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Conseils jardinage et plantes

Le pommier bio

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Vous avez décidé de planter dans votre jardin un pommier, bio il va de soi pour profiter de fruits sains. Vous trouverez votre bonheur parmi de nombreuses variétés et formes, selon vos goûts en matière de pommes, et aussi selon l’espace que vous pourrez offrir à votre nouvel arbre ! Après une plantation dans les règles de l’art, il ne vous restera plus qu’à entretenir votre beau pommier et à le protéger contre les agressions de vils champignons et parasites !

Tout sur le pommier bio

Choisir un pommier bio

Le pommier, Malus x domestica, est un arbre fruitier qui se cultive aisément, et résistant face aux agressions. Choisir un pommier bio est une assurance de consommer des fruits sains, non traités au cours de leur prime croissance. C’est également une participation au retour des variétés anciennes et locales, fréquentes chez les pépiniéristes qui proposent des végétaux bio. De nombreuses jardineries disposent également de pommiers bio à la vente. Le rendement d’un pommier bio est très variable, selon la variété choisie, selon sa forme, sa bonne adaptation au climat et au terrain. Les pommiers sont aujourd’hui très variés en forme et en taille.

  • Pour des jardins de petite taille, privilégiez des pommiers conduits en U ou en palmette, à palisser contre un mur ou formant une haie, ou encore des pommiers nains bio ou des variétés de petite taille comme les Ballerina qui, avec leur forme colonnaire et leur faible hauteur sont idéaux dans ce type de jardin. Certaines variétés peuvent même être cultivées en pot.

  • Dans les plus grands jardins, les pommiers bio en gobelet ou de demi-tige et haute-tige sont les plus adaptés.

Vous pouvez également choisir la variété de pommier selon l’usage que vous voulez faire des fruits : pommes de table, à transformer ou de garde. Et si vous disposez de suffisamment d’espace (ou que vous allez palisser vos fruitiers) sélectionnez plusieurs variétés aux récoltes échelonnées du mois de juin jusqu’à la fin de l’été. Les pommiers que l’on cultive sont tous greffés, c’est donc le porte-greffe qu’il va falloir choisir, en fonction du climat et du terrain, ainsi que selon la forme voulue pour le futur pommier. On sélectionne généralement la greffe sur franc pour les pommiers de haute-tige, les porte-greffe M111 et M106 pour les formes en gobelet et le M106 pour les formes palissées (c’est le moins vigoureux de tous, ce qui convient mieux pour une conduite exigeante).

Attention : la plupart des pommiers sont autostériles, ils nécessitent la présence d’au moins un autre pommier aux environs proches afin que leurs fleurs puissent être fécondées.

Planter votre pommier 

C’est en automne que l’on plante les pommiers, qu’ils soient bio ou non bio. Dans les régions où les hivers sont rigoureux, on préfèrera la mise en place au mois d’octobre, tandis qu’ailleurs on pourra attendre la fin de la saison. Préparez un trou de bonnes dimensions, surtout en largeur car le pommier a un système racinaire étalé. Vous mélangerez du compost bien mûr à un peu de la terre, à placer au fond du trou. Vous installerez le tuteur au préalable afin de ne pas blesser les racines. Celles-ci seront habillées et pralinées avant la plantation, puis bien étalées au fond du trou. Veillez bien à ce que le point de greffe ne soit pas enterré. Complétez le trou avec la terre enrichie et tassez avant de réaliser une cuvette tout autour du tronc que vous remplirez d’eau. Vous installerez ensuite un bon paillage composé de feuilles mortes ou de fougères.


L’entretien du fruitier bio

Arrosages et fertilisation

Les besoins en eau sont importants au cours de la première année, particulièrement le premier été. Des apports généreux permettront au pommier de bien reprendre grâce à une terre fraîche, aidée par le paillage mis en place à la plantation. Durant le premier automne, apportez un amendement, par exemple en épandant du compost, et renouvelez le paillage. Le deuxième printemps, un amendement organique complétera l’apport fait en automne, et vous pourrez arroser au cours de l’été si le temps est trop sec.


