Aller au contenu

Nettoyer son jardin : Jusqu'à -60% ! J'en profite

Conseils jardinage et plantes

Comment utiliser le purin d'ortie sur les tomates ?

Partager

Utiliser le purin d’ortie pour les tomates est un atout. L’ortie, longtemps considérée soit comme plante magique, soit au contraire mal aimée, révèle en réalité de multiples bienfaits dans de nombreux domaines. Excellente pour la santé, délicieuse en cuisine, elle donne également le meilleur d’elle-même au jardin sous forme de purin d’ortie, préparation fermentée très réputée bien qu’interdite jusqu’à récemment. Reconnu aujourd’hui comme biostimulant, le purin d’ortie peut enfin exprimer toutes ses capacités. Riche de minéraux et nutriments essentiels, il fertilise et protège vos plantations des maladies cryptogamiques. Il est utilisé de diverses manières, pulvérisé, en arrosages, ou encore par trempage. Parmi tant d’autres, la tomate est un fruit qui va bénéficier de l’extrait fermenté d’ortie, autre dénomination du purin. Et comme si ça n’était pas suffisant, il peut aussi activer votre compost ou vous débarrasser des herbes indésirables !

Comment utiliser le purin d'ortie sur les tomates ?

Le purin d'ortie pour les tomates

Planter et entretenir les tomates

Le semis des tomates peut être réalisé à partir du mois de février mars en environnement chauffé pour une plantation après les saints de glace. On compte environ 2 mois entre le semis et la mise en place. Les tomates étant des plantes très frileuses, ne tentez pas de les planter en avance, elles végèteraient voire s’affaibliraient si les températures ne leur convenaient pas. Ces jeunes plants étant bien protégés des conditions externes depuis leur levée, il est conseillé de les endurcir avant la plantation, en leur faisant passer les journées à l’extérieur. Les tomates se plantent dans un sol bien ameubli, bien drainé et riche en humus. Elles nécessitent beaucoup de soleil et d’être abritées du vent. Placer les tuteurs avant vos jeunes plants permet d’éviter de blesser le système racinaire. Espacez correctement vos plants afin que l’air puisse circuler entre eux, 50 voire 80 cm entre chaque plant. Vous aiderez vos tomates à bien se nourrir en plantant les jeunes plants profondément, au niveau des premières feuilles. Le système racinaire sera ainsi très développé, multipliant l'accès aux nutriments. L’arrosage de la tomate doit être abondant mais peu fréquent, une fois par semaine suffit. Il se fait toujours au pied bien sûr, et pour que les feuilles les plus basses ne trempent pas dans l’eau, supprimez-les dès le départ. Comptez environ 3 litres d’eau par pied. Pensez à supprimer régulièrement les gourmands et à pincer l’extrémité des pieds lorsqu’ils atteignent le haut des tuteurs.


Le purin d’ortie

Composition

L'extrait fermenté d’ortie est extrêmement riche, notamment en azote mais également en oligo-éléments, vitamines et divers minéraux : calcium, potassium, phosphore, magnésium, fer, silice, …. Il contient aussi des composés organiques comme des protéines, bactéries, enzymes, ferments.


Composants

Concentrations en ppm (partie par milions)

NO3 - Azote nitrique

5

NH4 - Azote ammoniacal

240

Acides aminées et protéinées - Azote organique

350

Total Azote

595

Phosphate

20

Potassium

630

Calcium

730

Magnésium

80

Sulfate

 

Fer

 


Cette richesse provient de la grande capacité de l’ortie à puiser dans le sol de nombreux nutriments. Une fois transformée, elle restitue aux végétaux ces éléments nutritifs qui sont à ce moment là totalement assimilables. L’azote organique, lui, qui représente une grande part de l’extrait fermenté, doit être minéralisé par les bactéries et la faune du sol pour pouvoir par la suite être assimilé par les plantes sous forme de nitrate.

