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Jardinage au naturel

Quand épandre la chaux et le fumier au jardin ?

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La chaux et le fumier sont, au jardin, des amendements pour le sol, c’est-à-dire qu’ils l’améliorent, le rendant plus apte à reçevoir et à nourrir des végétaux. Accessoirement, ils aident également le travail du jardinier. Etant complémentaires, il ne faut cependant pas les épandre en même temps au potager comme dans tout le jardin. Et ce même si leur période d’application idéale est l’automne. Comment et quand utiliser la chaux et le fumier au jardin ? Quels sont leurs bénéfices ? Petites explications.

À quel moment apporter chaux et fumier au jardin ? © Valeniker - stock.adobe.com

Pourquoi et quand mettre de la chaux dans un jardin ?

La chaux pour le jardin peut se trouver sous diverses formes :

  • la chaux vive, une poudre qu’il faut mélanger avec de l’eau. Pour en savoir plus, lisez nos conseils sur quand et comment répandre la chaux vive.

  • le lait de chaux, qui est de la chaux vive prête à l’emploi, donc déjà mélangée avec de l’eau ;

  • la chaux éteinte ou fleur de chaux, est une poudre résultant de la réaction complète entre de la chaux vive et de l’eau ;

  • la chaux magnésienne ou dolomitique est une chaux éteinte additionnée de magnésie. Pour en savoir plus, lisez nos conseils sur la chaux magnésienne : comment l'utiliser au potager.

Pour quels usages employer de la chaux ?

Pourquoi mettre de la chaux dans le potager et ailleurs au jardin ? L’une des principales utilisations de la chaux au jardin, notamment au potager, est pour amender le sol, pour l’améliorer.

La chaux étant du calcaire, elle va avoir comme propriété logique de rendre un sol acide un peu moins acide, au plus grand bénéfice des végétaux qui y sont plantés, sauf bien sûr les plantes acidophiles qui ne se plaisent que dans un tel milieu. Dans un sol acide, en effet, les nutriments présents sont moins disponibles pour les plantes.

Cet amendement a également pour bénéfice de favoriser la vie microbienne, avec pour résultat une décomposition plus rapide des matières organiques.

Le calcium est de plus très utile pour les végétaux, les rendant notamment moins sensibles à la sécheresse et favorisant leur développement. La chaux magnésienne peut d’ailleurs être mélangée à la terre avant la plantation de végétaux en cas de carences du sol en calcium et en magnésium (cela se produit notamment après la culture de plantes très gourmandes ou bien après des précipitations importantes).

Il est également courant de chauler un sol argileux. Très compact, celui-ci sera rendu plus meuble par le chaulage, favorisant la circulation de l’air et de l’eau et le développement des racines.


Le chaulage du sol. © Firuza - stock.adobe.com

À savoir : la chaux est à utiliser avec modération, car un excès de calcaire dans le sol n’est pas mieux qu’une carence en calcaire. Trop de calcaire peut notamment provoquer une chlorose chez les végétaux, car cet élément empêche l’absorption du fer par les racines.

En dehors de son usage comme amendement, la chaux (la chaux vive ou le lait de chaux ici) peut être employée sur un gazon envahi de mousse, celle-ci se développant en milieu acide. Ce traitement à la chaux sera utilisé ponctuellement, car il est plus judicieux, et plus durable, d’agir sur les causes du développement de cette mousse. Pour vous aider, lisez nos conseils sur l'utilisation d'un anti-mousse sur le gazon.

Elle va également être appliquée sur le tronc des arbres, fruitiers principalement, pour les protéger des parasites et autres champignons.


Quand et comment utiliser la chaux dans le jardin ?

Un apport de chaux ne suffit pas à rééquilibrer définitivement un sol, et cet apport va devoir être renouvelé régulièrement. Il est recommandé de chauler une fois tous les deux à trois ans.

À savoir : la chaux doit s’utiliser avec précaution. Portez des lunettes, un masque et des gants pour éviter lésions et irritations au niveau des muqueuses ou de la peau. Ne l'utilisez pas lorsque le vent souffle (pour les formules en poudre).

La chaux vive

L’amendement d’un sol avec de la chaux vive se réalise en automne, à raison de 80 à 400 mg par m² pour une première application.

  • Apportez 400 g / m² à un sol humifère acide.

  • Apportez 80 à 400 g / m² à un sol acide (en fonction de son pH). Vous pouvez en apporter la même dose plusieurs années d’affilée mais seulement jusqu’à ce que le pH soit redevenu correct. En entretien, vous apporterez 15 à 20 g / m² tous les deux à trois ans.

  • Apportez 150 g / m² à un sol sableux.

  • Apportez 350 g / m² à un sol argileux.

La chaux est intégrée au sol par griffage, excepté pour les sols argileux (un enfouissement de la chaux va bloquer sa dégradation).

En entretien, toujours en automne, vous apporterez 15 à 20 g / m².


La chaux magnésienne

  • Apportez 100 à 300 g / m² à un sol acide, une fois en automne et une fois au printemps.

  • Apportez 100 g / m² au potager au printemps ou à l’automne.

À savoir : vous éviterez de chauler des zones où vont se réaliser des cultures de pommes de terre, de carottes, de céleris, d’oignons, d’échalotes, d’épinards, ainsi que les massifs de plantes de terre de bruyère. Les légumes verts et les choux seront par contre heureux de cet apport bienvenu.


Quelle chaux choisir pour le potager ?

La chaux vive demande beaucoup de précautions pour sa préparation, il est plus judicieux d’utiliser une chaux prête à l’emploi ou une chaux éteinte. Mais c’est la chaux magnésienne qui est généralement préconisée pour le potager, car lorsque l’on apporte du calcium au sol, cela provoque une carence en magnésium.

