Aller au contenu

LA SAISON DES ABRIS A COMMENCÉ : Jusqu'à -40% ! J'en profite !

Conseils jardinage et plantes

Quel arbre fruitier planter en altitude ?

Partager

Dès que l’on a un jardin, aussi petit soit-il, l’envie est grande de planter des arbres, fruitiers si possible. Et le fait que ce jardin soit situé à la montagne n’éloigne pas cette envie. Mais est-ce bien raisonnable de planter un fruitier à 1000 m d’altitude ? Eh bien en fait oui, à partir du moment où l'arbre est bien choisi, en fonction des caractéristiques du climat montagnard, et du sol comme toujours. Et il y a en plus des astuces à connaître pour aider votre fruitier en altitude à passer sans encombre les périodes difficiles !

Quel arbre fruitier planter en altitude ?

Les arbres fruitiers adaptés

Les arbres fruitiers des régions tempérées peuvent sans problème résister aux températures très basses qui peuvent régner en altitude, tout comme à une durée de végétation plus courte. Racines, troncs et branches sont parfaitement rustiques, ce qui peut poser problème par contre, ce sont les fleurs, que la gelée peut détruire. De plus, la plupart des insectes pollinisateurs a besoin d’une température très douce, autour de 18°, pour être actifs et donc faire leur travail de pollinisation.

Presque tous les arbres fruitiers peuvent convenir à une culture en altitude, jusqu’à 1000 m, vous pouvez planter des pruniers, comme des pommiers, des cerisiers, des poiriers… Avec de bonnes conditions de protection, vous pouvez même faire pousser des abricotiers, des pêchers. Par contre au-delà de 1200 m, ils sont beaucoup plus rares, excepté les petits fruitiers (myrtilliers, groseilliers, framboisiers), à pouvoir se développer correctement et à donner des fruits. Pour en savoir plus, retrouvez notre sélection de fruitiers adaptés aux régions de montagne.

  • Il vous faut choisir des variétés à floraison tardive ou mi-tardive, dont les fleurs et donc la production ne souffrira pas des gelées plus tardives qu’en plaine.


Gel au verger

  • La durée de maturation des fruits a son importance pour les fruitiers qui produisent en fin d’été et début d’automne. Une maturation trop tardive, après le mois d’août voire le début du mois de septembre, ferait courir un risque à cette production. Vous éviterez par exemple les pruneaux d’Agen, qui se récoltent tard dans la saison.


Arbre fruitier en altitude

Astuce : les pour être palissés sont bien adaptés à la montagne, car ils peuvent plus facilement être protégés du vent et du froid, surtout pour des espèces un peu fragiles. Les arbres en basse-tige et en demi-tige conviennent également bien.

Le climat montagnard

Une température plus basse en moyenne, des différences plus marquées entre le jour et la nuit en été et moins marquées en hiver, une saison froide qui dure plus longtemps au détriment de la belle saison avec des gelées possible dès le mois de septembre et jusqu’au mois de juin, un rayonnement solaire plus intense, plus d’humidité, et toutes ces caractéristiques sont plus marquées au fur et à mesure que l’on prend de l’altitude (il y a cependant des climats très variés en montagne, qui s’approchent de ceux des plaines à proximité mais avec les caractéristiques citées). La différence entre les 2 versants (adret et ubac) est très importante, correspondant souvent à plusieurs centaines de mètres d’altitude.

Alors quels arbres fruitiers peut-on planter à quelle altitude ?


Jusqu’à 1000 m

  • Les cerisiers, car ils ont une floraison relativement tardive. Attention au vent par contre !

  • Les pommiers : il est conseillé de trouver des variétés locales, totalement adaptées tant au climat qu’au sol, mais de nombreuses variétés y seront bien.

  • Les poiriers : leur floraison se produit assez tôt, cela peut poser des problèmes, mais certains comme le ‘Beurré Giffard’ peuvent être de bons montagnards.

  • Les cognassiers : c’est tard en mai qu'apparaît leur floraison, donc il y a peu de risque encore pour elle à cette époque.

À 1200 m

  • Les pommiers (pommes à cuire à floraison tardive).

  • Le prunier de Damas. C’est d’ailleurs un fruitier très courant dans le nord-est de la France.

  • Des variétés locales de pruniers.

