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Conseils jardinage et plantes

Les porte-greffes du prunier

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Le porte-greffe du prunier doit être choisi avec soin. La tâche n’est pas aisée car les variétés sont nombreuses, tout comme les critères de choix. Il vous faut connaître la nature de votre sol, être décidé sur la manière dont vous allez conduire le prunier, sur la variété de prunier que vous désirez planter dans votre jardin ou verger… Quel que soit votre choix, il sera déterminant pour vos futures récoltes et pour la beauté et la longévité de votre arbre.

Les porte-greffes du prunier

Choisir un porte-greffe pour prunier

Il n’y a pas de meilleur porte greffe pour le prunier, le porte-greffe doit être adapté à l’environnement que vous allez offrir à votre arbre fruitier, à l’espèce de prunier choisi, à la forme que vous allez donner à l’arbre. Le porte-greffe apporte plus que son adaptation à un sol. Il offre au greffon une vigueur spécifique, il influe plus ou moins sur la mise à fruit, la taille des fruits et même leur goût ou leur conservation. Il est important de bien faire coïncider une force du porte-greffe avec une faiblesse du greffon ou inversement ! Par exemple vous ne marierez pas 2 essences très vigoureuses ou 2 de faible vigueur. Le porte-greffe a également l’avantage d’apporter une résistance aux pathogènes, notamment lorsqu’il s’agit de variétés sélectionnées. Son système racinaire est également important, qui offrira par exemple un bon ancrage, crucial pour les arbres de plein vent, ou des racines profondes fort utiles pour puiser de l’eau dans les régions plus sèches. Le prunier peut être greffé sur un arbre de la même espèce, mais pour lui offrir des caractéristiques plus appropriées au sol ou au climat, un greffage sur une autre espèce peut être judicieux.


Le prunier myrobolan

Le prunier myrobolan est le porte-greffe le plus courant pour le prunier. Prunus cerasifera est très vigoureux, particulièrement approprié pour les pruniers de plein vent ou en demi-tige car offrant un bon ancrage. Peu exigeant quant au terrain, il permettra une culture en sols argileux et collants ou bien en sols sableux, très légers et drainants et tolère relativement bien le calcaire. Par contre il craint le gel et un peu la sécheresse, à sélectionner en climat doux hors régions méditerranéennes. Il apporte une mise à fruit rapide et une bonne compatibilité. Un des défauts majeurs du myrobolan est sa forte tendance au drageonnement. Mais de nombreuses sélections sont faites, notamment par l’INRA, pour affaiblir ce caractère. Originellement résistant aux pourridiés, certains cultivars offrent également d’autres résistances intéressantes.

  • Le myrobolan B : incompatible avec les variétés reine-claude d’Althan et reine-claude d’Oullins. Ce porte-greffe est idéal pour les terres bien drainées, fraîches, mais il s’adapte aussi aux sols sableux ou calcaires. Il ne drageonne pas et sa résistance au gel est supérieure au myrobolan. Mise à fruit assez rapide.

  • Le myrobolan 1254 : intéressant car facile à bouturer. Ce porte-greffe est un clone du myrobolan, créé pour obtenir des sujets aux caractéristiques homogènes.

  • Le myrobolan GF 31 : de grande vigueur, il convient aux demi-tiges et basses-tiges. Il est adapté aux sols caillouteux et secs. Bon ancrage au sol. De mise à fruit rapide, ce porte-greffe est prévu pour les pruniers d’Ente.

  • Le myrobolan GR 31-6 : de grande vigueur, ce porte-greffe sera utilisé pour les formes en demi et basses-tiges. Il se plaît en sol sec et calcaire. Sa mise à fruit est rapide.

  • Le myrocal : bon ancrage au sol et de forte vigueur, ce porte-greffe est très tolérant au calcaire et tolérant à l’asphyxie des racines. Il est assez résistant à la sécheresse.

  • Le Mariana GF 8-1 : hybride de myrobolan et de Prunus munsoniana, ce porte-greffe est particulièrement polyvalent. Très peu exigeant pour le sol, il est par contre un peu sensible au gel. De vigueur forte à moyenne, vous le sélectionnerez pour réaliser des fruitiers en gobelets ou basses-tiges. Il est compatible avec toutes les variétés, excepté ‘Althan’. Pas de problèmes d’asphyxie racinaire ni de drageonnement.

