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Une serre de jardin forme un bon environnement pour les plantes, qui y trouvent des conditions plus stables pour s’y développer dans un abri qui les protège de nombreuses agressions climatiques ou physiques. Mais rien n’est parfait, et cette protection n’est pas totale puisque des indésirables viennent s’y inviter et y trouver eux aussi des conditions de vie fort appréciables. Comment lutter contre les nuisibles sous une serre ?
La serre, une bonne protection pour vos plantations
La serre de jardin constitue une protection pour les plantes qui y sont cultivées, elle les abrite notamment du vent, de la pluie, des variations rapides de température, éventuellement du froid. Elle peut aussi protéger certaines de quelques ravageurs : moins d’oiseaux viendront picorer vos fraises ou les graines que vous venez de semer, vous aurez également moins de problèmes avec des lapins et autres mammifères parfois friands de quelques plantes potagères.
Par contre, la plupart des insectes et autres acariens nuisibles seront malheureusement au rendez-vous, et seront même parfois présents plus tôt ou se développeront plus rapidement sous la serre qu’à l’extérieur, du fait de ces conditions favorables.
Comment lutter contre les parasites nuisibles sous serre : la prévention
Lutter contre les nuisibles dans une serre est aussi bien une question de gestes au quotidien pour ne pas favoriser leur installation que de méthodes réelles de lutte une fois qu’il sont présents. Quelles sont les différentes méthodes de lutte contre les nuisibles ?
L’indispensable aération
L’aération est très importante dans une serre, elle permet de réguler l’humidité et la température. Ce faisant, elle va permettre d’éviter la présence des aleurodes, des araignées rouges et des cochenilles, qui apprécient les atmosphères chaudes et sèches. Pendant l’été, aérez le plus souvent votre serre, surtout la nuit. Ouvrez autant les portes que les ouvertures latérales, pour les serres tunnel, ou les ouvertures situées sur le toit, pour les serres de jardin en verre, les serres polycarbonate et autres serres de jardin en aluminium. Il est important qu’il y ait ces deux types d’ouvertures, hautes et basses : l’air chaud est plus léger que l’air froid, il va s’échapper par les ouvertures hautes, faisant entrer l’air froid par les ouvertures basses.
Pour vous aider à bien ventiler votre serre, vous pourrez trouver parmi les accessoires pour serre de jardin des kits d’aération pour les serres tunnels ou encore des systèmes d’ouverture automatique.
Par ailleurs, une chaleur importante sous la serre est un facteur favorisant le développement plus rapide des nuisibles, une aération régulière peut permettre de ralentir le renouvellement des générations.
Une bonne régulation de l’humidité et de la chaleur est tout aussi nécessaire pour les plantes. Une chaleur trop importante fait stopper leur développement et peut les stresser. Une humidité trop importante favorise le développement de maladies fongiques, ce qui affaiblit les plantes. Et une plante en bonne santé est plus apte à se défendre contre des parasites.
Pour finir, le renouvellement de l’air permet d’amener du gaz carbonique et de l’oxygène frais.

Contrairement à ce que l’on peut penser, il est plus simple de réguler l’humidité et la chaleur dans une grande serre de jardin que dans une mini serre de jardin ou dans une serre pour semis du fait de l'inertie d'une si grande masse d'air.
Une hygiène irréprochable
Même lorsqu’il n’y a pas une invasion problématique de nuisibles sur vos plantes en serre, les quelques adultes présents vont pondre, et les dernières pontes de l’année vont hiverner sur place sous forme d’œufs, de larves ou encore de pupes (le dernier stade avant l’imago, qui est la forme adulte). Ils seront cachés dans le sol, sous les feuilles mortes, dans les recoins, dans les contenants… Ce qui va faire augmenter les populations d’année en année. C’est pourquoi le nettoyage de la serre est crucial, qui va permettre d’éliminer une grande partie de ces nuisibles en sommeil.
Râtissez régulièrement le sol.
Ramassez et supprimez les déchets végétaux.
Nettoyez tous les contenants après leur utilisation et avant de les réutiliser.
Faites de même avec les tuteurs.
Désinfectez régulièrement les outils.
Après l’achat de plantes pour la serre, placez-les en quarantaine avant de les mettre en place. De nombreux parasites arrivent ainsi dans les potagers ou les jardins. Vous pourrez les inspecter pendant quelques jours pour voir si elles sont porteuses.

Les plantes compagnes et les plantes pièges
De nombreuses plantes, particulièrement chez les aromatiques, peuvent quelque peu dissimuler les effluves des plantes que certains parasites aiment coloniser. Installez du basilic, du thym, de la menthe, de la lavande parmi vos plantations. Préférez une plantation en pot, certaines sont un peu envahissantes et il vous sera aussi possible de les déplacer au besoin. Pour en savoir plus, suivez nos conseils sur les plantes compagnes : comment et pourquoi les utiliser ?
D’autres semblent avoir un effet répulsif, envers les nématodes avec le souci et l’œillet d’Inde, ou encore envers la punaise Liocoris avec les orties. Souci et œillet d’Inde qui, par ailleurs, attirent la coccinelle, un bel insecte auxiliaire.
Vous pouvez également utiliser des plantes compagnes pour attirer à elles les parasites, par exemple la capucine sera plantée pour attirer les pucerons qui l’adorent et qui délaisseront vos plantations sensibles.