Moins agressive que la chaux vive, cette chaux est appréciée par les jardiniers, y compris pour un potager bio (elle est utilisable en agriculture bio).

À savoir : faire un apport au sol d’une matière très riche en un minéral, qu’il s’agisse de calcaire, de magnésium ou même d’azote, demande au préalable d’avoir testé ce sol et de connaître ses carences pour pouvoir y remédier. Car les excès sont tout aussi nocifs pour le sol que ces carences. N’oubliez donc pas de le tester avant ces amendements puis régulièrement.


Pourquoi et quand mettre du fumier dans un jardin ?

Chaux et fumier au jardin sont des amendements courants, mais la composition du fumier en fait un amendement particulièrement bénéfique : des matières organiques humides (déjections animales) riches en azote et des matières sèches (paille, herbe…) riches en carbone se décomposent, formant un humus stable qui va améliorer la structure de celui-ci tout comme sa composition, favorisant ainsi tous les organismes qui y vivent. Un sol plus meuble, plus aéré, plus facile à travailler, plus riche et plein de vie, au grand avantage des végétaux qui y sont cultivés.


Du fumier pour le jardin. ©VisualArtStudio - stock.adobe.com

Quel fumier choisir ?

Le fumier de cheval et autres équidés est un fumier chaud et léger, c’est pourquoi il est le plus judicieux à utiliser sur les terres argileuses qui sont froides et lourdes. Ce qui ne l’empêche pas de donner de bons résultats sur d’autres types de terres. Il est de plus particulièrement bien équilibré en matières sèches et humides et assez riche en potasse sans être trop azoté (d’autres fumiers apportent plus d’azote). Par contre, il est pauvre en potasse, lui ajouter des déchets verts est conseillé pour combler ce manque. Pour aller plus loin, lisez nos conseils sur le fumier de cheval.

Le fumier de bovins est au contraire un fumier froid et lourd, qui sera parfait pour les terres sableuses, trop légères et trop chaudes en été.

Le fumier d’ovins est sec et chaud. Très riche en potasse, vous le réserverez aux légumes fruits. À ne surtout pas utiliser frais à la plantation car il brûlerait les jeunes racines. Pour aller plus loin, lisez nos conseils sur le fumier de mouton.

Le fumier de lapin est un bon fumier pour les sols légers.

Le fumier de volaille et de porc sont plutôt intégrés au compost, trop chaud pour l’un et trop froid pour l’autre, trop riche en azote et pauvre en carbone pour le fumier de volaille pour servir d’amendement. Pour aller plus loin, lisez nos conseils sur l'engrais des poules.


Comment et quand épandre le fumier ?

Le fumier s’utilise soit en vue de préparer des planches de culture, soit pour amender le sol (même s’il amende également dans le premier cas), frais ou décomposé.

  • Pour préparer des planches, vous pouvez l’épandre frais trois à quatre mois avant de faire vos plantations ou bien décomposé (un à six mois selon les cultures) au moment de planter.

  • Pour amender le sol, il est plutôt conseillé de l’épandre frais, car il va alors avoir l’avantage supplémentaire d’activer l’activité biologique du sol.

L’automne sera donc la période la plus judicieuse pour cet apport, tant pour préparer le potager aux futures cultures que pour amender le sol. Il s’étale en couche épaisse, à raison de 1 à 3 kg / m² (ne pas en épandre plus du fait de la teneur élevée en ammoniaque à cause des urines). Recouvrez-le d’une couche de feuilles sèches, de paille, de BRF… Déposez-le sur un sol grossièrement travaillé et laissez-le tel quel sur le sol, car il a besoin pour se désagréger d’organismes aérobies (qui ont besoin d’oxygène). Vous pourrez par contre griffer légèrement le sol au printemps, une fois le fumier décomposé, pour l’intégrer superficiellement avant vos plantations.

À savoir : il est important que le fumier soit bien décomposé avant son intégration au sol, même légère. En effet, tout d’abord, le risque de présence de parasites dans vos cultures sera beaucoup plus important. De plus, les bactéries qui vont le décomposer dans le sol vont consommer beaucoup d’azote pour ce travail, provoquant ce que l’on appelle une “faim d’azote”.

Le mieux est de ne pas l’intégrer du tout et de continuer à couvrir le sol avec un paillage qui protégera celui-ci tout au long de vos cultures et qui vous facilitera grandement la mise en place des plantations.

Cet apport ne sera fait tous les ans que tant que le résultat souhaité n’est pas atteint. Une fois le terrain riche, meuble, habité de vers de terre, vous pourrez stopper cet amendement.


Utilisez le fumier comme un paillage. ©VisualArtStudio - stock.adobe.com

Peut-on apporter en même temps chaux et fumier au jardin ?

Comment épandre chaux et fumier au jardin ? L'un et l'autre sont de très bons amendements pour le jardin, néanmoins ils ne s’utilisent pas en même temps. En effet, le calcaire va neutraliser l’azote apportée par le fumier, comme les autres éléments nutritifs d’ailleurs. Il est conseillé de réaliser la fumure un mois avant ou après le chaulage.

Employer la chaux et le fumier au jardin, en particulier au potager, est l’assurance d’un sol aéré et souple, plus fertile, dans lequel vos plantations s’épanouiront pour de bonnes récoltes. Néanmoins, il est important de les appliquer avec pertinence, que ce soit en matière de dosage ou de période. La chaux surtout est à utiliser avec parcimonie et à bon escient car ses effets sont plus notables que ceux du fumier, plus doux.