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Jardinage au naturel

Comment utiliser la paille au potager ?

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La paille est un matériau très utilisé dans le secteur du jardinage car elle est très facile à trouver et à utiliser. Elle constitue même une base pour faire pousser certaines cultures. Utiliser la paille au potager notamment présente de très nombreux avantages, que ce soit pour le sol, pour la biodiversité ou pour vos cultures. Voici quelques conseils pour savoir comment et quand pailler votre sol.

 

Comment et quand mettre de la paille au potager ?

Pourquoi mettre de la paille dans le potager ?

Paille et foin sont 2 matières d’origine agricole, souvent confondus par les non-agriculteurs. Le foin est simplement de l’herbe séchée, provenant généralement de prairies semées pour le fourrage des animaux. Ce que l’on appelle la paille est le chaume de certaines céréales (avoine, blés, maïs, orge, seigle, sorgho, riz), c’est-à-dire leur tige. Celle-ci est coupée en même temps que l’épi.

  • La première utilité de la paille est de protéger efficacement les cultures contre le froid. Elle est en effet un très bon isolant, traditionnellement utilisé dans la construction. Dans les régions où les hivers sont vraiment rudes, elle sert à pailler les pieds des plantes et des arbres pour leur offrir une bonne couverture de végétation.

  • Elle protège le sol du soleil et de la chaleur, limitant ainsi l’évaporation des eaux d’arrosage ou de pluie et l’assèchement dû au vent.

  • Elle forme ainsi une couverture protectrice fort utile pour les organismes vivant dans le sol, y compris les végétaux que vous cultivez, qui seront moins agressés par les aléas climatiques tels que le vent, le gel, les fortes chaleurs.

  • Un autre avantage important du paillage est qu’il évite que se forme une croûte imperméable sur le sol lorsqu’il est nu, croûte provoquée par les précipitations.

  • La paille est un abri attractif pour de nombreux auxiliaires du jardin, qui seront ainsi présents pour défendre vos cultures des ravageurs et empêcher leur prolifération.

  • Elle peut également servir pour le potager afin que les fruits et les légumes ne soient pas en contact direct avec la terre et restent ainsi bien propres. Cela leur évite également la pourriture lorsque le temps est humide.

  • Elle isole de la lumière les jeunes pousses des herbes adventices, les empêchant de se développer. Ce n’est cependant pas une couverture suffisante pour les plantes vivaces, seulement pour les annuelles plus fragiles.

  • La paille est un amendement. En se décomposant, elle libère des éléments nutritifs qui viendront enrichir le sol.

  • Il s’agit d’une matière sèche, elle ne risque pas de se compacter ni d’entrer en fermentation comme peuvent le faire d’autres matières utilisées pour le paillage.

  • La paille peut être très facile à trouver pour tous ceux qui vivent à la campagne et son coût est très peu élevé.

Question : de la paille ou du foin en paillage au potager ? Le foin étant de l’herbe, il contient beaucoup d’azote et peu de carbone, au contraire de la paille. Sa décomposition va donc être bien plus rapide. Sa valeur nutritive dépend du type d’herbe utilisée, ce sont le plus souvent des graminées mais on y trouve également des légumineuses. Il peut renfermer beaucoup de graines, selon le moment où l’herbe a été fauchée. Le foin peut tout à fait remplacer la paille comme paillage, rôle dans lequel il aura d’autres avantages que la paille.


Comment pailler son jardin potager avec de la paille ?

Pour quelles cultures ?

Vous pourrez utiliser la paille un peu partout au potager, pour pailler les fraises, toutes les courges, les tomates, les haricots, les pois… Évitez par contre de pailler les alliacées. Les bulbes des aulx, échalotes, oignons et autres ciboules n’apprécient que fort peu l’humidité.

Découvrez aussi notre article : Les meilleurs paillis pour tomates


De nombreux légumes du potager apprécient la paille à leur pied

Il est conseillé que la paille soit “à demeure” sur tout sol nu, pour protéger celui-ci, et cela ne vous empêche absolument pas de semer. Dans le cas de fines graines, vous écarterez la paille lors du semis et vous remettrez seulement une petite épaisseur, la couverture épaisse ne sera remise que lorsque les jeunes plants seront assez grands. Dans le cas des grosses graines, vous pouvez remettre la paille immédiatement car la tige qui en sort est suffisamment robuste pour passer au travers de cette couverture végétale.

En résumé, plus la graine est grosse, plus la couverture pourra rester épaisse.

