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Conseils jardinage et plantes

La pollinisation du prunier

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Le prunier est un arbre fruitier extrêmement courant dans les jardins, car très facile à cultiver et particulièrement prolifique. Mais cette abondance de fruits n’est pas “miraculeuse”, elle demande à ce que les fleurs de l’arbre soient butinées par les efficaces travailleuses que sont les abeilles et autres bourdons. Et pour être pollinisées, ces fleurs doivent être autofertiles, ou bien situées à proximité d’un autre prunier, compatible et bon pollinisateur. Et oui, n’est pas pollinisateur qui veut, et pour que votre prunier soit productif, il vous faudra veiller à le choisir autofertile ou à bien l’accompagner !

La pollinisation du prunier

Comment se pollinise le prunier ?

Deux types de pruniers sont cultivés en France : les variétés de pruniers descendants du Prunus domestica, c’est-à-dire les quetsches, les prunes d’ente, les reines-claudes, et celles qui sont issues du Prunus insititia, notamment les mirabelles. La plupart de ces pruniers sont autostériles, ou seulement partiellement autofertiles, mais de plus en plus de variétés n’ont pas besoin d’être “associées” pour être fertilisées car auto-compatibles, grâce aux sélections des pépiniéristes et autres spécialistes.


Le prunier

Le prunier est un arbre monoïque, c’est-à-dire qu’il porte des fleurs mâles et femelles, et il est même monoïque hermaphrodite, car ses fleurs portent à la fois les organes mâles (l’étamine, composée du filet et des anthères) et les organes femelles (la carpelle, composée du stigmate, du style et de l’ovaire). À contrario, les arbres fruitiers dioïques sont divisés en sujets mâles et femelles. Pour autant qu’il soit bisexué, le prunier n’est pas toujours autofertile - les fruitiers autofertiles portent des fleurs dont les étamines contiennent du pollen capable de polliniser ces mêmes fleurs. Le prunier peut aussi être autostérile, donc porter des fleurs dont le pollen ne peut pas fertiliser les fleurs du même arbre. En effet, il n’est pas rare que la nature empêche l’autopollinisation (par exemple le noisetier chez qui la floraison des fleurs mâles et des fleurs femelles est décalée pour qu’elles ne puissent pas se polliniser entre elles). Forcer un végétal à s’associer à un autre individu pour se reproduire permet d’enrichir sans cesse le patrimoine génétique de l’espèce. Chez les arbres fruitiers et tous les Angiospermes (les plantes à graines), c’est la pollinisation croisée qui remplace l’auto-fertilisation. Elle est très bénéfique : les fruits sont plus résistants, ils se conservent mieux et sont plus goûteux, la fructification est améliorée et la tendance à l’alternance diminue, la nouaison est plus importante (cela signifie que le nombre de fleurs qui se transforment en fruits est plus important, il y a moins de fruits avortés). Les pruniers autostériles nécessitent la présence d’au moins un prunier d’une autre variété pour la pollinisation. Outre que celui-ci doit fleurir à la même période, il doit aussi être compatible et il est important de choisir une variété bonne pollinisatrice. Chez le prunier, c’est la reine-claude d’Oullins qui est la plus conseillée. La floraison du prunier est extrêmement abondante, mais seule une faible proportion de fleurs a besoin d’être fécondée pour que la récolte soit abondante (entre 5 et 10 %). Lorsque trop de fruits sont produits par l’arbre une année, un processus va inhiber l’induction florale afin que l’arbre puisse récupérer l’année suivante, c’est ce que l’on appelle l’alternance.


Les butineurs

Comme la plupart des arbres fruitiers, le prunier est entomophile (le pollen est transporté par les insectes) et est majoritairement pollinisé par les abeilles (outre l’abeille domestique, Apis mellifera, environ un millier d’espèces d’abeilles sont répertoriées en France) et les bourdons, puis dans une moindre mesure par d’autres insectes pollinisateurs : guêpes, syrphes, papillons... L’abeille se pose sur une fleur pour en récolter nectar et pollen, ce faisant elle charge également du pollen sur ses pattes, qui sera déposé sur une autre fleur, plus précisément sur les stigmates du style de cette fleur. L’abeille peut porter jusqu’à 500 000 grains de pollen sur ses pattes et visiter 250 fleurs en 1 heure.


La pollinisation du prunier

Favoriser la pollinisation

  • La distance conseillée de pollinisation du prunier est au grand maximum de 100 m. On considère que l’aire de butinage d’une abeille ne dépasse pas quelques dizaines de m².

  • Plus le nombre de butineurs est important, plus le prunier va être pollinisé et plus la pollinisation croisée va être riche. De ce fait, travailler pour une plus grande biodiversité au jardin est plus que conseillé. Conservez donc quelques zones de friches, quelques haies vives, multipliez le nombre d’espèces végétales, proposez aussi des abris spécifiques. Quelques plantes sont particulièrement attractives pour les abeilles : pissenlit, bourrache, romarin, thym, agastache, bouleau, tilleul, saule...

