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La bouture est une méthode classique et courante pour multiplier les végétaux, aussi bien utilisée par les professionnels que par les amateurs. Elle est néanmoins nettement moins courante lorsqu’il s’agit d’arbre fruitiers car souvent vouée à l’échec ou ne donnant pas les fruits désirés. Elle peut par contre être amusante et intéressante pour le particulier qui veut multiplier ses pruniers car celui-ci n’est pas soumis à la contrainte de productivité ! Le prunier reste par contre difficile à bouturer, c’est pourquoi les méthodes utilisées sortent un peu de l’ordinaire. Et au pire, vous aurez tout un tas de porte-greffe !
Faire une bouture de prunier ?
La bouture d’un arbre fruitier
La bouture chez l’arbre fruitier n’est pas le meilleur moyen pour obtenir des fruits identiques à ceux que donnent l’arbre d’origine. Ce sont surtout les petits fruitiers se multiplient ainsi, le figuier, la vigne, l’actinidia, l’olivier se prêtent également à cette technique de multiplication. Le prunier ajoute une certaine difficulté de reprise aux résultats hétérogènes et aux fruits généralement plus petits. L’autre inconvénient des boutures et autres modes de multiplications d’une variété de prunier (et autres fruitiers) que l’on greffe habituellement est de leur offrir le sol et le climat qui leur convient, la greffe permettant en effet de s’affranchir de ces contraintes. Les boutures peuvent par contre être utilisées comme porte-greffe, qui seront opérationnels plus rapidement que par semis, notamment les boutures de prunier myrobolan, souvent choisies comme PG.
La bouture sur bois sec
Un prunier peut être bouturé “sur bois sec”, durant l’hiver voire en automne mais la réussite n’est pas assurée, les Prunus étant plutôt difficiles à bouturer. Le résultat va beaucoup dépendre de la variété choisie, certaines ne reprendront jamais, d’autres difficilement. Il vous faudra durant l’hiver prélever des jeunes rameaux ligneux de 5 à 6 mm de diamètre dont vous ôterez ensuite les feuilles. Découpez ces rameaux en morceaux d’une vingtaine de centimètres de longueur, en réalisant une coupe en biseau autour d’un œil. Réalisez des bottes de boutures que vous stockerez au pied d’un mur exposé au nord, enterrés aux 3/4 dans une jauge de sable et de terreau. Dans les régions froides, un châssis froid les protégera des températures trop basses.
Au printemps, les boutures de prunier devraient avoir émis des racines, vous pourrez alors les placer en pépinière, dans un substrat léger. Elles pourront être mises en place définitivement l’année suivante, au cours de l’automne. Le système racinaire de la bouture peut parfois être un peu fragile, mais les résultats peuvent être bons et vous permettre d’obtenir de nombreux porte-greffe. Pour un prunier SPR (“Sur Propres racines”), vous attendrez environ 10 ans pour la première récolte. La vigueur du prunier obtenu dépendra de la vigueur de la variété bouturée.
Quelques astuces pour favoriser l’enracinement des boutures :
Les planter en biais ou horizontalement, la présence de plusieurs bourgeons sur la partie enterrée va multiplier le nombre de zones où chaque bouture pourra émettre des racines. De plus, la partie restant à l’air étant plus petite, elle court moins de risque de se dessécher.
Prélevez des rameaux de 2 ans plus riches en sève.
La bouture sous garrot
Cette technique s’applique pour des boutures réalisées au début de l’été, à partir de rameaux de l’année semi-aoûtés. Une semaine avant de prélever une bouture, appliquez un garrot (un fil de fer de faible section) au dessous d’un bourgeon foliaire. Cela va permettre de stocker à cet endroit là de l’auxine, une hormone de croissance, pour un enracinement plus facile (l’auxine descend vers la base du végétal grâce à la sève descendante, dont les canaux sont plus proches de l’écorce que ceux de la sève brute). Ce garrot ne doit pas être trop serré, afin de ne pas blesser l’écorce. Après la semaine, prélevez la bouture en coupant juste en-dessous du garrot, puis plus précisément entre le garrot et le bourgeon. Vous tremperez ensuite la base de la tige dans de l’hormone de bouturage avant de supprimer la moitié des feuilles et de placer la bouture plantée de 5 cm dans un substrat de bouturage, à l’étouffée sous une cloche. Vous garderez le pot en pleine lumière mais en la protégeant du soleil direct. Vous pourrez brumiser régulièrement pour maintenir un environnement relativement humide. Le repiquage des pruniers dans des pots individuels pourra avoir lieu 3 semaines plus tard environ. Vous les garderez encore une semaine dans le même environnement.
L’auto-bouturage ou affranchissement
Connu pour être assez réfractaire au bouturage, le prunier peut cependant être affranchi, ce qui est une forme de bouturage mais réalisée par l’arbre lui-même. Pour ce faire, il vous faut planter un scion de prunier en enterrant le point de greffe. Le but est de faire émettre au prunier des racines. Une fois qu’il sera autonome, le porte-greffe dépérira et le prunier vivra désormais sur son propre système racinaire.

D’autres méthodes pour multiplier un prunier ?
Peut-on planter les rejets ? Il est possible de récupérer les drageons, ou rejets, d’un prunier, mais ceux-ci proviennent obligatoirement du porte-greffe, vous obtiendrez donc un arbre (que vous pourrez utiliser comme porte-greffe) mais pas le prunier qui vous donne de si bons fruits, car son point de greffe est bien plus haut. Le prélèvement sera effectué de préférence en automne. Dégagez bien la racine pour avoir accès au départ du rejet puis dégagez également sous ce départ. Coupez ensuite au sécateur pour séparer le rejet du pied-mère en veillant à ne pas abîmer ses radicelles. Vous pourrez effectuer tout de suite la greffe et planter vos futurs pruniers si le porte-greffe mesure plus de 5 mm de diamètre, sinon il vous faudra le planter et attendre qu’il ait grossi pour placer les greffons. Cette méthode pour obtenir des porte-greffe a cependant un inconvénient majeur : les rejets possédant les caractéristiques de leurs parents, vos porte-greffe seront eux aussi drageonnants.
Peut-on semer des noyaux de prunes ? Les pruniers botaniques, les pruniers sauvages peuvent être multipliés par semis : les quetsches, les Damas noirs, les prunes d’Agen, les petites mirabelles, les reines-claudes vertes..par contre tout ceux qui sont issus d’hybridations ou de sélections, les auto-stériles ne donneront pas de “clones”. Et même les botaniques, des mirabelles par exemple, ne donneront que rarement un fruitier identique car l’individu généré possédera le code génétique de ses 2 parents. Cependant le semis peut être intéressant car le prunier ainsi obtenu va avoir un système racinaire fort, bien développé, et une meilleure adaptation au terroir et au climat.
Et la greffe ? Pour multiplier un arbre fruitier, c’est la greffe qui est la méthode couramment utilisée. Bien qu’un peu plus technique que le bouturage, son taux de réussite est plus important et vous serez sûr d’obtenir un prunier identique. Attention au porte-greffe, ses caractéristiques sont aussi très importantes pour la qualité de votre fruitier.
Pour en savoir plus, lisez notre article sur la greffe du prunier
Conclusion La bouture d’un prunier mirabelle, quetsche ou encore reine-claude paraît être le plus court chemin pour obtenir de bons arbres fruitiers. Mais ce n’est pas si simple, car non seulement le prunier ne se bouture pas facilement, mais en plus il est peu certain de récolter à terme les mêmes fruits que ceux du prunier d’origine. Cela étant dit, la bouture reste possible, et peut donner des résultats surprenants !
