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Le mildiou est une maladie qui peut rapidement faire dépérir vos tomates si elle n’est pas traitée dans les plus brefs délais. Provoquée par des champignons, elle commence par tacher de vert pâle les feuilles des plants de tomates et peut facilement briser tout espoir de récolte. Comment reconnaître ses symptômes et traiter les tomates contre le mildiou ? Et surtout, comment prévenir cette maladie malheureusement trop courante ?
Le mildiou
Le mildiou est une maladie cryptogamique, ce qui veut dire qu’elle est provoquée par un champignon. Mildiou est un terme générique, les champignons en cause sont différents selon les végétaux. Chez la tomate, plusieurs espèces peuvent être responsables de cette maladie : Phytophthora infestans et Phytophthora nicotianae principalement.
Les champignons
Le champignon du mildiou aérien, Phytophthora infestans, se développe surtout par temps doux à chaud et humide. Et si ces conditions perdurent, l’attaque peut être foudroyante. Les premiers symptômes apparaissent 4 à 7 jours après ces bonnes conditions. Le champignon s'installe d'abord sur le feuillage puis sur les tiges et les fruits. Les feuilles se marquent de taches huileuses vert pâle qui deviennent beiges, puis brunes en se nécrosant. Au revers de ces feuilles, correspondant aux taches, se trouvent des taches vert sombre à brunes, souvent recouvertes d’un duvet grisâtre. C’est de ce duvet que s’échappent les spores qui vont étendre la propagation du champignon. Les feuilles sont rapidement totalement nécrosées, noirâtres et recroquevillées sur elles-mêmes. Sur les tiges, ce sont des tronçons entiers qui virent au brun-noir. Les fleurs peuvent brunir et chuter. Sur les fruits, des taches brunes apparaissent, plus claires sur leur pourtour. Progressivement, la partie brune se marbre et prend une allure bosselée. Un duvet blanchâtre peut apparaître à sa surface.
Le mildiou terrestre, Phytophthora nicotianae, est notamment responsable de la fonte des semis, provoquant des lésions brunes et humides à la base des plantules, ces lésions étant également présentes sur les racines. Mais il peut aussi contaminer les fruits de plants adultes en contact avec le sol. Ces fruits se marquent d’anneaux concentriques bruns (les cercles ne sont pas toujours complets), parfois recouverts d’un feutrage blanchâtre lorsque le sol est humide. Ce mildiou atteint également les racines de pieds de tomates adultes. Lorsque c’est le cas, les feuilles jaunissent et se flétrissent, les plants touchés peuvent avoir une croissance ralentie et produire des fruits plus petits que la normale. Les fruits peuvent parfois présenter un “cul noir”.

Les conditions favorisantes
Phytophthora infestans se développe dans un environnement à la fois doux, voire chaud, et humide, et qui reste comme tel durant plusieurs jours. Des températures allant de 10 à 25° sont nécessaires, sachant que les températures optimales vont de 16 à 22° et que, au-delà de 30°, la propagation cesse. Cependant le champignon n’est pas détruit, il est juste en pause. Comme à des températures sous les 2° qui stoppent également son activité. Par ailleurs, il faut que les feuilles en elles-mêmes soient humides, durant 2 heures, ou que l’humidité de l’air soit supérieure à 90 %. Durant l’été, les pluies orageuses de soir ou de nuit suivies d’un jour chaud mais saturé d’humidité sont des conditions de rêve pour ce champignon. Mais aussi durant l’automne, dont les journées chaudes suivies de nuits fraîches entraînent des rosées persistantes le matin. La période à risque va du mois d’avril au mois d’octobre.
Pour le mildiou terrestre, qui a des hôtes très nombreux et variés et peut rester dans le sol ou dans divers déchets végétaux durant des années, il suffit d’une humidité modérée dans le sol et des températures au-dessus de 20° mais les températures optimales sont comprises entre 24 et 30°. Son activité est inhibée au-delà de 36° et en-dessous de 10 à 12°. Il arrive cependant que les plants de tomates soient contaminés suite à une période de sécheresse.