Pour aller plus loin, regardez notre article : Paillage : pourquoi et comment le réaliser ?

Quelle paille utiliser ?

Quelle paille choisir pour le potager, sont-elles toutes adaptées ?

  • Les différentes pailles peuvent être creuses pour l’orge et l’avoine, pleines (de moelle) pour le blé dur, le maïs ou le sorgho. Le blé d’hiver peut être plus ou moins creux selon les variétés. Pour utiliser la paille comme isolant, choisissez de la paille creuse, en hiver comme en été, car c’est l’air qui va rendre l’isolation efficace.

  • Certaines d’entre elles ont des effets allélopathiques sur les autres végétaux, ce qui signifie qu’elles diffusent des substances qui ont une influence, positive ou négative, sur les autres plantes. La paille d’avoine (la variété cultivée) par exemple inhibe la croissance du plantain, ce qui est plutôt bien si vous en avez dans votre jardin, mais aussi de la tomate. Vous éviterez donc de pailler le pied de cette dernière avec de l’avoine. Le seigle, lui, inhibe la croissance des amarantes et du pourpier.

Pour aller plus loin, découvrez notre article : Quel paillage pour quelles plantes ?

  • Il est préférable d’utiliser de la paille bio pour le potager. Il n’est cependant pas toujours facile de trouver de la paille issue d’exploitations bio ou raisonnées. Pour éliminer les éventuels résidus d’engrais et autres produits, vous pouvez la stocker en dehors du potager un petit moment, les pluies se chargeront de la rincer et elle commencera à se dégrader un peu, ce qui est une bonne chose puisqu’elle sera plus rapidement décomposée dans le sol et qu’elle consommera moins d’azote pour le faire.

À savoir : pensez à demander à votre fournisseur de paille s’il utilise un anti-germinatif dans ses champs de céréales, cela pourrait fortement perturber la croissance de vos propres cultures.

Comment et quand pailler son potager ?

Quelle quantité de paille pour pailler le potager, à quel moment faut-il mettre en place cette couverture ?

La paille pour le potager en hiver sera déposée en couche épaisse au cours de l’automne, 15 à 20 cm, sur les planches vides comme au pied des cultures hivernales ou des légumes vivaces dont les parties aériennes ont disparu. En protection des plantes, vous ferez un large cercle autour du pied. Pour protéger du vent la paille utilisée au potager, vous pourrez poser dessus des branchages ou un filet maintenu par des pierres.


Mettre de la paille au potager en hiver

Au printemps, il est souvent recommandé de repousser le paillage afin de laisser le sol se réchauffer. Selon vos conditions climatiques, vous pourrez seulement diminuer l’épaisseur ou la retirer totalement, lorsque le soleil sera de la partie.

La paille pour protéger les légumes en été doit être en couche très épaisse. Avec 20 cm d'épaisseur, vous êtes assuré de garder une fraîcheur importante au pied de vos légumes et d’économiser la plupart des arrosages de l’été.

Selon la durée de couverture, vous ajouterez progressivement de la paille car la couche s’affinera à mesure que ce matériau sera digéré.

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Paillage et faim d’azote

Tous les petits organismes décomposeurs (insectes, vers de terre, bactéries, champignons) consomment le carbone et l’azote présents dans les matières consommées, le carbone étant une source d’énergie tandis que l’azote leur est nécessaire pour synthétiser leurs protéines. Mais ils ont une préférence marquée pour le carbone puisqu’il leur faut seulement 1 unité d’azote pour absorber 25 unités de carbone.

La paille est une matière sèche riche en carbone. Son rapport C/N est entre 50 et 150, selon la paille : la paille d’avoine est à 50, 65 pour la paille de seigle, 150 pour la paille de blé. C’est quoi le rapport C/N ? Eh bien c’est tout simplement l’indice de carbone d’une matière organique, et plus il est élevé, plus cette matière est riche en carbone et pauvre en azote. La paille de blé présente 150 unités de carbone pour 1 unité d’azote. Il manque donc 4 unités d’azote pour la décomposition de celle-ci.

On considère qu’au-dessus d’un C/N de 20, la décomposition ralentit car l’azote n’est pas en quantité suffisante.

Cette richesse en carbone implique donc qu’il va falloir apporter de l’azote pour aider les organismes à décomposer la paille. Sinon, c’est dans le sol qu’ils iront le chercher. C’est peu problématique en automne, puisque les plantations sont plus rares et que ce n’est pas une période de croissance pour les plantes. Ça l’est beaucoup plus au printemps.

