Aller au contenu
Conseils jardinage et plantes

Top 9 des maladies les courantes au potager

Partager

Le potager attire de nombreux pathogènes, notamment des champignons qui propagent leurs spores et qui colonisent les rangs. À terme, certaines de ces maladies courantes au potager peuvent compromettre durement la récolte espérée. Respecter les conditions de culture de chaque espèce de légumes et pratiquer la rotation des cultures vous aideront déjà à limiter les maladies. Dans tous les cas, surveillez l'état général de chaque plante, inspectez les feuilles, appliquez les solutions préventives et agissez avant que le mal ait fait trop de dégâts !

Les maladies courantes au potager
Les maladies courantes au potager - © Hazel - stock.adobe.com

Voir tous nos traitements des maladies des plantes

Les maladies les plus courantes au potager : symptômes, lutte spécifique et traitements

Ce sont les maladies fongiques qui sont les plus courantes au potager et qui occupent le haut de cette liste. Néanmoins, les insectes piqueurs et les carences peuvent aussi être en cause.


1 - L’oïdium

L’oïdium est une maladie fongique des plus courantes au potager, il est même rare que les tomates ainsi que les courgettes et autres Cucurbitacées, particulièrement sensibles, ne soient pas affectées à un moment de l’été. Il se reconnaît facilement au feutrage blanc qui recouvre peu à peu les feuilles, d’où le fait qu’on l’appelle souvent le “blanc”, feuilles qui finissent par se dessécher. Il est favorisé par les écarts de température entre le jour et la nuit et les temps secs.

L’oïdum est cependant peu problématique quand il arrive en fin de saison (ce qui est souvent le cas) car il n’atteint alors pas les fruits, déjà récoltés. Vous arracherez alors les plants et vous les détruirez pour éviter qu’il ne passe l’hiver dans le sol.

L’oïdium peut être traité avec des produits soufrés, mais ne dépassez pas les dosages prescrits et respectez les précautions d’usages indiquées.

Pour vous aider, suivez nos conseils pour lutter contre l'oïdium avec des purins.

2 - Le mildiou

Un pied de courgette atteinte de mildiou
Un pied de courgette atteinte de mildiou - © Alesia - stock.adobe.com

Courant pour de très nombreuses plantes, le mildiou provoque des taches brunes et huileuses sur les feuilles, parfois entourée d’un halo jaune, correspondant à un feutrage blanc sur l’envers de ces feuilles, puis des taches brunes sur les tiges et les fruits. Il se développe par temps doux (entre 10 et 25°) et humide, mais c’est au printemps qu’il se fixe sur les feuilles. Dès que les conditions lui conviennent, il se répand très rapidement sur sa plante hôte et ses voisines. Il a une préférence pour les pommes de terre, les tomates, les fraises et la vigne.

Pas de remède pour cette maladie courante au potager, par contre, en prévention, il est possible de l’empêcher de se développer en pulvérisant du purin d’ortie ou de prêle (ou, mieux, un mélange des deux), après une période pluvieuse suivie par un temps chaud.

Pour en savoir plus, suivez nos 4 astuces pour prévenir le mildiou.

3 - La rouille

Des petites pustules oranges apparaissent sur les faces inférieures des feuilles après une période de pluie suivie par un temps doux (entre 17 et 22°). Sur la face supérieure des feuilles atteintes peuvent se former des auréoles jaunâtres ou rougeâtres et les pustules inférieures peuvent fusionner, la feuilles va alors se dessécher. Les haricots, l’ail, l’oignon, les poireaux sont les plantes les plus sensibles au potager. Cette maladie, courante au potager, est favorisée par une terre trop humide, souvent due à des arrosages trop fréquents.

Un purin de prêle et d’ortie convient bien pour traiter la rouille. Si l’attaque est importante, vous utiliserez un produit soufré ou à base de cuivre. Ramassez et détruisez toutes les feuilles atteintes.


4 - La fumagine

La fumagine est une maladie fongique courante au potager mais assez particulière, dans le sens où elle est provoquée par les conséquences de la présence de parasites tels que les pucerons, les psylles ou les cochenilles. Ceux-ci rejettent en effet les sucres présents dans la sève qu’ils absorbent sous forme de miellat. Il se dépose sur les feuilles et c’est sur ce miellat que se développent des moisissures noires, comme une suie collante. Lorsqu’elle est abondante, la photosynthèse se fait moins, ce qui va affaiblir la plante par manque de ressources.