Utiliser le purin d’ortie sur les tomates revient à apporter à la fois une fertilisation aux plants et un amendement au sol. En effet, les éléments nutritifs dont il est composé ont de multiples qualités :

- Stimulation de la croissance du système aérien et racinaire des tomates : au cours de leur développement, les éléments les plus absorbés sont l’azote et le potassium. Dopées dans leur croissance, les tomates seront prêtes à fleurir, et donc à fructifier, plus rapidement. Cela se révèle particulièrement avantageux dans les régions les plus au nord, où l’été plus court prive souvent d’une partie de la production arrivée trop tard.

  • L’azote en particulier qui favorise le développement du feuillage et des tiges.

  • Le potassium qui a un grand rôle dans le processus de photosynthèse et dans la fabrication des sucres ainsi que leur transport et leur stockage.

  • Le phosphore qui est important pour la constitution du système racinaire, la croissance des végétaux, la résistance à la sécheresse.

  • Le calcium qui permet la construction des parois cellulaires.

- Amélioration du processus de photosynthèse et activateur de la fonction chlorophyllienne : la chlorophylle est une protéine, et c’est l’azote qui est le principal constituant des protéines. Ce pigment va capter la lumière afin qu’elle soit ensuite transformée en énergie chimique : c’est le processus de la photosynthèse.

- Régénération de la vie bactérienne du sol : le purin d’ortie est également pourvoyeur de bactéries et autres micro-organismes. La décomposition des matières organiques se fait mieux dans un sol très vivant, et les échanges entre le sol et les végétaux y sont facilités. Les tomates ont donc plus rapidement à disposition les nutriments dont elles ont besoin.

À savoir : l’extrait fermenté étant particulièrement chargé en azote, c’est seulement au début de la croissance qu’il est utilisé, afin d’aider à la formation du feuillage. Il n’y en aura pas besoin, ou très peu, si le sol a été enrichi auparavant grâce à des apports de fumier ou de compost. Une fois les plants bien démarrés, les apports seront stoppés pour éviter de favoriser le feuillage par rapport à la fructification. De plus, trop d’azote pourrait inhiber la croissance et diminue le goût des tomates. Cet excès défavorise également leur conservation. Les tomates seront ensuite aidées grâce à du purin de consoude qui a pour rôle de favoriser la floraison et la mise à fruit.


Fabriquer son purin d’ortie

L’ortie se trouve facilement dans les campagnes, le long des chemins, dans les friches. Mais le mieux est encore d’en disposer dans son jardin, d’autant qu’elle a toute sa place dans un environnement qui fait la part belle à la biodiversité. Elle y est une plante-hôte privilégiée pour de nombreux insectes. Elle a aussi la capacité de dépolluer les sols trop chargés en minéraux ou en calcaire, on dit d’elle que c’est une plante nitrophyte. Elle peut être semée à l’automne ou au printemps sur un sol riche en azote, bien ameubli.

Le matériel

  • Un contenant non métallique de 10 litres ou plus (un récipient plus grand vous facilitera le brassage quotidien) : plastique, verre, … En effet, en fermentant, le liquide provoquerait l’oxydation du métal. Un contenant identique (qui servira pour la filtration)

  • 2 bidons de 5 litres ou autres contenants toujours non métalliques, de préférence opaques

  • Des gants

  • Un sécateur

  • Un entonnoir

  • Un grand tissu ou torchon et un lien, ou bien un tamis

  • Une balance 10 litres d’eau, idéalement de l’eau de pluie. Évitez une eau calcaire qui rendrait plus difficile l'absorption du mélange par les stomates des végétaux. Si vous ne pouvez utiliser que de l’eau du robinet, ajoutez du vinaigre pour modifier le pH (8 cl pour 9 litres d’eau). Avant utilisation, laissez reposer l’eau 24 heures au moins pour laisser le chlore s’évaporer. L’eau doit être à température ambiante, et pas en-dessous de 15°.