Donc paille au sol au printemps = apport d’engrais azoté ou matières riches en azote, type déchets de tonte, purin d’ortie, urine, pour éviter cette faim d’azote et des végétaux carencés qui montrent des feuilles jaunes et ont un développement faiblard.

La forte teneur en carbone de la paille ne doit cependant pas être considérée comme un désavantage, au contraire. Elle entraîne une décomposition (minéralisation) bien plus lente, mais l’humus qui en résultera sera plus stable.


La paille comme support de culture

Différentes cultures utilisent également la paille pour pousser, notamment celle de la pomme de terre ou encore celle dite de la « culture en botte de paille », très répandue aux Etats-Unis. Les bottes de paille sont utilisées comme support pour réaliser des cultures hors sol.

  • Un potager sur ballots de paille comme aux États-Unis : les bottes sont préalablement humidifiées par des arrosages agrémentés d’engrais organique, puis recouvertes d’une fine couche de compost. Elles sont ensuite bâchées une dizaine de jours pour que la décomposition débute grâce à la montée en température. Une fois la bâche ôtée, les plants sont installés dans du terreau tout simplement déposé dans des creux de paille. Il faut ensuite arroser s’il ne pleut pas et continuer à apporter de l’engrais. S’il pleut en revanche, les bottes vont se gorger d’eau, comme des éponges, et pourront fournir plus tard de l’eau aux cultures lorsqu’il fera de nouveau sec. Cette méthode peut convenir aux tomates (leur tuteur peut être planté directement dans la paille), courges, poivrons, fèves, notamment, à éviter par contre pour les légumes racines.

  • Les pommes de terre sous paillis de paille : les plants sont tout simplement posés sur un sol préalablement ameubli, puis recouverts de paille. La couverture sera de plus en plus épaisse, en remplacement du traditionnel buttage qui met les pommes de terre à l’abri de la lumière. Accessoirement, la couverture de paille évite le désherbage.

  • Autre modèle pour utiliser la paille au potager, notamment en permaculture : les cultures en lasagne avec coffrage en bottes de paille. Alternez couches de paille et couches de tonte d’herbe et finissez par une couche de compost. Entourez le tout de bottes de paille, ce coffrage servant à isoler la lasagne. Le substrat restera ainsi bien plus frais (il a tendance à sécher rapidement avec la méthode des lasagnes).

Pour aller plus loin, lisez notre article : Planter les pommes de terre sous paillis


La paille pour cultiver les pommes de terre

Faire pousser sa propre paille, c’est possible !

Pour réaliser une couverture épaisse et ce tout au long de l’année, la quantité de paille à obtenir peut être assez importante, selon la taille de votre potager/jardin. Si celui-ci est assez grand, pourquoi ne pas la faire pousser vous-même ? D’autant plus que ces végétaux qui donnent de la paille sont également de bons engrais verts, le double effet de la méthode !


Le seigle

Non gélif, un chevelu extraordinaire parmi les plus étendu des céréales, peu sensible aux maladies, un semis qui peut être très tardif, le seigle a beaucoup d’avantages. Il affiche surtout une tige de près de 2 m de haut, très robuste et très riche en carbone. Un semis de seigle courant septembre (jusqu’à novembre) réalisé bien dense va fournir au printemps une importante quantité de paille pour votre potager.

La densité de semis est de 2 à 8 g par m2. Vous aurez au préalable décompacté légèrement le sol et réalisé un apport de compost bien mûr. Comme son développement sera surtout vigoureux au printemps, vous pouvez tout à fait le semer au milieu d’autres cultures en place en toute fin d’été.


Le sorgho

Une teneur en carbone très importante, une résistance à la chaleur et à la sécheresse, une racine pivotante puissante, un grand pouvoir de désherbage et un développement important dans les régions du sud, le sorgho gagne à être connu. Accessoirement, sa graine séchée est très intéressante comme aliment et il est parfait pour servir de tuteur à tous les légumes d’été qui en ont besoin. Ce dernier point étant intéressant pour les plus petits espaces où il est difficile de rendre disponible une zone pour cultiver une céréale.

Vous sèmerez le sorgho au mois de mai à l’abri ou en juin en terre, pour un fauchage à l’automne.

La paille constitue donc un matériau utile au potager et est en plus très économique. Il est possible de s’en procurer très facilement pour répondre au mieux à ses besoins, dès lors que l’on habite à la campagne ou même en zone péri-urbaine. Et mieux encore, vous pouvez la produire vous-même !