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La taille d’un scion de pêcher va entièrement dépendre de la forme que vous souhaitez lui donner. Ce tout jeune arbre qu’est un scion est en effet une page blanche, que vous pourrez conduire comme bon vous semble. Attention quand même aux particularités des arbres à noyaux, ainsi qu’à la forme que vous souhaitez donner à votre pêcher, qui détermineront tout le processus de formation. Gobelet, palmette, autre forme, à vous de choisir et de tailler au mieux !
Qu’est-ce qu’un scion ?
Un scion est à l’origine un rameau d’un an ou un plant d’un an, mais par extension, ce mot désigne un jeune arbuste qui a été greffé depuis un an (la richesse en cellules de croissance -les cellules méristématiques- de ces tous jeunes sujets facilite grandement la greffe). En pépinière ou en jardinerie ils sont faciles à distinguer des autres car ils affichent en guise de tronc une jeune tige parfois bien ramifiée. Leur coût est bien moindre que celui d’un jeune sujet formé, car ils ont nécessité moins de travail en amont. Ils peuvent être conduits sous n’importe quelle forme (qui leur convienne bien sûr) ou être laissés libres de se développer à leur guise. Pour autant, la taille de formation est conseillée car elle offre à l’arbre une bonne structure pour mieux résister aux agressions.
Quand et comment planter un scion ?
Il se plante de préférence durant l’automne (excepté en zones trop froides), dans un sol ameubli et enrichi de matière organique type compost. Un petit habillage du système racinaire précédera la mise en place, le point de greffe situé à 10 cm au-dessus du sol. Si l’hiver est sec, pensez à arroser votre scion de pêcher, environ 10 l par semaine.
Taille de formation d’un scion de pêcher
La particularité des arbres à noyaux, très marquée pour les pêchers, est qu’ils ne repercent pas sur du vieux bois, c’est-à-dire qu’une branche de plus de 2 ans qui est rabattue risque fort de ne pas produire de bourgeons, voire de dépérir rapidement. Il est donc nécessaire de toujours garder du bois jeune, sans pour autant trop s’éloigner des charpentières. En effet, lorsque les branches sont trop longues, la sève a du mal à parvenir à leur extrémité, et les fruits qui s’y trouvent seront plus petits et moins goûteux. De plus, les branches des pêchers sont très souples et peuvent se briser sous leur propre poids lorsqu’elles portent des fruits.
Les pêchers fructifient donc sur du bois jeune, formant généralement ce que l’on appelle des bouquets de mai. Ce sont ces rameaux qui vont être renouvelés année après année.
Le saviez-vous ? Il y a 2 types de bouquets de mai : les mixtes, qui portent à la fois des yeux à bois et à fleurs, et des chiffonnes, qui présentent seulement des yeux à fleurs.
Avant même la plantation, il vous faudra avoir décidé de la forme que vous allez donner à votre jeune fruitier. La forme en gobelet est plébiscitée car les récoltes y sont très accessibles et la couronne de l’arbre bien ouverte laisse parfaitement circuler l’air et la lumière. Par contre, la faible hauteur du tronc (environ 60 cm) et la large couronne qui la caractérisent la destinent à un jardin au moins de taille moyenne, et la circulation autour de l’arbre est peu aisée. Les formes palissées, plus ou moins simples, offrent d’autres avantages :
Au niveau de l’espace nécessaire, bien moindre que pour une forme libre ou en gobelet.
La récolte des fruits et l’entretien sont très simples puisque l’arbre a peu de profondeur.
L’aération et la luminosité à l’intérieur du fruitier sont au maximum.
La première mise à fruit est plus rapide.
Dans les régions situées au nord de la Loire ou en altitude, cela permet d’installer les pêchers bien à l‘abri contre un mur exposé plein sud.

La taille permet aussi de prévenir la propagation de maladies. Pour en savoir plus sur les maladies du pêcher : la cloque du pêcher et la tordeuse orientale du pêcher.
Comment former un pêcher en gobelet ?
Année n°1
La première taille du scion de pêcher va s’effectuer à la fin du premier hiver après la plantation, vers les mois de février mars.
1. Il faut étêter le jeune pêcher. Mesurez 60 cm au-dessus du point de greffe et coupez en biseau, 0,à 1 cm au-dessus d’un œil.