  • 1 kg d’ortie fraîche (cette proportion doit être respectée mais bien sur la quantité réalisée doit être en fonction de vos besoins) ou 100 g d’ortie sèche. Ramassez-la plutôt au printemps, en avril mai, lorsque elle est jeune et pas encore fleurie. Plus tard, vous risqueriez de vous retrouver avec des graines dans votre produit que vous dissémineriez dans tout votre jardin !

La recette

  1. Coupez l’ortie en petits morceaux afin d’accélérer la fermentation. Plus l’ortie est taillé menu, mieux et plus vite elle pourra restituer les éléments qui composent la préparation. Vous pouvez ajoutez des morceaux de racines, cela ne rendra le mélange que plus efficace. Mettez le tout dans le plus grand contenant. Pour éviter d’avoir à filtrer ensuite, placez les orties dans un filet ou un vieux collant. Si vous souhaitez réaliser de plus grandes quantités, une petite astuce : étalez vos orties au sol et faites un voire plusieurs passages avec la tondeuse !

  2. Versez 10 litres d’eau de pluie ou de source sur les orties, remuez puis couvrez avec le tissu. Gardez votre préparation à l’ombre et veillez à ce qu’elle ne puisse pas recevoir de la pluie. Et trouvez lui si possible un emplacement éloigné de votre habitation, si une odeur s’en dégage, celle-ci n’est pas très agréable !

  3. Remuez votre mélange une fois par jour au moins. La fermentation dure entre 4 jours et 3 semaines, en fonction de la température. Plus il fait chaud, plus la fermentation est rapide et inversement. Et en dessous de 10°, la fermentation stoppe. Quant aux températures élevées, elles sont préjudiciables à la qualité du produit.

  4. Lorsque le mélange ne fait plus de bulle, la fermentation est terminée. Il faut alors le filtrer : fixez le tissu sur le contenant vide et versez doucement la préparation. L’opération peut être longue car les résidus végétaux ont une texture boueuse et vont rapidement colmater le tissu qu’il faudra rincer plusieurs fois.

  5. Versez ensuite le mélange filtré dans les bidons.

  6. Jetez les résidus dans votre compost ça lui fera beaucoup de bien. En effet, l’ortie est également un activateur de compost, en favorisant la maturation !


Purin d'orties

Bien réalisé, l’extrait fermenté d’ortie doit afficher un pH de 6 à 6,5. Placé à l’abri de la lumière et de la chaleur (idéalement 12°), vous pourrez conserver la préparation 12 mois au moins. Prenez la précaution, à chaque utilisation, de verser le reste dans un contenant plus petit afin qu’il y ait le moins d’air possible. Il arrive qu’un purin continue à fermenter, si c’est le cas le bidon va gonfler et il faudra régulièrement l’ouvrir pour le vider de son gaz. Le purin d’ortie peut aussi être employé non filtré, par contre il se garde peu de temps, quelques jours à peine.

Si toute cette préparation n’est pas possible à réaliser pour vous ou que vos besoins sont peu importants, sachez qu’il existe des purins d’ortie (et autres plantes) dans toutes les jardineries, qui s’utilisent directement une fois dilués dans de l’eau suivant les recommandations du fabriquant.

L’ortie peut également être la base d’autres préparations :

  • L’infusion consiste à mettre 1 kg de feuilles d’ortie dans 10 litres d’eau froide. Portez le mélange à ébullition puis laissez refroidir avant de passer à la filtration. Elle s’utilise diluée à 10%.

  • Pour la macération, il faut mettre les feuilles dans de l’eau froide durant une vingtaine d’heures puis filtrer et utiliser immédiatement.

  • La décoction est un trempage des feuilles suivi d’une ébullition de 30 minutes. Une fois le mélange froid, il est filtré et utilisé sans attendre.

