe peut être rectifié également si besoin. La taille de formation se réalise lorsque le prunier est très jeune, les plaies de taille sont ainsi bien plus petites. Elle se fait en fin d’hiver.


La taille annuelle

En été, il s’agira surtout de tailles de fructification et de nettoyage. Après la récolte, les branches seront raccourcies et les branches mal placées ou abîmées seront supprimées. En hiver, vous pourrez éventuellement compléter cette taille. Les pruniers porte-greffes sont nombreux à drageonner, supprimez ces rejets dès que possible. Vous pouvez également les garder pour en faire des porte-greffes.

À savoir : les grosses tailles sur les arbres à noyau se font en automne, en sève descendante. Le risque de gommose est ainsi moins important.

Pour en savoir plus, lisez nos conseils sur la taille des arbres fruitiers

Les maladies et parasites du prunier sauvage

Maladies cryptogamiques et autres

Un végétal cultivé dans de bonnes conditions, fertilisé mais sans excès, aura plus de facilité à se défendre contre les parasites et agents pathogènes qu’un arbre stressé. C’est pourquoi il est si important de respecter les exigences de sol et de climat, un porte-greffe adapté aux conditions est notamment primordial. La richesse en biodiversité joue elle aussi un rôle non négligeable dans la lutte biologique contre les agressions, notamment contre les parasites. Les maladies cryptogamiques et les maladies bactériennes pourront être traitées préventivement par des applications de bouillie bordelaise, alternées avec du purin de prêle. La destruction des organes touchés (feuilles, fleurs, fruits, rameaux) est une mesure prophylactique efficace pour limiter la contamination.

  • La rouille est une maladie causée par des champignons Tranzschelia, qui ont pour effet de stopper la production de lignine. Leurs spores se déposent sur le revers des feuilles, formant des amas brun violacé qui produisent des altérations jaune orangé sur la face visible de ces feuilles. Celles-ci prennent ensuite une teinte plombée et les taches se fissurent, puis les feuilles tombent, tout comme les fruits. Les spores peuvent aussi se déposer sur les branches les plus basses.

  • La moniliose touche en premier lieu les fleurs du prunier sauvage. Celles-ci se dessèchent, tout comme les feuilles, les fruits se marquent de pourriture brune bordée de cercles de spores clairs. Tous ces organes végétaux restent accrochés sur l’arbre, les fruits à l’état de momies. L’écorce se crevasse et montre des chancres qui vont abriter les spores durant l’hiver.

  • La cloque est également appelée la “maladie des pochettes”, car les fruits restent plats, sans noyau, prenant une teinte blanche. Ils finissent par tomber.

  • La criblure à coryneum se remarque par les taches circulaires rouge violacé qui apparaissent sur les feuilles du prunier, celles-ci peuvent tomber prématurément. L’écorce peut également présenter des taches ainsi que des exsudats de gomme.

  • La tavelure est une maladie qui touche aussi bien les feuilles et les rameaux que les fruits. Ces derniers présentent des taches circulaires qui deviennent liégeuses. Les feuilles, elles, se craquellent.

  • La maladie du plomb est une maladie grave qui touche d’abord les feuilles, qui prennent alors une teinte vert métal, puis le reste de l’arbre qui a une croissance ralentie et peut dépérir en quelques années.

  • La sharka est, quant à elle, un virus transmis par les pucerons. Les fruits deviennent impropres à la consommation : un goût très acide, des taches, des déformations.

Pour en savoir plus, lisez nos conseils sur les maladies du prunier.

Les parasites

Les pucerons

L’impact des pucerons sur les arbres fruitiers est divers. Ils affaiblissent l’arbre du fait des prélèvements de sève, sécrètent un miellat qui se dépose sur les feuilles et y entraîne le développement de fumagine, une moisissure noire, cendreuse, qui empêche le processus de photosynthèse de s’effectuer correctement.

  • Le puceron vert du prunier, qui en réalité peut être vert jusqu’à brun en passant par le jaune vert, pique les feuilles du prunier pour récolter la sève. Lorsque la colonie est importante, les feuilles attaquées peuvent se crisper et s’enrouler sur elles-mêmes.

  • Le puceron brun du prunier est à l’origine d’un recroquevillement des feuilles semblable à celui provoqué par la cloque sur le pêcher. Son action entraîne des retards de développement du prunier.

  • Le puceron farineux du prunier est de teinte vert pâle, recouvert par une pruine claire et farineuse. Sous ses piqûres, les feuilles tombent prématurément, les fruits ne se développent pas et l’arbre s’affaiblit.

Lisez notre fiche maladie sur les pucerons pour en savoir plus.

Les acariens

  • L’acarien rouge des pomacées (ou tétranyque des pommiers) ne s’attaque pas seulement aux pommiers mais à la plupart des arbres fruitiers. Rouges ou orangés, ces petits acariens piquent le feuillage, celui-ci jaunit, puis brunit avant de prendre un aspect plombé. La photosynthèse se fait mal et l’arbre se déshydrate. L’année suivante, lorsque les œufs éclosent, les larves s’installent sur les jeunes pousses qui se crispent.

  • L’acarien des bourgeons du prunier : ce sont les larves de cet acarien qui causent des dégâts, entraînant par leurs piqûres la formation de galles brunes, souvent à la base de bourgeons. Elles attaquent également les fleurs qui avortent.

Les cochenilles

  • La cochenille ostréiforme affiche un corps allant du jaune au rouge, recouvert d’un bouclier gris vert circulaire. En piquant les organes végétatifs pour se nourrir, cette cochenille provoque des défauts de croissance des cellules végétales, les rameaux sont déformés, se dessèchent, les fruits ne sont pas consommables et l’arbre peut dépérir.

  • La cochenille rouge du poirier a divers hôtes, dont le prunier. Elle se repère à son bouclier grisâtre au centre rouge. Les effets sont les mêmes que pour la cochenille ostréiforme, le prunier peut également exsuder de la gomme.

  • La cochenille du cornouiller est polyphage et s’attaque aussi à de nombreux fruitiers, dont le prunier. Elle porte une carapace brun rouge luisante. Sa production de miellat est importante, entraînant le développement de fumagine.

Lisez notre fiche maladie sur les cochenilles pour en savoir plus.

Le carpocapse des prunes

C’est la larve de ce petit lépidoptère gris qui occasionne des dégâts dans la production de prunes. Il y a 2 générations qui se succèdent, la 1ère est peu problématique par contre la 2de l’est, notamment pour les variétés les moins précoces. Une fois les larves installées dans fruits, ceux-ci s’assombrissent, leur développement stoppe et ils laissent échapper des gouttes de gomme. Les prunes finissent par tomber. Lisez notre fiche maladie sur le carpocapse du prunier pour en savoir plus.

Les pruniers font partie du paysage de nos campagnes, et ce depuis très très longtemps. Bien que d’origines et d’espèces différentes, nombre d’entre eux se sont croisés au fil des ans et le prunier sauvage actuel est un joyeux mélange de ces espèces originelles, quelle que soit leur généalogie. Il peut pousser tout seul car peu exigeant et se montre toujours chargé de fruits savoureux !