Pour lutter contre la fumagine, ce sont les parasites qu’il faut éliminer. Une fois ceci fait, vous pourrez nettoyer les feuilles avec du savon noir dilué dans de l’eau.


5 - Le botrytis ou pourriture grise

Pourriture grise sur des fraises
Pourriture grise sur des fraises - © Natalia - stock.adobe.com

Le botrytis est susceptible de s’attaquer à un très grand nombre de plantes au potager et toutes les parties des plantes peuvent être atteintes, même si les fruits sont généralement les plus touchés. De plus, la maladie évolue rapidement et les symptômes sont assez variés en fonction du végétal et de la partie attaquée : les fleurs se flétrissent, les feuilles se couvrent de taches, les tiges et les fruits pourrissent. Les racines également, mais ce n’est visible que lorsque la plante est arrachée. Lorsqu'il fait humide, les zones brunies développent des filaments blanchâtres.

C’est un temps doux (entre 18 et 25°) et humide qui favorise le développement de cette pourriture, notamment en fin d'été avec des journées douces et des nuits fraîches qui entraînent une rosée matinale ou bien au printemps s’il est très pluvieux. Cette maladie courante au potager s’attaque le plus souvent aux plantes déjà affaiblies, notamment les fraises, les tomates et les salades, et une serre mal aérée ou une végétation trop dense sont souvent en cause.

Le bicarbonate de potassium est souvent utilisé pour lutter contre le botrytis. Il forme sur les tissus végétaux un environnement alcalin qui inhibe le développement du champignon. La bouillie bordelaise est une autre solution, en quantité modérée.

Pour vous aider, suivez nos conseils pour lutter contre le botrytis ou pourriture de la fraise..

6 - L’alternariose

Cette maladie fongique courante au potager se repère à l’apparition de petites taches noires sur les feuilles inférieures des carottes, céleris, choux, persil, pommes de terre ou tomates. Ces taches s’agrandissent peu à peu en formant des cercles concentriques, puis les feuilles tombent. Des taches peuvent aussi apparaître sur les tiges et sur les fruits (les tomates donc). Des taches noires en creux se forment près du pédoncule (la tige qui relie le fruit à sa branche), de 1 à 2 cm en moyenne.

Ce champignon se développe à des températures chaudes (20 à 30°) avec une succession de périodes sèches et humides.

Il semble que la rose d’Inde (Tagetes erecta) est une bonne plante compagne pour les plantes sensibles à l’alternariose, car elle inhiberait la germination des spores du champignon.

Éliminez toutes les parties atteintes de vos plants potagers, c’est souvent suffisant pour stopper la maladie. Si ce n’est pas le cas, pulvérisez plusieurs fois du bicarbonate de soude ou une décoction d’ail (tous les deux des antifongiques reconnus) à quelques jours d’intervalles. Si rien ne fonctionne, il vous faudra arracher et détruire les plantes.

Pour en savoir plus, suivez nos 2 moyens de lutte biologique contre l'alternariose.

7 - L’anthracnose

Des taches brunes ou noires qui deviennent presque translucides se montrent sur les feuilles, les tiges et les fruits, souvent margées de noir. Sur les fruits, il est fréquent qu’elles se creusent et se nécrosent.

Dans le potager, l’anthracnose se plaît à des températures chaudes (20 à 27°) et beaucoup d’humidité. Elle est plus fréquente au printemps ou en automne, mais aussi lors des orages d’été. Son développement est très rapide.

Ses plantes hôtes les plus fréquentes sont les tomates, les haricots et les concombres, ainsi que les petits fruitiers (groseillier, framboisiers, vigne).

Pour traiter l’anthracnose, la bouillie bordelaise est privilégiée, à appliquer dès les premiers symptômes pour qu’elle soit efficace, mais cette maladie, courante au potager, est difficile à éradiquer une fois installée sur une plante. La prévention est donc très importante. Pour vous aider, suivez nos conseils pour bien utiliser la bouillie bordelaise..

Après cette maladie, tablez sur une rotation longue de vos cultures. Comme les champignons varient selon l’hôte, c’est la famille de la plante touchée qui ne sera pas plantée au même endroit pendant au moins cinq ans.

Pour en savoir plus, suivez nos conseils sur la rotation des cultures.

8 - La nécrose apicale de la tomate (cul noir)

La nécrose apicale des tomates
La nécrose apicale des tomates - © Kojder - stock.adobe.com

La base des tomates commence par se décolorer puis brunir avant de devenir noire et légèrement creuse, touchée par la nécrose. Le cul noir est souvent une porte d’entrée pour d’autres pathogènes.