Le purin d'ortie sur les tomates cerises

Très facile à cultiver, la tomate cerise peut même être installée en pot sur un balcon. Elle se plaît dans n’importe quel sol à condition qu’il soit bien drainé, mais comme son aînée elle a besoin de beaucoup de soleil et d’être à l’abri du vent. Installez les plants à distance les uns des autres, environ 50 cm et 70 cm entre les rangs. Les tuteurs sont placés avant la plantation afin de ne pas blesser les racines. Les périodes de semis et de plantation ne diffèrent pas de la tomate classique : semées au chaud en mars elles seront mises en terre environ 2 mois plus tard. En pot, sélectionnez une assez grande contenance, 20 à 30 cm de diamètre et jusqu’à 50 cm de profondeur pour les variétés non naines. N’oubliez surtout pas la couche de drainage au fond du pot. En pleine terre, les tomates-cerises s’arrosent copieusement une fois par semaine et seront paillées pour garder le sol frais. En pot par contre, il est important de veiller à ce que le substrat ne sèche jamais totalement. Ces petites tomates ont autant de besoins que les autres légumes-fruit en terme de nutrition. Par contre les variétés sont souvent résistantes aux maladies, particulièrement chez les tomates-cerises naines. Pour autant, des apports de purin d’ortie sur les tomates cerises après un repiquage, une taille de gourmands ou un stress externe (grêle, sécheresse, …) donnera à vos pieds les ressources nécessaires pour retrouver leur vitalité.


L’utilisation du purin d'ortie pour les tomates

L’arrosage au purin d’ortie stimule les racines tandis que les pulvérisations foliaires favorisent le feuillage, il est conseillé d’alterner l’un et l’autre les premières semaines après la plantation.


La dilution du purin d'ortie pour les tomates

Une fois fermentée, la préparation est très concentrée et s’utilisera rarement pure, plutôt diluée dans de l’eau de pluie (en tout les cas non calcaire et non chlorée). La dilution est différente selon l’utilisation que vous allez en faire :

  • Pour des pulvérisations, vous utiliserez entre 2 et 5%, soit pour 5 litres : 250 ml d’extrait pour 4.75 litres d’eau.

  • Pour les arrosages il faut 10%, soit pour 10 litres : 1 litre d’extrait pour 9 litres d’eau.

  • En cas d’arrosage au goutte-à-goutte, la dose est de 1 à 3% au maximum.

  • Pour les trempages, la dilution est à 20%, soit pour 2.5 litres : 500 ml d’extrait pour 2 litres d’eau.

  • Lors d’un mélange de 2 purins (consoude, prêle), divisez la dose par 2 et complétez avec l’autre purin de plante.

Attention : Il est préférable de sous-doser plutôt que l’inverse, ces préparations sont très riches et peuvent facilement brûler la plante en cas de surdosage.


La pulvérisation du purin d'ortie pour les tomates

Pulvériser du purin d'ortie sur les feuilles des tomates favorise les défenses immunitaires de la plante et lui permet donc de mieux se défendre contre les bio agresseurs.

  • Le mélange se pulvérise en quantité, le feuillage des tomates doit être bien mouillé. Par contre, attendez quinze jours pour commencer à pulvériser les plantules, fragiles elles courent le risque d’être abîmées par la préparation.

  • Ne pulvérisez pas cette préparation en pleine journée ensoleillée, préférez tôt le matin ou le soir. S’il risque de pleuvoir, remettez votre pulvérisation à plus tard, le mélange serait lessivé. Lorsque les températures sont trop basses, la pulvérisation est également inutile car les plantes absorbent moins dans ce cas.

  • Le taux d’hygrométrie est également important : les stomates des végétaux s’ouvrent à partir de 30% d’humidité et ont un taux d’absorption bien moindre au-dessus de 70%. La pulvérisation de vos pieds de tomates en dehors de ces limites sont donc inefficaces.

Le trempage au purin d’ortie pour les tomates

  • Avant d’installer les jeunes plants, ajoutez de l’extrait d’ortie dans l’eau (avec une dilution de 20%) et placez-y vos terrines durant une vingtaine de minutes.

