Partager
Les scories potassiques, quel nom déconcertant, à se demander ce que cela vient faire dans le rayon Engrais des jardineries ! Quoi que, certains jardiniers s’en souviennent, c’était très répandu à une époque, pour les agriculteurs comme pour les particuliers. Et il semble bien que ce matériau revienne s’imposer dans les jardins, car il possède de nombreux atouts. Et ce non seulement en tant qu’engrais pour la plupart de vos cultures mais également en tant qu’amendement pour certains sols. Alors quand, dans quels cas et comment utiliser ces scories au jardin et au potager ?
Quel est l’intérêt des scories potassiques ?
Que sont les scories potassiques et à quoi servent-elles ?
Description
Les scories sont des résidus solides issues de la fusion, de la transformation, de l’affinage ou tout autre traitement de métaux ou de minerais. Les scories potassiques, ou scories phospho-potassiques, sont des scories de déphosphoration (élimination du phosphore présent dans les minerais). Couramment utilisées en agriculture, elles ont presque disparu suite à la fermeture des sites industriels du bassin lorrain et reviennent aujourd’hui parmi les divers engrais et amendements proposés à la vente.
Les scories potassiques sont particulièrement riches en potasse, en phosphore, et en oligoéléments. La présence de ces éléments minéraux fertilisants permet d’utiliser ces résidus en tant qu'engrais de fond pour de nombreuses cultures, engrais de fond car leur libération est lente, progressive.
Elles ont également une forte teneur en oxyde de calcium (la chaux vive), et donc un effet chaulant.
Elles pourront donc être utilisées comme amendement pour les sols trop acides ainsi que pour fertiliser le sol.
À savoir : les scories potassiques contiennent en moyenne 12 % de phosphore, 12 % de potassium, 40 à 50 % de calcium et des oligoéléments divers.
Un véritable engrais et un amendement
Les végétaux ont besoin d’un certain nombre d’éléments pour se développer : de l’eau et de l’oxygène, de la lumière, du carbone, et aussi d’éléments minéraux fournis normalement par le sol : azote, phosphore, potassium, magnésium, calcium et soufre sont les principaux. Une carence en l’un de ces éléments au moment où la plante en a besoin est synonyme de mauvaise croissance et de faiblesse. Les scories potassiques apportent 3 éléments parmi les 6 éléments majeurs : potassium, phosphore et calcium.
Découvrez aussi notre article : Choisir son en engrais pour son jardin et ses fleurs
À savoir : on les trouve également sous le nom d’engrais phospho-potassique.
Le potassium
Le potassium a un rôle important dans la turgescence et le port de la plante, en gros il lui sert à ne pas faner ! Il favorise également la résistance des plantes au gel, à la sécheresse, aux maladies. Pour les plantes à bulbes ou à tubercules, il facilite le stockage des nutriments dans ces organes de réserve que sont ces bulbes et tubercules. Il a aussi une utilité dans le processus de photosynthèse.
Le potassium est très peu présent dans les sols très drainants, car c’est l’argile et l’humus qui le “retiennent”, l’empêchant d’être lessivé par les pluies. La teneur en potassium des scories potassiques est donc bienvenue dans ce type de sol.
Une carence en potassium est souvent indiquée par une décoloration puis par des nécroses à l’extrémité et au bord des vieilles feuilles.
Le phosphore
Indispensable à la formation, au développement et à la maturation des fleurs et des fruits, le potassium est un des éléments les plus importants pour le développement des végétaux. Son rôle est également crucial pour le métabolisme de l’énergie, il ne doit donc pas être négligé.
Et malheureusement, c’est l’élément qui pose le plus de problème aux plantes car il est difficilement absorbable dans les sols trop calcaires ou trop acides. De plus, il est très peu mobile et doit se trouver très près des racines pour pouvoir être absorbé.
Une carence en phosphore est souvent indiquée par des décolorations vert foncé, pourpre ou violettes sur les vieilles feuilles. Les fleurs ont du mal à s'ouvrir, les boutons floraux sont déformés, la fructification elle aussi montre des signes anormaux. La plante montre également des problèmes de croissance. Cette carence est assez rare, excepté dans les sols trop acides, trop calcaires ou trop humides.
Le phosphore présent dans cet engrais est très disponible pour les végétaux.