  • L’installation de ruches auprès de vos arbres fruitiers est une bonne solution pour avoir des pollinisateurs efficaces au plus près. Pour en savoir plus, lisez nos conseils sur les ruches et les abeilles.

  • Évitez l’utilisation de produits phytosanitaires durant la floraison, dangereux pour les abeilles. Lisez nos conseils sur les maladies du prunier pour vous aider.

La pollinisation manuelle

En l’absence de variété pollinisatrice ou de pollinisateurs, vous pouvez vous-même polliniser vos fleurs de prunier. Il vous faudra pour cela cueillir un rameau fleuri de la bonne variété, aux fleurs à peine ouvertes. Vous placerez ce rameau dans une vase une nuit pour que les fleurs soient bien ouvertes, afin de pouvoir récupérer le pollen libéré par les anthères et le déposer délicatement sur le pistil des fleurs de votre prunier. Vous pouvez utiliser un fin pinceau, des plumes fixées au sommet d’un bâton... Prévoyez d’agir par une journée calme, ni trop chaude ni pluvieuse.

À savoir : après l’ouverture de la fleur, le stigmate reste réceptif entre 3 et 5 jours, et l’ovule ne vit que 5 jours au maximum. Or, il faut environ 3 à 5 jours au tube pollinique pour se développer et parvenir à l’ovule une fois déposé sur le stigmate. La période d’action est donc fort courte à partir de l’ouverture de la fleur.


Le tableau de pollinisation du prunier

Les pruniers autostériles


Prunier à polliniser

Pruniers pollinisateurs

Reine-claude dorée

Reine-claude d’Oullins, Quetsche d’Alsace, Reine-claude d’Althan, Reine-claude de Bavay, Stanley, Anna Späth

Reine-claude d’Althan

Reine-claude dorée, Prune d’ente, Anna Späth, Quetsche d’Italie

Damas de Tour

Mirabelles, Quetsche d’Alsace

Bonne de Bry

Reine-claude dorée, Quetsche d’Ersinger, Jefferson, Czar, Queen Victoria

Jefferson

Early Laxton, Bonne de Bry, reine-claude d’Oullins, Président

Monsieur

Reine-claude d’Oullins, Jefferson, Queen Victoria

Coe’s Golden drop

Reine-claude de Bavay, Bonne de Bry, Queen Victoria

Sainte Catherine

Prune d’ente, Reine-claude tardive de Chambourcy, Reine-claude d’Althan

Reine-claude verte

Reine-claude ‘Victoria’, Reine-claude d’Oullins, Mirabelle de Nancy, Prune d’ente

Reine-claude violette

Mirabelle de Nancy, Reine-claude dorée, Reine-claude d’Oullins, Reine-claude d’Althan


Les pruniers autofertiles


Prunier à polliniser

Pruniers pollinisateurs

Mirabelle de Nancy

Reine-claude dorée, Reine-claude d’Oullins, Quetsche d’Alsace, Quetsche d’Italie, Mirabelle de Metz, Tardive de Chambourcy

Reine Claude d'Oullins

Reine-claude d’Althan, Queen Victoria

Quetsche d'Alsace

Quetsche Stanley

Prunier 'd'Ente' (Pruneau d'Agen)

très bonne pollinisatrice

Reine-claude ‘Victoria’

Reines claudes, quetsche d’Alsace

Quetsche d’Italie

Reine-claude verte, Reine-claude d’Oullins, Reine-claude d’Althan, Queen Victoria, Monsieur

Altesse double de Liège

Opal, reine-claude d’Althan


De nombreuses autres variétés de pruniers sont autofertiles : ‘Sugar’, ‘Queen Victoria’, ‘Belle de Louvain’, la mirabelle de Metz, la quetsche commune, ‘Lorida’, ‘Opal’, Anna Späth, la quetsche d’Ersinger, la reine-claude tardive de Chambourcy, Stanley, reine-claude de Bavay… Par contre, la quetsche précoce, la reine-claude ‘Diaphane’, la ‘Perdrigon violet’, la ‘Béjonnières’ ne sont que partiellement autofertiles.

Conclusion La nature est décidément bien faite. Elle prévoit tout dans les moindres détails pour que la vie reste variée et riche. La pollinisation des arbres fruitiers en est un bon exemple : le pollen du prunier n’est généralement pas compatible avec les carpelles des fleurs du même arbre, obligeant ainsi à un mélange du patrimoine génétique de deux individus qui génère un enrichissement constant de ce patrimoine. Certes aujourd’hui de nombreuses variétés sont autofertiles, mais il ne tient qu’au jardinier à poursuivre ce travail en installant de nombreuses variétés végétales dans son jardin.