  • Faites tremper vos graines de tomates dans du purin afin de les protéger de la fonte des semis. Il s’agit d’un champignon qui va s’attaquer aux fines tiges des petits plants et les faire s’effondrer.

La fréquence d’arrosage du purin d'ortie sur les tomates

C’est au printemps que l’on arrose les jeunes plants de tomate avec l’extrait fermenté d’ortie, afin d’en favoriser la croissance. Évitez par contre les excès, trop d’azote peut avoir des conséquences négatives sur vos plantations :

  • L’azote, en favorisant le feuillage, le rend plus tendre, ce qui est une aubaine pour de nombreux ravageurs.

  • La dilution pourrait brûler les jeunes plants si elle était trop chargée en purin ou si les arrosages étaient trop fréquents.

On conseille généralement une fréquence d’arrosage de 2 fois par mois, seulement le premier mois après la plantation. Il est préférable de poursuivre avec du purin de consoude qui sera plus intéressant pour les fruits grâce à sa richesse en bore, potassium et phosphore. Dans tous les cas, stoppez lorsqu’arrive la floraison. N’arrosez pas avec du purin d’ortie des plantes qui ont très soif. Si vous ne pouvez pas attendre pour l’application, réalisez au préalable un arrosage copieux avec uniquement de l’eau avant d’utiliser le purin. Le purin d’ortie peut être épandu avant les plantations. Il sera dans ce cas dilué à 20%.


Le purin d'ortie comme traitement sur les tomates

Utiliser du purin d’ortie pour traiter ou fertiliser ses plantations, ou toute préparation à base de plante d’ailleurs, est très avantageux. Ces mélanges sont en effet totalement biodégradables, ils ne peuvent donc pas nuire à l’environnement.


Le purin d'ortie comme engrais pour tomates

L’extrait fermenté d’ortie va être employé comme un phyto-stimulant pour les plants, encourageant leur croissance et leur précocité. Engrais fort efficace pour les tomates à condition d’être utilisé à bon escient, il se montre utile dans plusieurs cas :

  • On utilise couramment du terreau de plantation pour les semis de tomates, et c’est tout à fait judicieux. Cependant, les jeunes plants vont passer de nombreuses semaines dans ce terreau qui va finir par s’appauvrir. Ils risquent alors de commencer à jaunir et leur croissance va ralentir. Cette préparation végétale en arrosage va leur apporter de nombreux nutriments qui leur permettront de continuer à se développer harmonieusement.

  • Ce légume fruit est une plante très gourmande tout au long de sa croissance. À la plantation, c’est en azote et en potassium qu’elle a le plus de besoins. Cet engrais végétal est à ce moment là un allié précieux.

  • Les plants de tomates les plus faibles bénéficieront également de la richesse en azote de l’extrait. Si vous voyez dans vos rangs des pieds chétifs au feuillage jaunissant, apportez leur quelques arrosages du mélange dilué. Cessez dès qu’ils auront repris de la vigueur.

  • Repiquage, taille etc sont des moments de stress pour les végétaux. L’engrais végétal va aider vos plantations à surmonter ce stress.

  • Après le repiquage des plants, les arroser au purin d’ortie permet une reprise plus rapide.

À savoir : Lors d’attaques de pathogènes ou de ravageurs, les végétaux utilisent leurs sucres (énergie) pour se défendre. Une fois le danger écarté, la plante a besoin de reconstituer ses réserves, le purin d’ortie va l’y aider car elle en contient. C’est pourquoi d’ailleurs ce traitement est déconseillé lorsque l’attaque est en cours, car ce sont les agresseurs qui utiliseraient ces glucides.

Astuce : Pour optimiser cet extrait fermenté dans le but de fertiliser, il est tout indiqué de le mélanger à du purin de prêle lors du repiquage, et à du purin de consoude (pour sa richesse en potassium important pour le développement des plants ) après la plantation jusqu’à la mise à fleur.