À savoir : les engrais sont qualifiés par leur teneur en azote (N), phosphore (P) et potassium (K), sous la forme : NPK valeur-valeur-valeur. Un engrais NPK 5-10-15 indique un engrais composé de 5 % d’azote, 10 % de phosphore et 15 % de potassium.
Le calcium (chaux)
Pour les végétaux, le calcium a un rôle à la fois dans leur structure (il rigidifie les parois cellulaires) et pour leur métabolisme. L’émission et le développement des jeunes racines fait aussi partie des tâches auxquelles il contribue.
Mais il est également très important pour les sols. En cas de terre argileuse, compacte, l’utilisation des scories potassiques est judicieuse car la chaux qu’elles contiennent vont améliorer les propriétés de ce type de sols : plus stables et poreux, l’air et l’eau vont y circuler plus facilement, la vie va y revenir, notamment les vers de terre mais aussi tous les autres organismes tels que champignons, bactéries et autres décomposeurs, et permettre une meilleure décomposition des matières organiques, les végétaux vont pouvoir s’y enraciner plus facilement et y absorber de quoi se nourrir.
En cas de terrain trop acide (en-dessous de 5,5), la chaux permet d’élever le pH du sol. Le bénéfice est important car avec un pH aussi faible, la plupart des nutriments présents dans le sol ne sont pas disponibles pour les plantes.
Attention par contre en cas de terrain calcaire, au Ph élevé, cet amendement sera à utiliser avec précaution pour éviter un pH trop élevé tout aussi défavorisant qu’un pH trop bas.
À savoir : selon le règlement (CE) n°889/2008, les scories phospho-potassiques sont autorisées en agriculture biologique.
Comment les utiliser au jardin ?
Les scories potassiques sont généralement présentées sous forme de granulés, ce qui les rend faciles à utiliser. Leur forte teneur en éléments nutritifs les rend économiques, en moyenne un sac de 10 kg couvre une surface de 200 à 400 m2.
Cet engrais/amendement est adapté aussi bien aux plantes à fleurs qu’aux arbres et arbustes, aux fruitiers comme aux légumes, à l’amélioration du sol comme à la fertilisation des végétaux.
En moyenne, le dosage de scories potassique à apporter est de 25 à 50 g par m2.
À savoir : vous stockerez tout sac entamé bien refermé dans un endroit sec, frais et à l’abri de l’humidité. Limitez son utilisation à proximité des points d’eau et des bouches d’égouts.
Pour le sol
Les scories potassiques peuvent être considérées comme un amendement calcique. À ce titre, elles ont une action rapide et sont également parfaites en entretien. Sur un sol au pH inférieur à 5,5, il peut être intéressant de faire un apport important, 100 à 150 g/m2, et de ne pas en apporter avant 2 ou 3 ans.

Au jardin d’ornement
L’utilisation des scories potassiques contre la mousse est justifiée par leur teneur en chaux. Vous pouvez apporter cet engrais phospho-potassique pour l’éliminer dans les zones humides et acides, à raison de 25 g/m2.
Apporter des scories potassiques à votre pelouse comme engrais de fond après une aération et avant un terreautage, à raison de 50 g/m2, ou bien avant son installation.
Pour vos plantes ornementales, vous en apporterez 25 g/m2 à la plantation.
Les arbustes et arbres nécessiteront une dose de 50 g/m2 tous les 2 ans à l’automne.
Notre sélection d'engrais :

Au potager
Leur utilisation comme engrais est très utile au potager, tant pour les fruitiers, petits et grands, que pour les légumes.
Les pommes de terre et autres tubercules sont particulièrement friands de potassium, bien que cet élément soit très utile à tous les légumes. Les pommes de terre sont également très exigeantes quant à la teneur en phosphore du sol. Vous apporterez 50 g/m2 à l’automne, en sol acide.
Les arbres fruitiers et les petits fruitiers bénéficieront d’apports de scories à raison de 25 à 50 g/m2 tous les 2 ou 3 ans, à l'aplomb des branches, ou à la plantation.
Les potagers peuvent être envahis de mouron, à cause d’un sol carencé en phosphore et potasse et en excédent d’azote. Apportez des scories tous les ans en automne, à raison de 25 g/m2.

À quel moment ?