Le Saint-Julien

Assez vigoureux, bien qu’un peu moins que le myrobolan, le Saint-Julien sera choisi pour conduire des pruniers en basses-tiges. Il tolère bien le calcaire mais il a besoin de sols de bonne qualité, mêmes humides et compacts mais fertiles. Ses racines profondes se plaisent en sols profonds. Il est par contre sensible à la sécheresse et il a tendance à drageonner. De mise à fruit rapide, il offre une productivité moyenne.

  • Le Saint-Julien 655-2 : de vigueur moyenne, ce porte-greffe profite d’une bonne longévité. Sa mise à fruit est très rapide et la productivité du fruitier est très bonne.

  • Le prunier Saint-Julien A : il prodigue une vigueur moyenne à faible et une productivité également moyenne.

Autres porte-greffes

À savoir : certaines espèces de pruniers, ou bien les anciens, plantés sans porte-greffe, émettent énormément de drageons. Cela peut être une manne productive de porte-greffes mais attention, cette caractéristique se transmettant vos PG seront également très drageonnants.

  • Le franc de prunier : de très grande vigueur, il convient aux pruniers de plein vent, voire aux demi-tiges. Il aime les sols sableux et pauvres. Sa mise à fruit est très lente.

  • Le prunier porte-greffe Jaspi : bon sujet comme porte-greffe, de vigueur moyenne à faible, il est adapté aux basses-tiges. Il ne présente aucune tendance au drageonnement et ses racines offrent un très bon ancrage au sol. Il tolère les sols calcaires ainsi que les terres lourdes. Sa mise à fruit est rapide et sa productivité élevée. Bonne compatibilité. Il résiste à l’asphyxie racinaire.

  • Le prunier sauvage est un porte-greffe intéressant lorsqu’il est prélevé localement, il est ainsi particulièrement adapté aux conditions apportées par le climat et par le terrain.

  • Le prunier Damas : porte-greffe de petite vigueur, il convient aux basses-tiges. Sensible à la sécheresse, il aime les sols frais, argileux. De mise à fruit rapide.

  • Le prunier GF 43 : issu d’un prunier d’Ente. Très vigoureux, vous l’utiliserez pour des demi-tiges. Il est sensible à la sécheresse. En terme de maladies, il est résistant à la gale du collet et aux viroses. Sa mise à fruit est lente.

  • Le Commun Mussel : de vigueur moyenne avec une mise à fruit précoce, il a tendance à drageonner.

  • Ishtara : vigueur moyenne mais supérieure à Jaspi, adapté aux basses-tiges. Très productif et mise à fruit assez rapide. Aucune tendance au drageonnement et tolérance à tout type de sols.

  • Brompton : porte-greffe très vigoureux qui convient à des demi-tiges. Il se plaît aussi bien en sols lourds que légers et frais comme le myrobolan. Il est par contre plus résistant au gel que ce dernier et présente une mise à fruit plus rapide. Bon ancrage au sol. Il est sensible aux viroses. Il se multiplie facilement par boutures.

  • Pixi : porte-greffe adapté à la culture en pot car très nanifiant.

  • Ackerman : très bonne résistance au gel pour ce porte-greffe. Il produit des prunes de bonne taille.

Astuce : on peut greffer un vieux prunier sur un porte-greffe afin de le conserver. Prélevez un greffon sur une belle branche productive et le tour est joué !

Porte-greffes d’autres espèces

  • Le pêcher est très adapté aux sols légers. Il présente des incompatibilités avec certaines variétés et n’est pas utilisé dans le milieu professionnel.

  • L’abricotier peut aussi être utilisé comme porte-greffe du prunier. Il apprécie les sols sablonneux.

  • L’amandier préfère les terres caillouteuses et calcaires.

  • Le GF 677 est un hybride amandier et pêcher. Il tolère bien le calcaire et se plaira en sols secs et légers même s’il supporte les sols un peu humides. Il est résistant à l’asphyxie racinaire. Vigueur grande à moyenne. Sa mise à fruit est rapide. Incompatible avec le prunier domestique.

À savoir : le greffage se réalise la plupart du temps dans le même genre botanique. Par exemple, on ne peut pas utiliser un prunier comme porte-greffe d’un pommier. Celui-ci ne pourra être greffé que sur d’autres Malus.


Prélever un greffon

Comment greffer le prunier ?

La greffe est un geste assez technique, qui demande une certaine précision car elle demande, pour réussir, d’unir les zones de croissance cellulaire des 2 végétaux utilisés, l’un comme porte-greffe, l’autre comme greffon. Ces zones de développement cellulaire sont situées dans le cambium, une fine couche qui se situe sous l’écorce de l’arbre, juste avant son aubier.