Le purin d'ortie contre le mildiou des tomates

En stimulant la défense immunitaire des végétaux, le purin d’ortie les aide à lutter contre les attaques des agents pathogènes, on dit que c’est un éliciteur : “une substance qui a la capacité de stimuler les mécanismes de défense naturelle”. Cet extrait fermenté contient en effet certaines substances qui vont encourager la production de molécules antibiotiques, notamment des phytoalexines et des phytolectines. La plante va donc devenir moins sensible aux bactéries et aux champignons. Les pulvérisations sur le feuillage des tomates sont utiles pour prévenir une maladie cryptogamique assez courante, le mildiou. Celui-ci est dû à un champignon, le Phytophthora infestans. Comme tous les champignons, c’est en milieu chaud et humide qu’il aime à se développer, faisant pourrir les feuilles et les tiges mais aussi les fruits des plants. Il est important de repérer dès les premiers signes l’arrivée du mildiou : c’est souvent par le bord des feuilles que le champignon attaque, provoquant des marques brunes. Les tiges se tâchent elles aussi de brun. Dès l’apparition de ces signes, supprimez les feuilles atteintes (surtout ne les mettez pas au compost, préférez les stocker dans une zone écartée pour nourrir vos limaces ! ). Par contre, si vous voyez ces marques sur les fruits, il est préférable d’arracher le plant avant que ses voisins ne soient eux aussi infectés. C’est donc en prévention que le purin d’ortie s’utilise, et non en curatif.

L’extrait fermenté d’ortie peut être associé à du purin de prêle, reconnu pour ses propriétés antifongiques. La prêle est riche en silice, elle renforce les défenses des plantes contre toutes les maladies cryptogamiques : oïdium, fusariose, alternariose, pourriture grise, “cul noir”. Il sera à ce moment là pulvérisé une fois par mois, deux fois par semaine si le temps est humide. Au-delà, l’apport en acides aminés et trop important et va surcharger la plante qui va attirer de nombreux ravageurs.

Astuces contre le mildiou : Évitez les attaques de ce champignon en installant vos plants de tomates au soleil et dans une zone bien aérée. Elles n’apprécient pas les sols trop argileux qui retiennent l’eau. À la plantation, les pieds seront espacés de 50 cm à 70 cm, voire plus dans les régions pluvieuses, afin que lors des épisodes humides le feuillage puisse sécher plus rapidement. Un paillage au pied protégera feuilles et fruits de l’humidité du sol. Respectez la rotation des cultures, qui casse le cycle de développement des pathogènes. Arrosez au pied des végétaux, sans toucher les feuilles et si vous pouvez réalisez un petit toit au-dessus de vos plants qui les protégera des pluies. Un dernier point d’attention, lors de la suppression des gourmands, agissez à des moments secs et chauds.


Autres utilisations du purin d’ortie pour la tomate

  • Il peut arriver que les fruits souffrent de nécrose apicale (le fameux “cul noir”). Bien que les causes puissent être variées, l’une d’elles est une carence en calcium. L’ortie étant riche de ce minéral (630 mg/100 g), une petite cure de purin peut être bénéfique.

  • Les graines trempées dans du purin non dilué ont de plus importantes facultés de germination et d’enracinement. Elles vont donc lever plus vite et de manière plus régulière.

  • La teneur en fer des orties rend l’extrait fermenté utile pour traiter la chlorose ferrique, cette carence qui peut toucher les végétaux. Elle provient fréquemment d’un défaut d’assimilation du fer dû à un excès de calcaire dans le sol. On la repère facilement grâce à la couleur jaune que prennent les feuilles, ne gardant que les nervures bien vertes. Du purin d’ortie en pulvérisations, dilué à 5% sur les feuilles, ou bien en arrosages, va apporter du fer aux pieds des tomates et les soulager de cette carence. Pour autant, il ne s’agit pas d’un remède, seulement d’une aide ponctuelle. Il sera nécessaire d’améliorer le sol pour résoudre ce problème à long terme, en le drainant mieux ou encore en favorisant l’activité des micro-organismes.