Le sol

Le climat montagnard a des caractéristiques importantes pour le choix des arbres fruitiers en altitude, mais comme partout, le sol est également crucial. Et ici le porte-greffe aura autant d’importance que le greffon. Le sol en montagne est souvent assez riche, mais il y a un peu de tout, comme en plaine.

  • En sol argileux, compact, vous choisirez des cerisiers et des cognassiers greffés sur franc, des pommiers greffés sur M9 ou 106, des pruniers greffés sur Saint-Julien ou Damas noir.

  • En sol pauvre, caillouteux, les meilleurs choix sont les poiriers greffés sur cognassier de Provence, les poiriers, pruniers et pommiers greffés sur franc, les pruniers greffés sur Myrobolan.

  • En sol acide vous opterez pour des cerisiers, poiriers, pommiers greffés sur franc, des pruniers greffés sur Myrobolan.

  • En sol calcaire vous choisirez des cerisiers, des poiriers greffés sur cognassier de Provence, des pruniers greffés sur amandier, pêcher ou Myrobolan.

Astuces de culture

Choisir un arbre fruitier adapté à l’altitude est une bonne chose. Et il y a d’autres choses qui vont lui permettre de se développer harmonieusement et qui vont vous permettre de faire de belles récoltes !!


La période de plantation

C’est au printemps qu’il est plutôt conseillé de planter un arbre fruitier en altitude, la saison estivale est moins difficile à traverser pour un jeune sujet.


L’emplacement

  • En matière d’emplacement, évitez les zones les plus basses, un peu enfermées, où stagne l’air froid, et les plus hautes qui sont particulièrement exposées au vent. Ce dernier est dangereux, car il intensifie le froid et il dessèche. De plus, les pollinisateurs peuvent être perturbés par un vent fort.

  • Un arbre installé contre une façade disposera d’une situation plus abritée, et ce d’autant plus si ce mur le protège des vents dominants et/ou qu’elle est exposée au sud-ouest. De plus, la chaleur absorbée par le mur pendant la journée sera lentement relâchée la nuit.

  • Une haie brise-vent peut apporter elle aussi une protection, non seulement contre le vent mais aussi contre les fortes pluies qu’elle peut atténuer si elle est bien placée. Car une pluie violente au cours de la floraison peut laver le pollen (c’est ce que l’on appelle la “coulure”), diminuant drastiquement la quantité de fruits.

L’idéal est un emplacement aéré sans être venteux, bien exposé au soleil, légèrement en pente pour l’écoulement des eaux, sur un adret (le versant ensoleillé).

Le trou de plantation

  • Il est fort judicieux de planter un arbre fruitier en altitude en butte. Cela permet à l’eau de bien s’écouler, un bon calcul lors de la fonte des neiges.

  • En montagne, le ravinement est fréquent. Construire une terrasse pour la zone de plantation si elle est située dans une pente va éviter à l’arbre de voir ses racines dénudées par ce phénomène.

  • Placez des tuteurs avant la plantation, idéalement 3 dont 2 face à face, pour maintenir l’arbre. Pour en savoir plus, lisez nos conseils sur le tuteurage des jeunes arbres.

La protection contre le froid

  • Le chaulage des troncs est préconisé pour protéger ceux-ci des brusques changements de température. La chaux réverbère les rayons du soleil, elle va éviter lorsqu’il gèle que les troncs se réchauffent trop rapidement le matin. Chez des jeunes arbres, plus fragiles et à l’écorce plus fine, cela peut faire exploser les cellules végétales.


Arbres fruitiers en altitude

  • Une toile de jute peut également embrasser ces troncs, en complément.

  • Un voile d’hivernage viendra recouvrir si besoin la ramure pour protéger la floraison en cas de gel. C’est là que les fruitiers palissés ou en demi-tige sont un bon choix !!

En montagne comme ailleurs, c’est du choix de la variété de fruitier que va dépendre la réussite de la plantation, et les variétés locales sont généralement les plus adaptées à leur terroir. Une fois soigneusement sélectionné, installé au soleil, loin des vallées profondes et abrité des vents violents, l’arbre fruitier en altitude devra être bien protégé des gelées précoces et tardives si fréquentes en montagne. Mais une fois cette habitude prise, pas de doute que vos récoltes seront au rendez-vous !