Pailler, pailler, pailler
Pailler le sol de ses cultures est un des gestes les plus importants au jardin, que ce soit sous serre ou à l’extérieur. En effet, le paillage favorise la vie du sol. Le meilleur paillage, dans cet emploi, est un paillage sec, type paillettes de lin. Ce type de paillage est en effet riche en lignine, qui va vraiment booster cette vie précieuse qui est dans le sol.
Pailler est notamment un geste très efficace pour lutter contre les limaces, ces nuisibles présents sous serre comme à l’extérieur, dont la voracité est fatale pour toutes les jeunes pousses. Il faut savoir que les limaces, bien qu’il y en ait partout, sont très présentes là où les champignons décomposeurs de matière organique sont peu présents. Elles les remplacent dans leur rôle de décomposeurs.
Pour en savoir plus, suivez nos conseils sur le paillage : pourquoi et comment le réaliser ?.
Les autres gestes utiles
Profitez systématiquement du moment de l’arrosage, de la récolte et d’autres soins pour examiner vos plantes. Vous serez ainsi en mesure d’agir rapidement contre d’éventuels ravageurs ou de booster une plante peu vigoureuse.
Lors de la plantation, disperser les plants plutôt que faire des groupes rend également les invasions moins problématiques lorsqu’il s’agit de parasites sélectifs.
Un sol trop humide attire notamment les mouches de terreau, mais aussi les limaces. Celles-ci sortant la nuit, un arrosage matinal évite que le sol soit mouillé trop longtemps et il sera bien sec lorsqu’elles sortiront de leur cachette.

Comment lutter contre les parasites nuisibles sous serre : les méthodes
Utiliser des insectes auxiliaires
La plupart des insectes parasites de nos plantations ont des prédateurs naturels. Il est donc logique de les utiliser pour lutter contre ce type de nuisibles à l’intérieur de la serre. Il est possible de les y introduire, en cas d’invasion importante, ou bien de les y attirer. Le but étant non seulement de lutter contre les nuisibles présents sur le moment sous la serre mais surtout d’atteindre un équilibre de façon à ce que les populations de nuisibles soient contrôlées.
Les coccinelles sont certainement les plus connues des insectes auxiliaires, elles raffolent des pucerons, surtout quand elles sont encore des larves.
Les acariens comptent beaucoup d’espèces qui prédatent d’autres espèces d’acariens. Vous pourrez notamment lutter contre les araignées rouges et contre les thrips, souvent très présents sous serre, grâce à Neoseiulus cucumeris ou Amblyseius swirskii.
Les chrysopes, et plus particulièrement leurs larves, sont de grands prédateurs de pucerons, de mouches blanches et autres ravageurs.
Les nématodes ne comptent pas que des nuisibles, certains sont aussi des parasites pour des larves de ravageurs, tels que les carpocapses ou les vers blancs. Vous trouverez également des nématodes qui s’attaquent aux limaces.
Les guêpes parasitoïdes sont des mini-guêpes qui pondent dans les larves de divers parasites. La mini-guêpe Encarsia formosa s’utilise contre les aleurodes.
Pour favoriser leur présence, plantez de la bourrache, de la phacélie ou encore des coquelicots à l’intérieur ou à l’extérieur de la serre, devant celle-ci dans ce cas. Installez un hôtel à insectes à proximité… Les plantes à fleurs sont aussi une très bonne alternative pour ces auxiliaires, leur offrant du pollen aux moments où les populations de leurs nuisibles préférés sont trop basses pour les sustenter.
Favoriser les autres auxiliaires du jardin : il n’y a pas que des insectes qui sont utiles pour lutter contre les nuisibles de la serre. Les petits animaux ou encore les batraciens sont eux aussi très utiles.
Pour en savoir plus, suivez nos conseils sur la lutte biologique : utiliser les insectes auxiliaires.
Les préparations naturelles
Le purin d’ortie peut être utilisé contre les pucerons, les aleurodes, les tétranyques (les araignées rouges), les altises.
L’huile d’oignon s’utilise contre la mouche de la carotte.
L’huile de colza est un insecticide efficace contre tous les pucerons.
Pour aller plus loin, suivez nos conseils sur les purins.
Comme toujours, il vaut mieux prévenir que guérir, et cela vaut aussi bien pour lutter contre les nuisibles sous votre serre. Vous pourrez éviter de nombreux problèmes en y contrôlant les conditions, en utilisant certaines techniques de culture et en l’entretenant régulièrement. Votre sens de l’observation sera aussi fort utile, pour repérer rapidement l’arrivée de ces indésirables que sont pucerons, araignées rouges ou mouches blanches. Et si cela ne suffit pas, la lutte biologique sera à vos côtés pour réguler le nombre de ces envahisseurs !