À savoir : le purin d’ortie et la réglementation

  • Le purin d’ortie est depuis le 28 avril 2011 autorisé en tant que PNPP (Préparations Naturelles Peu Préoccupantes) à usage phytopharmaceutique.

  • Depuis le 30 avril 2016, les PNPP à base de substances naturelles autorisées (dont l’ortie) sont reconnues comme des biostimulants. La fabrication, l’utilisation et la commercialisation du purin d’ortie en sont de fait simplifiées car ne dépendant plus d’une quelconque formalité. Cela concerne ces produits “qui contiennent uniquement une ou plusieurs substances autorisées par l'arrêté mélangées avec de l'eau, et donc accessibles à tout utilisateur, peuvent désormais être mis sur le marché sans autre formalité”. Cette mesure s’inscrit dans le cadre du plan Ecophyto 2018 du Grenelle de l’Environnement visant à réduire l’utilisation de pesticides chimiques.

D’autres utilisations du purin d’ortie

Le purin d’ortie sur les légumes et autres végétaux

Le purin d’ortie s’utilise sur de nombreux légumes du potager, avec le même taux de dilution que pour les tomates.

  • Les légumes feuilles en sont les plus friands : épinards, blettes, salades, choux, poireaux, …

  • Les légumes fruits, tout comme les tomates, en seront gratifiés seulement au démarrage de leur développement. Ceux qui seront conservés notamment, toutes les courges par exemple, n’auront pas d’apport de purin à partir de la floraison, car cela diminue leur capacité de conservation.

Les légumineuses, capables de fixer sur leurs racines l’azote de l’air, n’ont pas non plus besoin de supplément d’azote, hormis éventuellement au démarrage. Pas de purin d’ortie non plus pour les légumes racines qui risqueraient de pourrir.

Il est également bon pour les arbres et autres végétaux d’ornement de bénéficier d’arrosages de purin d’ortie à leur pied. Les plantes en pot notamment, dont les nutriments contenus dans le substrat sont rapidement épuisés.


Le purin d’ortie activateur de compost

Le purin d’ortie est un excellent activateur de compost. L’ortie, très calorifuge, a en effet la propriété d’en faire augmenter rapidement la température. La richesse du purin en matières organiques, bactéries, azote, ferments lactiques, offre de nombreux bénéfices au compost. Les organismes décomposeurs se multiplient face à cet apport et les matières organiques se décomposent plus vite. Le purin sera dilué dans de l’eau, à raison d’une dose de purin pour 9 doses d’eau de pluie. Arrosez régulièrement le tas avec cette dilution puis brassez-le à l’aide d’une fourche. Ces arrosages permettent de raccourcir le temps de maturation et apportent de l’homogénéité.


Le purin d’ortie désherbant

Le purin d’ortie peut aussi être employé comme désherbant. Sa richesse en azote est telle que, sans dilution, il va rapidement brûler les plantes qui ont été arrosées : elles noircissent puis disparaissent. Il est cependant à utiliser avec parcimonie car il charge également le sol en nitrates et se révèle donc très polluant.


Conclusion

Longtemps utilisées sous cape, les purins et autres macérations reprennent du service de manière ouverte et autorisée par la réglementation. Les minéraux et autres éléments présents originellement dans la plante sont optimisés par cette fermentation qui permet d’obtenir les purins. Ils offrent du coup un capital précieux, non seulement en ingrédients nutritifs mais aussi en substances stimulantes ou de défense face aux maladies. Certaines plantes sont particulièrement intéressantes par leurs propriétés, comme l’ortie bien connue pour ses bienfaits sur la santé. Fermentée sous forme d’extrait et diffusée sur les plantes par arrosages ou pulvérisations, elle joue un rôle important au jardin, notamment au potager. Les tomates par exemple ont une croissance boostée et sont plus résistantes face aux maladies grâce au purin d’ortie. L’homme s’est toujours soigné grâce aux plantes, pourquoi donc ne ferait-il pas de même pour ses plantations ?