La taille

La taille de formation des pommiers s’effectue les 3 à 5 premières années et doit être adaptée à la forme voulue pour votre arbre fruitier : palissé ou de plein vent, en corbeille… Le pommier bio porte 3 types de bourgeons, qu’il est nécessaire de savoir reconnaître pour effectuer une bonne taille, notamment lors de sa formation. Les yeux à bois, généralement fins, donnent des rameaux, les yeux à fleurs eux sont dodus et se transformeront en fleur. Le troisième type est le dard, pointu, qui pourra aussi bien devenir rameau que fleur, selon les besoin de l’arbre. Durant le reste de la vie de l’arbre, c’est une taille d’entretien qui sera effectuée. Très utile, comme pour tous les arbres fruitiers, elle améliore la santé de l’arbre, procure de plus beaux fruits, permet de contrôler son développement et donc l’accès aux fruits et lui offre une silhouette plus harmonieuse. C’est entre novembre et février ou mars que se réalise cette taille, entre la chute des feuilles et le débourrement. Il faut tout d’abord aérer le centre et privilégier les branches qui partent à l’horizontale et vers l’extérieur. Supprimez également les branches qui se croisent. Limitez ensuite la hauteur de votre pommier en raccourcissant les branches charpentières, idéalement de 25 cm chaque année. Les rameaux, eux, sont taillés après le troisième bourgeon. La coupe se fait toujours après un rameau ou un œil orienté vers l’extérieur. Le but est de rapprocher les fruits des charpentières afin qu’ils soient mieux alimentés en sève, et donc plus gros et plus sains. Au moins de juin se réalise l’éclaircissage du pommier, qui entraîne une fructification plus régulière, des fruits certes moins nombreux mais plus gros.


tailler le pommier bio

Traiter les maladies et parasites

Un calendrier pour les traitements

La prévention des maladies du pommier passe par un traitement bio.

  • Le traitement bio du pommier au printemps : dès le mois d’avril, installez des pièges pour limiter la quantité de parasites, comme les pièges à carpocapses. Il est aussi temps de prévenir l’arrivée des pucerons et des chenilles. En mai, vous pourrez placer des bandes de glu autour du tronc de vos pommiers bio contre les fourmis, car elles protègent les pucerons. Les traitements préventifs peuvent se poursuivre contre les ravageurs.

  • Le traitement en été : les perce-oreilles sont des prédateurs attitrés de nombreux ravageurs. Offrez-leur des abris pour qu’ils protègent vos futures récoltes.

  • Le traitement en automne : une première application de bouillie bordelaise se réalise juste après la chute des feuilles. Le sulfate de cuivre est un excellent fongicide, qui va protéger le pommier contre les maladies cryptogamiques. Autorisé en culture biologique, il est cependant à utiliser avec parcimonie afin qu’il n’y ait pas d’accumulation dans le sol. Il pourra d’ailleurs être remplacé par une décoction de prêle pour en limiter la quantité. Le traitement d’hiver du pommier : une deuxième application de bouillie bordelaise est à appliquer vers le mois de février, juste avant le débourrement des bourgeons. Il sera également possible d’appliquer, cette fois en début d’hiver, du blanc arboricole biologique sur le tronc et le départ des charpentières de vos pommiers. Préparé par exemple à l’aide de chaux d’algues, de terre glaise et de jus de prêle, il sert à étouffer les parasites, Å“ufs, larves ou spores qui hivernent sous l’écorce. L’huile blanche est aussi très utilisée en culture biologique pour détruire les formes hivernantes des ravageurs. Elle s’emploie après la chute des feuilles, hors période de gel. Mouillez bien le tronc afin que le produit s’infiltre bien dans les anfractuosités de l’écorce.


soigner le pommier

En complément :

  • Ramassez et détruisez tous les fruits tombés au sol, ainsi que ceux qui se sont momifiés sur l’arbre.

  • Travaillez superficiellement le sol aux pieds de vos pommiers, nombreuses sont les espèces qui hibernent dans le sol.

  • Traitez tous les arbres fruitiers de votre jardin.

  • Évitez les périodes de gel, de vent ou de pluie pour appliquer les traitements.

  • Lors des tailles, réalisez toujours des coupes bien nettes et appliquez un onguent lorsque vous avez coupé un rameau de plus de 5 cm de diamètre,

  • Toutes les branches abîmées, malades, doivent être supprimées car des chancres peuvent s’y former.

  • Désinfectez toujours vos outils de coupe entre chaque sujet.

  • Avant tout traitement d’hiver, grattez l’écorce de votre pommier bio à l’aide d’une brosse métallique. Ce geste éliminera tous les morceaux d’écorce détachés du bois ainsi que les mousses et lichens, qui peuvent abriter de nombreuses larves hivernantes.

