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Jardinier depuis son enfance, Cyril s’est lancé, avec sa femme, dans la création d’un potager il y a 4 ans en Ille-et-Vilaine. Aujourd'hui, il se reconnait autoproducteur et pense que cultiver ses propres fruits et légumes c'est l'avenir ! Désormais c’est ce qu’il récolte au potager et au verger qui lui dicte ses menus du jour et de la semaine. Il doit parfois se montrer créatif et audacieux !
La créativité et l’audace en cuisine
Avec une diversité de légumes récoltés, Cyril et sa femme ont appris à adapter leur cuisine aux récoltes. Chaque saison apporte son lot de découvertes et les pousse à tester de nouvelles recettes, parfois inattendues. "L’année dernière on a fait par exemple des gaufres au potiron parce qu'on avait beaucoup de potirons et d’œufs : il faut être créatif et audacieux ! " Alors qu’en général, ce sont les recettes qui dictent la liste des courses, chez l'auto producteur, c’est le potager qui inspire ses menus.
Retrouvez nos recettes pour transformer vos récoltes pour mieux les conserver.
Le secret de Cyril pour préparer une bonne terre

Pour cultiver une grande variété de légumes comme le fait Cyril, tout commence par la terre ! Riche, vivante et fertile, elle conditionne la qualité et la quantité des récoltes. Conscient de son importance, il a progressivement changé ses pratiques pour l’entretenir avec respect et intelligence. Là où d'autres bêchent en profondeur et retourne la terre du potager chaque année, Cyril préfère ménager son sol. Depuis quatre ans, il se contente de juste l’ameublir en surface : “Je prends juste un croc et je gratte sur 10-15 cm”. Cette méthode limite le tassement, préserve la microfaune, améliore la qualité du sol et allège également le travail : “Ça permet de gagner du temps en été, le fait de l'entretenir quasiment au quotidien toute l’année.”, explique-t-il.
Ces pratiques s’inscrivent dans une vision nouvelle du jardinage, plus respectueuse et moins contraignante. Il ne s’agit plus d’imposer sa volonté à la terre, mais d’observer, d’expérimenter et de travailler avec elle, dans son rythme naturel.
Apprenez en plus sur la préservation des sols en hiver avec le no dig garden !
L’hiver au potager

Comment prendre soin du potager, de la terre et des légumes encore cultivés en hiver ? Cyril protège ses plants "soit avec des feuilles, soit avec de la paille. " et privilégie les petits châssis en début de saison pour protéger les jeunes plants.
En effet, pour protéger vos légumes du froid et des gelées (les tardives du printemps ou les premières de l’automne), plusieurs solutions simples existent. Le paillage ou le buttage gardent la chaleur autour des plantes (avec du paillis ou avec de la terre selon les végétaux), tandis que les cloches ou le voile d’hivernage offrent quelques degrés supplémentaires sans bloquer ni la circulation de l’air ni la lumière. Toutefois pensez à les retirer lorsque le temps est clément pour éviter le développement de moisissures ou autres maladies cryptogamiques.
Pour les plus grandes surfaces, les tunnels d’hivernages ou serres tunnels sont idéaux. Pour en savoir plus, suivez nos conseils pour protéger les légumes du froid au potager.
Pour autant, sachez que tous les légumes ne sont pas frileux, certains sont rustiques et ne craignent pas le froid, comme les poireaux qui resteront en terre tout l’hiver et seront récoltés au fur et à mesure des besoins. Pour faciliter leur arrachage, paillez généreusement la terre qui les entoure afin qu’elle ne durcisse pas sous l’effet du gel. Et une terre qui reste meuble est parfaite pour accueillir les semis et plantations d’hiver : ciboulettes, radis, salades de printemps à semer dès janvier, fèves et pois dès mi-février.
Pour en savoir plus, suivez nos conseils sur les légumes à planter et récolter au potager en hiver.
Un cercle vertueux avec ses animaux
Avec une ânesse, deux chèvres, six poules et un coq, il s’est créé un véritable cercle vertueux : "L’ânesse fait du crottin, on le met dans le potager. (…) En fin d'année, tout ce qui est résidu de coupe, de plants de tomates qu'on arrache, on les donne à manger aux animaux. (…) Les poules, on leur donne du grain et après, elles passent leur temps à gratter la terre, et à manger tout ce qui traîne. Elles ont aussi accès au compost, elles aiment bien !" Ainsi, ses animaux lui permettent de diminuer les déchets du jardin, tout en créant un fumier riche pour les cultures du potager.
Au potager, les poules sont précieuses : leurs fientes, très riches en azote, phosphore et potassium, stimulent la croissance des légumes gourmands. Utilisées fraîches, elles demandent cependant un vrai dosage pour ne pas abîmer les plantes. Mélangées à la litière des perchoirs et du sol des poulaillers, elles se transforment en fumier de poule, un amendement idéal une fois bien décomposé. Il enrichit durablement le sol, améliore sa structure et favorise la vie biologique. Appliqué surtout à l’automne ou au printemps, il prépare la terre à des récoltes généreuses.
Pour en savoir plus, suivez nos conseils pour bien utiliser le fumier de poule comme engrais naturel !
De surcroît, une poule pondant en moyenne un œuf par jour, avec six poules Cyril doit être comblé, car l’auto producteur aime passer du temps en cuisine !
Les incontournables de la conservation
"J’ai fait des bêtises ! On a laissé pourrir des choses en croyant que ça allait se conserver, puis ça ne se conserve pas… " Faire des erreurs fait partie du parcours d’auto producteur ! Apprenant de ses faux pas, Cyril a investi, depuis, dans le matériel incontournable à une conservation réussie :
Le congélateur ! Eh oui c’est un basique. Prenez le grand, car il s’agit de la solution la plus rapide et facile. Un conseil : blanchissez les légumes avant de les mettre au congélateur, cela préserve leur texture. Pour en savoir plus, suivez nos conseils sur la congélation.
Des bocaux, indispensables pour réaliser vos conserves de légumes et de fruits, vos confitures et autres préparations.
Le stérilisateur pour préserver la saveur des aliments. Pour en savoir plus, suivez nos conseils sur la stérilisation.
Le dénoyauteur semi-automatique, un indispensable face à sa dernière récolte de 8 kilos de cerises !
Découvrez en plus avec nos 12 méthodes pour conserver les récoltes !
Comme Cyril, transformez vos piments en huile pili pili !
Dans le même esprit, testez notre recette de poivrons à l’huile.
Sa culture coup de cœur : le kiwano