Quand et comment traiter les plants de tomates contre le mildiou ?
Lorsque la maladie apparaît, le premier geste à faire pour traiter les tomates contre le mildiou est de supprimer les feuilles ou tiges atteintes, et de poursuivre régulièrement cette suppression. Vous pouvez jeter ces débris végétaux dans votre compost. Les composts faits dans les règles de l’art peuvent en effet accueillir ces débris malades, car la température au cœur peut monter jusqu’à 70°, une température suffisante pour détruire le champignon.
Il est néanmoins très difficile de stopper la contamination une fois qu’elle a démarré. C’est possible si vous agissez rapidement et que les conditions météorologiques sont revenues au temps sec et chaud. Comme les températures hautes inhibent l’activité du champignon, celui-ci ne se répandra pas et il sera plus simple à éradiquer. Comment traiter naturellement les tomates contre le mildiou ? Une fois les feuilles malades coupées, appliquez un traitement antifongique, une macération de prêle et/ou d’ortie par exemple, ou autres purins contre le mildiou (plutôt macération que purins d’ailleurs). Renouvelez ce traitement tous les 5 à 6 jours.
Comment prévenir le mildiou de la tomate ?
L’adage “Mieux vaut prévenir que guérir” est sage en de nombreuses circonstances, le jardinage et le soin des plantes ne font pas exception. Prévenir le mildiou est non seulement plus simple que le soigner, mais cela évite également d’avoir des plants de tomate affaiblis et moins productifs. Comment cultiver vos plants pour ne pas avoir à traiter ces tomates contre le mildiou ?
Pour vous aider, suivez nos 4 astuces pour prévenir le mildiou.
Choisir des variétés résistantes et diverses
Cette prévention commence au choix des variétés, surtout si vous avez déjà eu des attaques de mildiou de la tomate à traiter les années précédentes. Privilégiez les variétés de tomates résistantes au mildiou, sachant néanmoins qu’aucune n’est totalement résistante, par exemple Previa F1, Rose de Berne, Legend, Tigarella, Handy Lady, Pyros F1, Saint-Pierre, Golden Jubilee… Faites vos propres tests, certaines variétés peuvent bien résister dans un potager mais pas dans un autre… Et certaines variétés peuvent être touchées au niveau du feuillage tout en produisant des fruits qui restent sains.
Par ailleurs, les tomates cerises, en règle générale, sont plus robustes face aux maladies, et les variétés de tomates précoces sont moins susceptibles d’attraper cette maladie car elles fructifient tôt dans la saison et le mildiou est généralement assez tardif.
Multiplier le nombre de variétés de tomates est conseillé, car chaque variété va réagir différemment au mildiou et cela peut ralentir la contamination entre les pieds.
Découvrez les 10 meilleures variétés de tomates à cultiver.

Bien planter les pieds de tomate
Un bon terrain est un terrain bien drainé, les excès d’eau dans le sol favorisent les maladies cryptogamiques. Tout comme les excès de matières organiques.
Sélectionnez pour vos tomates un emplacement bien ensoleillé et aéré. De plus, planter avec un bon espacement entre les pieds de tomates va permettre à l’air et aux rayons du soleil de pénétrer dans leur feuillage et de sécher l’humidité résiduelle. Pensez à réaliser vos rangs de pieds de tomates dans le sens des vents dominants, pour faciliter l’aération du feuillage. Ce champignon ne peut pas se développer sur des feuilles ou fruits secs.
L’utilisation de tuteurs adaptés à la croissance des tomates est propice à la bonne santé de vos plants. Un tuteur haut vertical ne suffit pas, même s’il est indispensable. Il faut également penser aux branches des pieds de tomates, dont la densité sera allégée s’ils peuvent être palissés horizontalement.
Si vous avez eu des attaques de mildiou à traiter l’année précédente, évitez de planter vos tomates au même endroit. Suivez nos conseils sur la plantation des tomates pour vous aider.