2. Sélectionnez les futures charpentières, 3 à 5 yeux dans la partie haute du scion. Ces yeux doivent être bien répartis autour du tronc. Vous éborgnerez ensuite tous les yeux superflus. Pour être sûr de votre choix, placez vous bien en face de chaque œil afin de correctement visualiser sa direction. Attention à la hauteur de l’arbre adulte, car celle-ci sera déterminée par cette première taille.
Pour aller plus loin :
3. Si vous avez gardé 5 yeux, les 3 yeux situés le plus bas seront défavorisés car moins alimentés en sève. Il est utile, pour y remédier, de réaliser des barrages de sève : un cran pour l’œil le plus bas, une entaille pour le deuxième, une incision pour le troisième. Le développement devrait ainsi être équilibré pour les 5 charpentières.
4. Si vous avez gardé 3 yeux, il ne doit pas y avoir de déséquilibre. Surveillez quand même que l’œil le plus bas ait la même croissance que les autres et si besoin pratiquez une incision.
Les barrages de sève
Cran, entaille et incision sont les 3 méthodes utilisées pour limiter le flux de sève.
L’incision est un petit barrage. Elle se réalise à l’aide d’un greffoir et consiste à inciser l’écorce sur 1 ou 2 mm, en forme d’arc de cercle, 5 mm au-dessus de l’œil. Grâce à l’incision, cet œil va recevoir beaucoup de sève et va pouvoir se développer rapidement.
L’entaille forme un barrage plus important. Elle consiste en une découpe d’une portion d’écorce, toujours au même endroit, à 5 mm au-dessus de l’œil à favoriser. Pour réaliser une entaille, on fait d’abord une incision droite, que l’on complète par une autre 3 mm au-dessus en forme de croissant. L’écorce de cette portion est ensuite retirée.
Le cran est le plus gros barrage. Cette fois, ce sont écorce et portion de bois qui sont ôtées. Pour ce faire, on réalise 2 entailles superposées en forme de chapeau pointu de 2 à 3 mm de profondeur. La première est faite 1 cm au-dessus de l’œil, l’autre, moins pointue, est effectuée entre la première et l’œil. On enlève ensuite l’écorce et le bois à l’intérieur du cran.
Dans ce cas présent, la taille d’un scion de pêcher, ces yeux situés en partie inférieure vont pouvoir bénéficier d’un afflux de sève plus important, ce qui rétablira l’équilibre avec les 2 derniers yeux qui eux sont très alimentés car en bout de course.
À savoir : ces barrages peuvent être faits pour favoriser un œil, comme ci-dessus, ou bien au contraire pour le défavoriser. Dans ce cas, il sera effectué sous l’œil, qui recevra donc moins de sève. Les barrages sont utilisés de la même manière pour des rameaux et pour des branches.
Année n°2
De nouveaux yeux peuvent s’être formés sur le tronc, ils doivent être supprimés.
Les futures charpentières sont rabattues de leur tiers, à 20 ou 25 cm pour un gobelet. Chacune est taillée au-dessus d’un œil tourné vers l’extérieur. Raccourcir les charpentières a pour but de les renforcer, car le pêcher est un bois assez souple.
Les rameaux situés sur ces branches principales sont supprimés. Si vous souhaitez voir fructifier votre pêcher rapidement, conservez 2 de ces rameaux par charpentière et rabattez-les d’un tiers. Ils seront supprimés dans 3 ans pour reprendre la forme du gobelet. La fructification va cependant fatiguer inutilement votre jeune arbre et ralentir sa croissance.
Les rameaux ne prennent pas forcément la bonne direction. Il est du coup utile de les y aider, par un “palissage compensateur”. On utilise une latte, pour éloigner, ou un lien, pour rapprocher, entre le tronc et un œil intérieur du rameau. Ne pas oublier que le flux de sève est vertical, les rameaux les plus faibles seront donc rapprochés du tronc, alors que les plus forts en seront au contraire éloignés. Pour une forme en gobelet, installez un cercle, en osier par exemple, au milieu de la couronne pour la maintenir. Il est également possible de placer des tuteurs légèrement écartés des branches, en biais, et d’y attacher délicatement les charpentières pour les tirer vers le bas.
Les 2 années suivantes
Conservez 2 ou 3 yeux supplémentaires par an pour obtenir de nouvelles branches. Ils doivent être espacés d'environ 15 cm. Supprimez les jeunes pousses qui poussent verticalement, ainsi que celles, trop vigoureuses, qui entrent en concurrence avec les sous-charpentières.
