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Quelles sont les différentes maladies de la tomate ? Les plus courantes sont des maladies cryptogamiques, le mildiou, l'oïdium et le botrytis, ainsi qu’une maladie due à un tout autre facteur, la nécrose apicale, souvent appelée “cul noir”. Comment reconnaître les maladies de la tomate en serre et comment les traiter ou les éviter ?
La principale maladie de la tomate en serre : le mildiou
Le mildiou, Phytophthora infestans, est une maladie cryptogamique de la tomate, une des plus courantes et des plus virulentes. Elle est provoquée par des champignons, comme la plupart des maladies de la tomate en serre ou en terre. Des températures douces à chaudes en journée et des nuits froides, doublées d’une forte humidité, sont des facteurs qui favorisent son développement.
Description du mildiou
Comment reconnaître le mildiou de la tomate ? Il s’attaque à toutes les parties aériennes de la tomate. Des taches humides vert clair à brun vert apparaissent sur le bord des feuilles puis s’étalent et brunissent avant de se nécroser. Les tiges et les pétioles se marquent de brun, des taches irrégulières en font souvent le tour. Elles peuvent atteindre les bouquets floraux, provoquant alors la chute de nombreuses fleurs. Si des fruits sont déjà formés, ils se tachent aussi de brun. On voit une tache arrondie marbrée brune et bosselée sur la peau, plus ou moins homogène et en cercles concentriques selon la précocité de l’attaque.
L’attaque peut être très violente lorsque les conditions lui sont particulièrement favorables et des branches entières peuvent sécher entièrement en peu de temps.
Pour vous aider, suivez nos conseils pour lutter contre le mildiou des tomates.

Comment lutter contre le mildiou de la tomate ?
Comment sauver des pieds de tomates qui ont la maladie du mildiou ? Les conditions climatiques influencent énormément le développement du mildiou. En termes d’humidité, la serre ne va protéger les plants qu’au niveau des pluies. La rosée peut y être présente et l’humidité ambiante est souvent plus élevée qu’à l’extérieur. L’aération est indispensable, aussi souvent et longtemps que possible. Lors des arrosages, évitez de toucher les feuilles. Des plants de tomates bien espacés sont également une bonne chose pour éviter le mildiou, cela permet à l’air de circuler entre les feuilles.
Un paillage au pied des tomates permet de réduire le développement de ce champignon. Il doit être mis en place notamment si vos plants ont été atteints l’année précédente.
Dès l’apparition des premiers symptômes, réalisez un traitement antifongique mais il est probablement déjà trop tard. Si c’est la première attaque, pensez à réaliser des traitements préventifs l’année prochaine. Alternez bouillie bordelaise, traitement à base de cuivre et purin de prêle pour éviter autant que possible la résistance à ces fongicides.
Éliminez les parties atteintes et réduisez le nombre de feuilles et de branches pour aérer le pied. Cette mesure a cependant son revers car elle affaiblit le plant.
Reconnaître et traiter l’oïdium de la tomate en serre
L’oïdium est une maladie de la tomate en serre due à un champignon et se rencontre sur de nombreux végétaux durant l’été, que ce soit au potager ou au jardin d’ornement.
Description
L’oïdium, Pseudoidium neolycopersici ou Oidium neolycopersici, est facilement reconnaissable. Les feuilles se couvrent de taches d’un duvet farineux blanc, puis se recroquevillent avant de sécher et de tomber. Les tiges peuvent aussi être atteintes. Le plant s’affaiblit et montre un retard de croissance. La production est impactée du fait de la faiblesse du plant mais les tomates elles-mêmes ne sont pas touchées.
C’est à partir d’avril que des contaminations peuvent se faire. Ce champignon est en effet favorisé par une alternance d’humidité et de soleil.

Comment lutter contre l’oïdium de la tomate ?
Gardez de l’espace entre les plants de tomates pour une bonne aération du feuillage.
Arrosez uniquement au pied des tomates pour ne pas mouiller les feuilles.
Supprimez au plus vite les feuilles atteintes et détruisez-les.
Désinfectez vos outils systématiquement entre 2 végétaux, pour ne pas transmettre la maladie.
Limitez la fertilisation avec des produits azotés, l’oïdium est favorisé par l’excès de cet élément dans le sol.
Si vos plants de tomates sont systématiquement attaqués, tournez-vous vers des variétés résistantes.
Pensez à faire tourner vos cultures de tomates pour éviter la contamination d’une année sur l’autre.
Traitez au soufre à l’apparition des premiers symptômes, il est rapidement trop tard. Le soufre peut aussi être utilisé à titre préventif.
Reconnaître et traiter le botrytis de la tomate en serre
Cette autre maladie cryptogamique de la tomate ne lui est pas réservée, le champignon Botrytis cinerea est très polyphage, ce qui veut dire qu’il s’attaque à un très grand nombre de plantes.
Description
Ce Botrytis va atteindre toutes les parties aériennes de la tomate. Les feuilles montrent des taches humides et arrondies, d’un beige plus ou moins clair. Ces taches qui débutent au bord de la feuille et qui s’étendent ensuite vers son centre sont marquées de demi-cercles concentriques. Ces parties lésées des feuilles sèchent et peuvent pourrir. Le champignon atteint le pétiole puis la tige, qui va afficher des chancres qui s’étendent.