Vous les épandrez sur le sol :
Soit en automne, entre septembre et novembre, comme fumure de fond, en les incorporant légèrement au sol par griffage, dans les zones de plantations. Vous pouvez également, pour éviter tout travail du sol, les épandre en surface et arroser.
Ou bien au printemps, entre février et avril, directement au pied de vos cultures comme engrais. Le sol doit être déjà humide et vous arroserez de nouveau la surface après l’apport.
N’apportez pas d’engrais organiques en même temps que les scories potassiques, patientez jusqu’à la saison suivante.
Précautions d’emploi
Classé comme non dangereuses, les scories potassiques peuvent néanmoins se révéler irritantes pour les yeux, la peau ou le système respiratoire en cas de contact prolongé ou d’inhalation sans protection. C’est pourquoi il est judicieux de s’équiper de gants, de lunettes et d’un masque, notamment en fin de sac car des poussières peuvent être présentes. En cas de contact, rincez rapidement et abondamment avec de l’eau. S’il y a eu contact avec les yeux, rincez pendant au minimum 10 minutes et n’hésitez pas à consulter si des symptômes d’irritations persistent.
Le saviez-vous ? Votre jardinerie en ligne Gamm vert possède une large gamme d'engrais à vous faire livrer directement chez vous.
En complément
Les scories potassiques ne remplissent pas la totalité des besoins de vos plantations, même si elles en font déjà une grosse partie ! Des éléments peuvent manquer : azote, magnésium et soufre. Pourquoi et comment compléter, si besoin, les scories potassiques ?
L’azote
N°1 dans le métabolisme des plantes puisqu’il entre dans la composition des protéines, et donc des tissus, l’azote est primordial pour le développement des végétaux. Or, c’est sous forme gazeuse qu’existe l’azote à l’état naturel, forme inaccessible aux végétaux, excepté aux légumineuses. Il doit être fixé dans le sol par des bactéries puis transformé en nitrates, toujours par des bactéries, pour être assimilé par les plantes. D’où l’utilisation d’engrais azotés grâce auxquels l’azote est immédiatement disponible pour les plantes.
Une carence en azote est généralement indiquée par une teinte pâle des vieilles feuilles, nervures comprises.
À savoir : l’azote doit être utilisé avec parcimonie et au moment où la plante en a besoin, car il n’est pas retenu par le sol et est rapidement lessivé par les pluies, pour finir dans les nappes phréatiques.
Pour complémenter des apports en engrais phospho-potassique, vous pourrez apporter de l’azote sous forme organique et en surface :
le guano, par petites quantité à la fois et durant la période de végétation,
le fumier ou le compost bien décomposé, la corne torréfiée à l’automne ou à la plantation,
le fumier frais à l’automne.
Pour en savoir plus, découvrez nos conseils pour bien épandre le fumier.
Le magnésium
Il joue un rôle majeur dans la photosynthèse mais il est rare que l’on en apporte directement aux plantes, il peut par contre, en cas de manque, être apporté par un amendement.
Une carence en magnésium est souvent indiquée par une décoloration (du limbe uniquement, pas des nervures) des feuilles âgées.
Le purin de consoude comprend du magnésium, ainsi que de l’azote. Il sera apporté en dilution de 10 à 20 % dans l’eau d’arrosage.
Le sulfate de magnésium se pulvérise sur le feuillage.
Le soufre
Nécessaire entre autres au développement des végétaux, le soufre est particulièrement utile pour les plantes de la famille des Crucifères : ail, choux, moutarde, oignon…
Présent naturellement dans les sols, il est cependant facilement lessivé.
Une carence en soufre est souvent indiquée par une décoloration (chlorose) des jeunes feuilles (uniquement le limbe, pas les nervures).
Pour compenser une carence en soufre, vous pourrez apporter du fumier, ou bien des engrais minéraux.
La corne broyée a une bonne teneur en soufre, tout comme la farine de plumes. Vous en apporterez à raison de 100 g /m2.
Produit tout droit sorti des aciéries et autres industries métallurgiques, les scories potassiques se révèlent une vraie manne pour le jardinier. Faciles à utiliser, elles sont très bénéfiques pour de nombreuses plantes, y compris au potager. Autre avantage, non négligeable : elles améliorent les sols compacts et trop acides. Tous ces bénéfices ne doivent pas vous empêcher de les utiliser avec parcimonie et quand il le faut, comme tout intrant.