Et ensuite, on taille comment ?
Chaque année, une fois que les pêches sont récoltées, les branches sont raccourcies et les rameaux superflus sont supprimés. En hiver, une taille peut également être effectuée en complément, si besoin. Le pêcher aura besoin d’une taille de fructification régulière, car il faut éviter que les branches à fruits s’éloignent trop du tronc. Il est important de laisser se développer, à la base des coursonnes, 1 ou 2 yeux à bois qui assureront le remplacement de ces rameaux à fruits l’année suivante. Continuez à supprimer les branches verticales.
Comment former un pêcher en palmette U simple ?
Les formes de fruitier à palisser sont variées et nombreuses : palmette en U simple, double ou Verrier, cordon, palmette oblique… Toutes ne conviennent pas aux pêchers, ceux-ci préférant la palmette Verrier ou en U double pour les variétés vigoureuses, la palmette en U simple pour les moins vigoureux. La taille de formation d’un scion de pêcher pour le palissage est assez différente de la formation en gobelet, bien que le principe reste le même. Vous pouvez installer les piquets pour le palissage au moment de la plantation, ou juste avant. Prévoyez un bois résistant à l’humidité comme du châtaignier ou de l’acacia. Si vos piquets sont en pin, ils devront être traités. Pour que la partie enfoncée dans le sol résiste longtemps, elle doit être écorcée et passée au bitume (il est aussi possible de la brûler). Leur taille : environ 3 m de hauteur et 9 cm de diamètre. Ils sont espacés de 9 m et enterrés sur environ 80 cm. Le premier et le dernier doivent être ancrés, avec des fers à béton par exemple. Pour les relier, choisissez de l’acier galvanisé que vous tendrez sur 3 ou 4 hauteurs. Le premier sera installé à 30 cm du sol, les autres espacés de 50 cm. Vous placerez pour chaque scion de pêcher 2 lattes verticales qui serviront à maintenir les 2 charpentières. Vous les espacerez de 50 cm. Un espacement d’1 m est suffisant entre 2 pêchers en palmette simple.
Année n°1
Étêtez le scion de pêcher en le rabattant à 30 cm du sol, au-dessus de 2 yeux opposés.
Éborgnez les yeux restants.
Une fois que les rameaux atteignent 25 cm, il faut les accrocher sur les lattes de manière temporaire. Placées en oblique, les 2 charpentières doivent se développer de la même manière. Si ce n’est pas le cas, attachez plus bas celle qui est plus vigoureuse et plus haut celle qui est moins développée.
Astuce : Lorsque vous attacherez les jeunes sujets, préférez des gaines creuses élastiques qui blesseront moins vos fruitiers.
Année n°2
C’est le moment d’attacher les jeunes charpentières pour leur donner leur forme définitive : horizontalement jusqu'à la latte, puis verticalement le long de cette latte. Éborgnez les yeux qui se sont formés au niveau du coude. Les rameaux latéraux, qui se sont formés sur charpentières, doivent être pincés à 3 feuilles.
Les années suivantes
Les branches du U doivent s’allonger de 25 cm tous les ans. Rabattez ce qui est en trop au-dessus d’un œil placé du côté opposé à celui de l’année précédente. Vous obtiendrez ainsi un U bien droit.
Les yeux mal placés (sur l’avant ou l’arrière des charpentières) sont supprimés, et vous garderez un œil tous les 15 cm. Ces yeux se développeront pour donner des coursonnes (rameaux qui donnent des fruits).
Astuce : si les coursonnes les plus hautes sont trop vigoureuses, au détriment de celles situées plus bas, pincez leur extrémité.
Conclusion L’achat d’un pêcher en scion, plus économique qu’un jeune sujet déjà formé, vous laissera libre de le façonner à votre guise. Chaque possibilité nécessitera cependant une taille spécifique de votre scion de pêcher. Il pourra être conduit sous plusieurs formes selon les possibilités offertes par votre jardin : son port le prête naturellement à une forme libre ou en gobelet, lui offrir un support contre un mur sera préférable dans un petit jardin. Le climat de votre région sera également un paramètre important pour le conduire judicieusement. En effet, dans les régions les plus froides, il préférera être palissé contre un mur qui le protégera, tandis que sous un climat méridional il appréciera une forme en gobelet.