Garder les feuilles sèches
L'arrosage doit se faire au pied des plants et jamais sur les feuilles, les arrosages par aspersion sont déconseillés. Dans des conditions de pluviométrie importante associée à de la chaleur, il peut être judicieux de couvrir vos pieds de tomates, par exemple avec une housse à tomates, ou avec un auvent, translucide bien sûr.
Évitez les arrosages le soir pour limiter au maximum l’humidité persistante autour des tomates.
Si des feuilles touchent le sol, supprimez-les.
Le paillage des tomates a un double rôle. Non seulement il garde le sol plus frais et réduit donc le besoin en arrosage, mais en plus il contribue à réduire le développement du mildiou, notamment celui du mildiou terrestre, car il évite le contact des fruits avec le sol et que les spores accèdent aux fruits ou aux feuilles grâce aux gouttes de pluie qui rebondissent sur le sol.
Sous serre, le mildiou est bien moins fréquent. Néanmoins, il faut pour cela que la serre reste ouverte constamment afin que l’air circule (en tout cas par temps chaud et sec). Faute de quoi une condensation va se former et humidifier les feuilles de vos plants de tomates. Suivez nos conseils pour bien cultiver vos légumes sous serre.
Limiter la taille
Bien que les champignons responsables du mildiou aient plusieurs possibilités de pénétrer dans les tissus des végétaux, les plaies de taille forment une entrée supplémentaire. Limiter la taille permet donc de limiter les possibilités de contamination, par le mildiou et par d’autres agents pathogènes d’ailleurs. Lorsque vous devez tailler, agissez par temps chaud et sec, en pleine journée, de façon à ce que la plaie cicatrise le plus rapidement possible.
La suppression des gourmands peut être faite, mais si possible uniquement lorsque les conditions météorologiques sont favorables à la maladie. Pour en savoir plus, suivez nos conseils sur la taille des pieds de tomates.
Appliquer un traitement préventif fongicide anti-mildiou
En traitement préventif, il y a la pulvérisation de bouillie bordelaise, ou bien d’ortie ou de prêle sous forme de macération à diluer dans de l’eau. L'ortie peut également être grossièrement coupée et placée ainsi parmi le paillage. Le lait ou le lactosérum sont également des antifongiques efficaces. À utiliser pour traiter préventivement les tomates contre le mildiou, également dilués dans de l’eau.
Il est conseillé de traiter ainsi vos tomates contre le mildiou une fois tous les 7 à 10 jours et d’alterner entre plusieurs fongicides. L’utilisation de bouillie bordelaise (et autres préparations à base de cuivre) notamment ne doit pas être renouvelée trop souvent car l’accumulation de cuivre dans le sol devient rapidement toxique. De plus, le cuivre nuit à la floraison, il est donc judicieux de veiller à ne pas pulvériser le produit sur les fleurs. Pour en savoir plus, suivez nos conseils sur l'utilisation de la bouillie bordelaise.
Si toutefois la maladie apparaît, il faut supprimer toutes les feuilles atteintes et les brûler ou les jeter au compost ou à la poubelle.
Il est aussi indiqué de veiller à ce que les feuilles ne se touchent pas d’un pied à l’autre, par exemple en les palissant. Ce geste permet de bloquer la contamination qui peut se produire d’un plant à l’autre.
Réaliser vos propres semences en récupérant les graines de vos tomates préférées vous permettra d’obtenir des plants de plus en plus adaptés aux conditions dans lesquelles ils sont cultivées en termes de climat, d’exposition et de sol. Et donc des plants qui résisteront de mieux en mieux aux maladies, dont le mildiou. Suivez nos conseils pour bien récolter et conserver les graines de votre potager.
Le mildiou de la tomate, ce fléau redouté par les jardiniers, peut être efficacement prévenu grâce à une combinaison de méthodes prophylactiques. Et, dans certaines conditions, il est possible de traiter les tomates contre le mildiou. Il est important de savoir que la lutte contre cette maladie, préventive ou curative, demande une vigilance constante et une adaptation rapide aux conditions climatiques. Et oui, il faut savoir un peu souffrir pour avoir de belles tomates !!