C’est une maladie spécifique aux tomates et très courante au potager, due à une irrigation trop irrégulière qui provoque des carences en calcium et des à-coup au niveau des apports en nutriments. 

Pour traiter la nécrose apicale, appliquez un engrais riche en calcium sous forme de pulvérisation foliaire, qui apportera rapidement cet élément à la plante et évitera que les prochains fruits soient touchés. Un engrais contenant du calcium, de l’azote, du bore peut être apporté aux tomates durant leur croissance et soyez attentif à la régularité des apports en eau. Ce type de produit peut aussi être utilisé en prévention. Le purin de prêle ne contient pas que de la silice, il propose également du calcium et ses propriétés fortifiantes en font un bon produit à appliquer tout au long de la croissance de vos tomates.

Pour en savoir plus, suivez nos conseils sur le purin de prêle.

9 - La fusariose

Nombreuses sont les plantes potagères qui peuvent être atteintes par ce champignon : asperges, tomates, ail, choux, courgettes, pois… La plante flétrit rapidement, les feuilles deviennent jaunes, les tiges pourrissent, tout comme les racines. Elle peut également présenter des taches décolorées qui vont ensuite noircir. Des moisissures blanches ou rosâtres peuvent se former sur les feuilles et les tiges.

La fusariose prospère à forte chaleur (à partir de 25°) dans les sols compacts qui gardent l’humidité et où l’air circule peu. Le champignon attaque les plantes via les racines.

Une fois la maladie installée, il n’y a pas de traitement, il faut arracher les plantes et les détruire. Enlevez aussi la terre autour de leurs racines, et il faudra éviter cette zone quelques années, en tout cas pour les plantes potagères sensibles.

Pour aller plus loin, suivez aussi nos conseils quand votre plant de tomates est mou..

Tableau de diagnostic

Comment savoir quelle maladie a ma plante ? Voici un tableau récapitulatif pour faciliter votre diagnostic pour les maladies les plus courantes au potager.


Maladie

Symptômes principaux

Plantes sensibles

Conditions favorables

Oïdium

Feutrage blanc sur les feuilles, feuilles qui se dessèchent

Tomates, courgettes, courges

Temps sec, fortes variations de température jour/nuit

Mildiou

Taches brunes huileuses sur le dessus des feuilles, feutrage blanc dessous, pourriture des tiges et des fruits

Tomates, pommes de terre, fraises, vigne

Températures modérées, 10 à 25°, humidité élevée

Rouille

Pustules de couleur rouille sous les feuilles, taches pales rouges ou jaunes sur les feuilles

Haricots, ail, oignon, poireaux

Températures modérées, 17 à 22°, humidité élevée

Fumagine

Suie noire et collante sur les feuilles, présence de pucerons

Toutes

Températures modérées à chaudes

Botrytis

Décomposition des tissus des feuilles, tiges, fruits

Fraises, tomates, salades, plantes affaiblies

Temps doux, 18 à 25°, et humide, avec écarts de températures diurnes/nocturnes

Alternariose

Taches noires sur les feuilles et tiges, qui grandissent en cercles concentriques. Taches noires creuses près du pédoncule des tomates

Tomates, carottes, céleris, choux, pommes de terre, persil

Températures élevées, 20 à 30°, temps chaud et sec en journée et rosée le matin

Anthracnose

Taches brunes ou noires sur feuilles, tiges, fruits, taches sombres en creux sur les fruits

Haricots, concombres, tomates

Températures élevées, 15 à 27°, forte humidité

Nécrose apicale (cul noir)

Pourriture noire à la base des tomates

Tomates

Apports en eau irréguliers, d’où une carence en magnésium

Fusariose

Feuilles jaunes, pourriture des tiges et des racines, flétrissement rapide de toute la plante

Tomates, pommes de terre, aubergines, courgettes, melons, concombres, pois, asperges, céleris…

Températures élevées, 25° et plus, sol compact


Les règles d'or au potager

Pour limiter les risques de maladies courantes au potager, respectez les conditions de culture des légumes au potager. 

Soyez attentif à l’aspect et à l’état de vos plantes. Plus tôt vous remarquerez la présence d’un problème, plus tôt vous pourrez agir pour l’éradiquer, avec donc de bien meilleures chances de succès.


Des plants sains et adaptés

  • Choisissez des variétés résistantes aux maladies les plus courantes au niveau local et adaptées au sol et au climat. Les variétés locales sont logiquement mieux adaptées que les autres aux conditions qui leur sont offertes.