Le kiwano, aussi appelé concombre cornu d’Afrique ou melon à cornes, est un fruit de la famille des Cucurbitacées. Sa chair gélatineuse et rafraîchissante, parsemée de petites graines comestibles, rappelle celle du fruit de la passion. Visuellement, sa couleur passe du vert à l’orangé et le fruit se recouvre de piques, rappelant la margose.
Ce fruit exotique pousse parfaitement avec chaleur et soleil, et sa culture s’adapte très bien à nos régions plus tempérées comme la Bretagne ou, comme le démontre Cyril, l’Ille-et-Vilaine. Cette plante grimpante, aux feuilles en forme de cœur, peut atteindre deux mètres de haut. Cultivée annuellement, elle se sème au printemps pour offrir ses fruits d’août à novembre. Elle apprécie un sol frais, des arrosages réguliers et un paillage pour limiter l’évaporation.
Ce fruit intriguant est le coup de cœur de Cyril qui raconte : "La première année qu’on a planté les kiwano, on s'est retrouvé avec plus de 4 kilos sans trop savoir comment on le mangeait ! On a fini par en faire plein de jus. " Le kiwano se mange simplement à la petite cuillère, coupé en deux. Il peut aussi enrichir salades de fruits, smoothies, jus, sorbets, gâteaux, vinaigrettes ou même plats grillés. Et le goût de ce fruit étonnant ? Quelque chose entre la banane, le melon, le concombre, l’ananas et le kiwi. Le mieux, c’est encore de le goûter vous-même, celui que vous aurez cultivé dans votre potager !
Son conseil à ceux qui veulent se lancer
Se lancer dans l’autoproduction ne demande ni grand terrain ni matériel coûteux. Comme le rappelle Cyril, "il ne faut pas forcément avoir des kilomètres carrés, un champ, un tracteur… On peut commencer avec une jardinière, un sac de terreau et deux plants de fraisiers ou de tomates cerises."
Une jardinière, un pot de fleur, un bac, un potager au balcon… suffisent pour découvrir le plaisir de voir pousser ses premières récoltes : vous pouvez cultiver des fraises sur votre balcon ou des tomates cerises dans un simple pot. L’important, c’est de se lancer et d’essayer !
Pour en savoir plus, suivez nos conseils sur le potager au balcon.
Merci Cyril !