Traiter contre les chenilles

La chenille du carpocapse est un ravageur courant du pommier. Le carpocapse est également appelé ver des fruits, ou tordeuse. Le papillon est petit et affiche des ailes qui se fondent avec leur support, donc difficile à repérer. La larve s’introduit à l’intérieur des fruits très vite après son éclosion. Il peut y avoir plusieurs cycles de carpocapses au cours d’une année dans les régions à climat doux, et la dernière génération de l’année hiverne à l’abri de l’écorce pour en ressortir au printemps sous sa forme adulte. La mise en place de pièges à phéromones est un traitement du pommier spécifique à cette chenille. Contre ces chenilles, les traitements du pommier bio consistent en une application de blanc arboricole en hiver, des pulvérisation d’huile blanche également en hiver et des pulvérisations de purin d’absinthe lors de l’éclosion des œufs (nécessite un suivi précis du cycle).


Traiter contre l’oïdium

L’oïdium est une maladie cryptogamique qui est susceptible d’attaquer la majorité des plantes, dont les arbres fruitiers comme le pommier. Comme la plupart des champignon, il se développe généralement par temps doux et humide, formant de petites taches poudreuses sur les feuillages. Celles-ci s’étendent et peuvent atteindre les bourgeons et anéantir la récolte. Elle apparaît souvent en milieu ou en fin d’été. Cette maladie peut être prévenue grâce à des traitements à base de soufre, ou bien par des pulvérisations de purin de prêle ou de fougères. Une fois l’oïdium installé, il n’y a aucun traitement bio efficace pour le pommier.


Traiter contre la tavelure

Autre maladie cryptogamique courante, la tavelure du pommier apparaît dès le printemps. Les spores, qui ont hiverné au sol, sont dispersés par le vent et trouvent des conditions favorables dans le temps humide du début du printemps. La tavelure peut ainsi commencer à se développer durant le débourrement, la période sensible se prolongeant pendant environ 2 mois avec un pic au moment où les pétales des fleurs de pommier tombent. Les signes de sa présence sont assez visibles : les feuilles et les fruits se marquent de taches circulaires couleur olive, puis ils se déforment. Les fruits se crevassent et finissent par pourrir, les feuilles tombent. Les rameaux eux-mêmes peuvent être atteints et se dessèchent. Le principal traitement bio contre cette maladie du pommier est la bouillie bordelaise, appliquée préventivement juste après la chute des feuilles, lors du débourrement puis lorsque les fruits commencent à se former. La prêle en décoction renforce les défenses du pommier et permet de limiter la quantité de bouillie bordelaise et des autres traitements. Des pulvérisations de soufre peuvent compléter l’action de la bouillie bordelaise, à faire juste avant que les fleurs ne s’ouvrent puis tous les 20 jours jusqu’à la fin du mois de juillet. Pour éviter que les spores ne restent dans le sol et contaminent à nouveau vos pommiers au printemps suivant, brûlez les parties atteintes, tous les fruits et les feuilles qui ont pu tomber au sol. Les outils utilisés pour tailler ou ramasser doivent être désinfectés à l’alcool.

À savoir : certaines variétés de pommiers sont résistants à la tavelure, comme la Patte de loup ou la Reinette du Mans.

Traiter contre la moniliose

Autre maladie causée par des champignons, la moniliose atteint les boutons floraux, les fruits et les rameaux. C’est au printemps qu’elle se développe lorsque celui-ci est humide, particulièrement à l’époque de la floraison. On peut tout d’abord repérer des fleurs et des feuilles desséchées, les rameaux qui dépérissent et des chancres qui se développent sur les rameaux. Mais ce sont les fruits qui montrent les signes les plus évidents : des cercles de pourriture brune qui se recouvrent ensuite de pustules blanches (ce sont des amas de spores spécifiques, les conidies). Par la suite, ils se momifient et se dessèchent en restant sur l’arbre. Il est important de ramasser et de détruire les pommes momifiées, au sol ou sur l’arbre, ainsi que les rameaux touchés. Un produit fongicide à base de cuivre pourra être appliqué en prévention à la chute des feuilles puis lors du débourrement. L’infusion de raifort est une autre solution préventive. Elle sera employée pure, au début de la floraison, en renouvelant la pulvérisation toutes les 20 jours pendant 3 mois. L’application de blanc arboricole est également efficace pour détruire les spores qui hivernent dans l’écorce.