  • Sélectionnez des plants/des semences saines.

  • Des conditions de culture (sol, climat, exposition, gel, arrosage, carences, parasites…) adaptées à la plante réduisent drastiquement les stress divers, d’où une meilleure santé et une meilleure résistance aux attaques.


La plantation

Espacez bien vos plants pour que l'air circule
Espacez bien vos plants pour que l'air circule - © beerlan - stock.adobe.com

  • Pratiquez la rotation des cultures, vous éviterez la propagation des maladies et n'épuiserez pas le sol en éléments nutritifs.

  • Respectez les distances de plantation. Des plantes épanouies car disposant de suffisamment d’espace pour se développer seront plus résistantes à des attaques, et l’air et le soleil qui circulent entre les plants limitent la stagnation de l’humidité.

  • Éloignez les unes des autres les plantes qui sont sensibles aux mêmes pathogènes.

  • Améliorez et allégez votre sol s’il est trop compact, notamment grâce à des apports de matières organiques. Un sol lourd et mal drainé favorise de nombreuses maladies fongiques, le mildiou chez les fraisiers par exemple, ou bien la fusariose.

  • L’apport de matières organiques est de toute façon la clé pour un sol riche en nutriments et en microorganismes utiles à la vie du sol.


Une bonne hygiène

  • Désinfectez entre les utilisations : les tuteurs, les outils de coupe, les pots et godets à l'eau javellisée ou à l'alcool à brûler.

  • Détruisez les restes de culture et les parties touchées des plantes en cours de culture à la moindre trace de maladie. Soyez attentif à l’aspect et à l’état de vos plantes. Plus tôt vous remarquerez la présence d’un problème, plus tôt vous pourrez agir pour l’éradiquer, avec donc de bien meilleures chances de succès.


Les bons gestes de culture

Paillage et arrosage au pied en goutte-à-goutte
Paillage et arrosage au pied en goutte-à-goutte - © Olivier-Tuffé - stock.adobe.com

  • Arrosez de préférence tôt le matin quand les nuits sont fraîches et en soirée quand il fait chaud afin que les racines profitent autant que possible de ces arrosages sans que le sol reste humide durant la nuit. Arrosez autant que possible au pied de vos végétaux pour éviter l’humidité sur les feuilles. Et utilisez autant que possible de l’eau à température ambiante pour éviter les chocs thermiques, en privilégiant l’eau de pluie.

  • Lorsque les conditions sont favorables au développement des maladies fongiques u que celles-ci ont déjà été présentes les années précédentes, pulvérisez une décoction de prêle et d’un antifongique naturel (ail, bicarbonate de soude, lait) en prévention, toutes les deux semaines du printemps jusqu’au mois d’août - la prêle, riche en silice, renforce les tissus végétaux.

  • Le paillage est une habitude à prendre, qui apporte un grand nombre de bénéfices. Cela protège le sol souvent nu des potagers de  l’action de la pluie, qui a tendance à rendre le sol en surface imperméable à l’eau et à l’air. Le paillage a bien sûr un rôle important pour limiter une évaporation trop rapide de l’humidité et atténuer les changements de température. Le paillage est aussi très utile pour limiter la contamination des végétaux par des champignons qui hivernent dans le sol. Composé de matières organiques (copeaux de bois, feuilles sèches, foin…), il se décompose progressivement en nourrissant le sol.

  • Soyez modéré en engrais azotés, ils ont un effet attractif sur certains champignons comme sur les parasites car les tissus des plantes sont alors plus fragiles. 

  • Limitez le travail du sol en utilisant des outils tels que les grelinettes et autres fourches-bêches afin de préserver la structure du sol et les écosystèmes présents. 


Limitez le stress de vos plantes

  • Ne taillez vos plants potagers que si c’est vraiment nécessaire. Une taille est une blessure, qui stresse la plante et l’affaiblit, la rendant plus susceptible d’être attaquée par certains champignons ou parasites.

Protégez vos plantes potagères contre le gel ou contre trop de chaleur.


Quid des ravageurs ?

La plupart des maladies courantes au potager ne sont pas systématiques. Pour les éviter, offrir à vos légumes les conditions de culture dont ils ont besoin est déjà un bon point, tout comme certains gestes qui visent aussi à les protéger, comme l’arrosage au pied ou le paillage. Et avec une attention régulière, c’est tôt que vous remarquerez la présence d’un problème, et que vous pourrez agir !