Les fruits (le plus souvent les jeunes fruits) sont marqués par des petits cercles ronds, blancs ou jaunes, au centre desquels se remarque un point noir, comme une piqûre. Le fruit va commencer à pourrir à partir du pédoncule. Toutes les parties finissent par se couvrir d’une moisissure grise.
Le développement de ce champignon est favorisé par un temps humide (95 %) et doux (17 à 23°), c’est pourquoi, bien qu’il soit également présent à l’extérieur, il est particulièrement courant dans les cultures sous serre, ce milieu étant plus humide. De plus, les tissus des végétaux sont plus tendres en serre qu’à l'extérieur, ce qui est aussi un facteur favorisant.
Comment lutter contre le botrytis de la tomate ?
L’oïdium est peu à peu devenu résistant à un grand nombre de fongicides, il est recommandé d’alterner ces produits fongicides.
Comme le champignon pénètre généralement dans l’organisme de la tomate par les plaies de taille ou les pincements de gourmands, les traitements antifongiques sont à appliquer après une taille, pour protéger les plaies. Lorsque vous taillez ou pincez, agissez le plus tôt possible pour réduire la taille des plaies, et coupez à ras de la tige. Ne laissez pas de chicots qui sont souvent des points d’entrée pour les pathogènes. Taillez le matin et si possible lorsque le temps est sec et chaud, les blessures sècheront plus vite.
L’aération de la serre est ici également indispensable pour diminuer l’humidité ambiante.
Les apports d’azote doivent être adaptés au besoin de la plante, un excès va rendre les tissus plus succulents et donc plus attractifs pour le champignon, une carence va affaiblir les feuilles (chlorose) qui pourront facilement nourrir le champignon.
Reconnaître et traiter le cul noir de la tomate en serre
Contrairement aux autres maladies courantes de la tomate en serre, le cul noir, ou nécrose apicale, n’est pas due à un champignon mais à un désordre physiologique due à une carence en calcium.
Description
Le nom de “cul noir” est très évocateur et ne permet pas de doute sur la maladie. Les tomates deviennent brun noir du côté opposé au pédoncule. La tache est régulière et circulaire, un peu parcheminée, épaisse. Ce symptôme peut également faire penser à l’alternariose, une autre maladie fongique de la tomate, mais la tache due à la nécrose apicale concerne uniquement la partie inférieure du fruit.

La variété ‘Cornue des Andes’ est réputée très sensible à cette maladie.
La carence en calcium qui en est la cause peut être entraînée par différents facteurs : un excès d’azote peut entraîner une mauvaise absorption du calcium par la plante ; le sol peut être trop acide, donc la proportion de calcium y est insuffisante ; le sol est chargé en sel ; des arrosages irréguliers ont aussi pour effet de perturber l'absorption par les racines de cet élément.
Comment lutter contre le cul noir de la tomate ?
Lorsque les fruits d’un plant sont atteints, vous pouvez apporter du calcium au sol sous forme de chaux ou autres amendements pour corriger ce manque.
Pour éviter que cette carence se produise, évitez les engrais très riches en azote et les excès de magnésium. Réalisez des arrosages réguliers, par exemple avec un système de goutte-à-goutte ou un arrosage automatique qui délivrera toujours la même quantité d’eau. Préférez les arrosages en journée plutôt que le soir. Paillez le pied des tomates pour limiter l’évapotranspiration. La carence doit particulièrement être évitée au moment où les fruits se développent de manière importante.
Comme il est préférable de prévenir au lieu de guérir, offrez des conditions de culture qui éviteront la prolifération des tomates sous serre. Pensez à bien espacer vos plants de tomates lors de la plantation afin de leur offrir une bonne aération. Arrosez de préférence le matin et sans mouiller le feuillage. Inspectez souvent chaque feuille et retirez sans attendre celles qui vous paraissent contaminées. Ne cultivez surtout pas de pommes de terre à proximité et favorisez la rotation des cultures.