Lorsque l’arbre est déjà atteint, deux possibilités :

  • Au début de l’apparition de moniliose du pommier, un traitement bio à base de bouillie bordelaise pourra contrarier son développement.

  • Si la maladie est déjà avancée, préférez traiter à l’aide de bouillie nantaise ou de permanganate de potassium, plus efficaces.

Cette maladie, très contagieuse, touche de nombreux arbres fruitiers. Des mesures prophylactiques doivent être systématiquement prises pour éviter son installation : éclaircir le centre du fruitier et les fruits pour laisser l’air circuler, supprimer la mousse, les branches mortes, soigner l’arbre près chaque taille. En effet, les spores peuvent hiverner aussi bien dans l’écorce que sous les feuilles, dans les plaies, sur les fruits… Il se disséminent grâce au vent et aux insectes.


Traiter contre les pucerons

Les pucerons lanigères

Les pucerons lanigères se regroupent plus particulièrement sur les jeunes rameaux, mais également sur les branches voire le tronc et les racines. Ils forment des colonies extrêmement nombreuses et des générations qui se succèdent rapidement entre le printemps et l’été (entre 8 et 12). Ils sont très repérables, car ils forment des sortes de manchons cotonneux le long des rameaux envahis. Ils ponctionnent la sève directement dans les parties ligneuses du pommier et peuvent y provoquer des chancres. Ceux-ci sont des portes d’entrées pour des pathogènes cryptogamiques. Le traitement bio contre les pucerons du pommier se met en place en plusieurs étapes :

  1. Une fois que les feuilles sont tombées, pulvérisez de l’huile blanche sur l’ensemble du fruitier. Commencez par le haut, de manière à ce que le mélange coule le long de l’écorce et s’insinue dans les crevasses. Cette huile minérale va étouffer les larves en diapause. Si possible, renouveler l’application au moins 2 fois au cours de l’hiver (par temps calme et doux, sans vent, ni pluie, ni gel).

  2. Lorsque les bourgeons commencent à gonfler, avant de s’ouvrir, appliquez à nouveau cette huile blanche.

  3. Durant la pleine période de végétation, pulvérisez un mélange de savon noir, et d’alcool à brûler dilués dans de l’eau. Insistez bien sur les colonies visibles mais aussi sur les branches intérieures et renouveler jusqu’à disparition des pucerons. Vous pouvez aussi utiliser de l’extrait de tanaisie pur.

Les pucerons cendrés

Les pucerons cendrés sont verts ou d’un rose vineux. Ils forment eux aussi des colonies importantes avec leurs 6 à 9 générations par an, et se nourrissent de sève. Les feuilles prennent un aspect gaufré avant de se déformer. Elles s’enroulent sur elles-mêmes puis se dessèchent. Les fruits ne parviennent pas à se développer et se déforment également. Les pucerons cendrés excrètent une grande quantité de miellat, provoquant l’apparition de fumagine, une moisissure noire due à un champignon. Les fourmis, très attirées par l’abondance de ce nectar, viennent en nombre et protègent les pucerons de leurs prédateurs. Pour traiter le pommier contre le puceron cendré, on utilise les mêmes produits que contre le puceron lanigère : de l’huile blanche et du savon noir additionné d’alcool à brûler. Durant la période végétative, pulvérisez une fois par semaine de la menthe poivrée en infusion.

Pour compléter ces traitements et réduire progressivement la présence de ces ravageurs dans vos pommiers, favorisez la présence de leurs prédateurs : coccinelles, syrphes, chrysopes, forficules (perce-oreilles)… Évitez pour ce faire tout traitement insecticide (même à base de pyrèthre) une fois que les fleurs sont ouvertes. Ceux-ci ne sont à utiliser que lorsque l’invasion est trop importante, notamment sur de jeunes pommiers qui pourraient avoir du mal à s’en remettre. Appliquez des colliers de glu autour de vos arbres pour empêcher les fourmis de protéger les pucerons.

Conclusion

Acheté non traité, c’est de la même manière que vous continuerez à entretenir votre pommier bio. Pour cela, vous préviendrez les maladies et les attaques de parasites plutôt que de les soigner, et si malgré tout le besoin s’en fait sentir, vous privilégierez des méthodes de lutte biologique et des produits en quantité raisonnée. Posséder un pommier bio vous offrira ainsi de multiples satisfactions. Des fruits sains et goûteux, une participation active à la protection de la nature et un bel arbre qui ornera votre jardin !