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Solal a 16 ans et habite dans le Var. Dans son potager, il doit composer avec la sécheresse et un sol pauvre et argileux. Pour réussir ses cultures, il mise sur des pratiques d’écojardinage et de bons apports de fumier avec l’aide de ses chèvres, ou sur des cultures adaptées à sa région et son sol comme le pois chiche !
Un potager dans le Var
Solal se destine à une carrière dans l’agronomie. Sur son terrain d’un hectare, le potager occupe une belle partie. Il doit composer avec de fortes chaleurs, des sécheresses qui durent, une terre argileuse qui se craquelle rapidement, et qui est vite lessivée et appauvrie.
Pour rendre son sol accueillant pour les cultures, il a compris qu’il devait travailler la structure de la terre et faire énormément d’apports de fumier de cheval mêlé à de la paille (de 15 cm d’épaisseur !). Et sur ces parcelles de terre, il y fait ses plus belles récoltes : “Durant le printemps-été, avec le fumier, je me rends compte qu'il y a beaucoup de vers de terre, plein d'insectes.” Il bannit l’usage du motoculteur de son père sur ces parcelles.
Il pratique aussi un arrosage raisonné. N’arrosant que lorsque que les plantes montrent des signes de soif, et apportant une grande quantité d’eau quand il le faut. Même avec 2 cuves de 2000L, s’il arrose fréquemment les légumes du potager, les cuves seront vides dès juillet-août ! "J'essaie de ne pas arroser souvent. Quand j'arrose, j'arrose beaucoup. Comme ça, l'eau descend, elle s'évapore moins et reste stockée dans le sol. Tant que les cultures ne montrent pas vraiment de signes qu'elles ont soif, je n'arrose pas forcément. Si au bout d'une semaine je vois qu'elles sont toujours bien vertes, alors je n'ai pas besoin de les arroser.”
L’avantage du climat méditerranéen est que les cultures d’été produisent encore bien, alors qu'ailleurs en France, la saison est déjà finie ! “Les tomates ou les poivrons, on les a quasiment jusqu'en novembre. Parce que souvent, les premières gelées, ça commence vers début novembre chez nous. Et les poivrons continuent de produire tant qu’il ne gèle pas.”

Miser sur l’éco-jardinage
Dans une terre ingrate comme celle de son potager, Solal doit s'adapter et adapter ses méthodes de culture. Pour ce faire, il s’appuie sur des techniques d’écojardinage comme travailler la terre à l’aide d’une grelinette. “Cet outil permet d'aérer le sol et de préparer des planches de culture tout comme le ferait la charrue ou bien le motoculteur mais l'avantage qu'il a c'est qu'il ne va pas déranger la vie du sol et ne va pas perturber les différentes couches de terre.”
Il mise aussi sur la biodiversité et l’accueil de la faune et de la flore sauvages. Volontairement, il a laissé une grande partie de son jardin en friche. Il compte aussi sur le concours de ses chèvres, pour débroussailler mais aussi pour enrichir sa terre de leur fumier !

Des cultures adaptées à sa région
Les pois chiches
Le pois chiche, c’est la spécialité de son territoire. La fête du pois chiche de Rougiers qui a lieu le 2e dimanche de septembre chaque année est incontournable ! Et pour cause, le pois chiche est une culture qui réussit très bien dans cette terre et sous ce climat. Une terre pauvre et qui ne retient pas l’eau est parfaite pour cette légumineuse. La récolte est un peu plus laborieuse pour Solal : “Je m'y mets tous les soirs. Je laisse sécher les gousses. Je mets tout sur une bâche, j'écrase avec mes pieds et après, normalement il faudrait soulever la bâche et avec le vent tous les déchets s’envolent et il ne reste que les grains de pois chiches. Moi, je les mets dans un seau que je transverse dans un autre seau. Au fur et à mesure. Ça prend beaucoup de temps parce qu'il faut extraire que les grains de pois chiches. Et ensuite je les conserve tels quels dans des bocaux.”

Les topinambours
Ce légume ancien peut devenir envahissant après une première année de récolte car il repousse chaque année à partir des tubercules oubliés en terre. Facile donc d’en récolter tous les ans, en octobre-novembre. “On les mange bouillis, un peu comme une purée.”
La rotation des cultures
La culture de pois chiches, mis à part le fait qu'elle prospère bien dans le sol de Solal a une autre utilité et pas des moindres. Elle est une culture pionnière qui prépare la terre pour d’autres cultures, plus exigeantes et moins adaptées. Cette légumineuse apporte beaucoup d’azote à la terre et l’enrichit. Ainsi la culture de pois chiche change de parcelle chaque année pour laisser la place à d’autres légumes et préparer la parcelle pour les suivants. “Comme le sol était pauvre, justement, j'ai mis les pois chiches et l'année prochaine je mettrai une autre culture parce que je sais que les pois chiches apportent beaucoup d'azote. Ça permet aussi de les déplacer d'année en année pour que ça enrichisse la culture qui va arriver derrière.”
Son conseil à ceux qui veulent tenter l'aventure de l'autoproduction
“Bien se renseigner pour bien commencer et ne pas abandonner.” Solal encourage tous ceux qui veulent commencer un potager à ne pas rester sur un échec. Car même si les premières années peuvent être décevantes parce que les récoltes ne sont pas à la hauteur de nos espérances, il faut persévérer, se documenter et acquérir, au fil des années, connaissances, expériences et techniques !
Merci Solal !