Les méthodes de greffe du prunier

Plusieurs méthodes de greffe correspondent au prunier : les greffes à rameaux qui se pratiquent à la fin de l’hiver (greffe en fente, greffe anglaise et anglaise compliquée, greffe en incrustation), les greffes en écusson, les greffes en couronne. La plus adaptée reste la greffe en écusson réalisée en œil dormant entre juillet et août.

  • La greffe à l’écusson est une greffe à œil. Un bourgeon vigoureux est prélevé sur un rameau de l’année et inséré dans une entaille réalisée dans l’écorce du porte-greffe.

  • La greffe en incrustation est également judicieuse car elle limite les risques de gommose, problème assez fréquent chez les arbres fruitiers à noyau. Cette greffe à rameau consiste à insérer un morceau de rameau dans une entaille réalisée dans l’épaisseur du porte-greffe.

  • Pour la greffe à l’anglaise compliquée (pas du tout compliquée en réalité), vous pouvez travailler à l’intérieur car elle se pratique avant la plantation du porte-greffe, lorsque celui-ci est très jeune et de même diamètre que le greffon. Les 2 sujets sont taillés de façon à pouvoir être superposés.

  • La greffe en demi-fente, moins traumatisante pour le porte-greffe que la greffe en fente, demande de réaliser une entaille sur la moitié du diamètre du porte-greffe et d’y insérer une section de rameau.

Une fois le greffon associé au porte-greffe, l’ensemble est ligaturé (excepté les yeux bien sûr) et les plaies de coupe sont mastiquées afin que le tout soit étanche à l’eau, au vent et aux pathogènes. La ligature est ôtée une fois la reprise bien amorcée, mais certains préfèrent attendre que les rameaux émis soient semi-aoûtés. Pour les greffes réalisées en fin d’été ou en automne, il vous faudra supprimer les rejets du porte-greffe qui seront émis au printemps. Le greffon va certainement émettre plusieurs pousses, vous ne garderez que la plus forte, à tuteurer de façon à ce qu’elle reste bien verticale. Elle sera par la suite le départ des branches charpentières du prunier.


Quelques astuces

  • Pour un bon taux de réussite et des pruniers en bonne santé, sélectionnez des sujets sains et vigoureux, tant pour les porte-greffes que pour les greffons.

  • Il est conseillé d’arroser régulièrement le porte-greffe et le cas échéant l’arbre donnant le greffon durant la quinzaine de jours précédant la greffe. Cela va permettre une bonne circulation de sève, toujours utile lors d’une greffe !

  • Attention aux ligatures réalisées avec un matériau non extensible (raphia par exemple), il peut se produire une strangulation. Environ un mois après la greffe, desserrez délicatement la ligature (sans l’enlever).

  • Protégez la greffe avec un tuteur pour la jeune pousse et attention aux oiseaux ! Si par accident une petite pousse est abîmée, laissez faire, les végétaux possèdent des yeux stipulaires, qui prendront sûrement la suite du bourgeon perdu.

Le greffon

Le greffon est prélevé sur des jeunes rameaux d’un an, si possible issu de branches portant de beaux fruits. Pour les greffes à œil poussant, au printemps, le greffon est prélevé durant l’hiver, au mois de janvier ou février, lorsque la végétation est encore en repos. Il est ensuite placé au frais afin de rester en dormance. Pour ce faire, il sera stocké en jauge, contre un mur placé au nord, dans du sable humide, ou encore dans un torchon humide dans une poche congélation bien fermée, au frais dans le réfrigérateur. Il ne doit pas recevoir les rayons du soleil.

Pour en savoir plus, lisez nos conseils sur la greffe du prunier.

Conclusion Le choix du porte-greffe est essentiel pour la réussite de vos greffes de pruniers. Sans même parler des éventuels problèmes de compatibilité ou de technique, un porte-greffe inadapté ne donnera jamais un bel arbre fruitier sain et vigoureux. C’est le porte-greffe qui est planté dans le sol et doit y être bien. C’est le porte-greffe qui va nourrir et abreuver l’arbre fruitier. C’est le porte-greffe qui va donner de sa vigueur ou au contraire calmer une variété trop énergique. C’est le porte-greffe encore qui va offrir une meilleure résistance aux maladies. Et c’est même grâce à lui que vos prunes seront grosses et savoureuses !