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L'autoproduction : lancez-vous !

Jigmé et ses recettes de fleurs étonnantes

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Jigmé habite en Dordogne, ses 3,5 hectares de terrain sont situés sur le versant nord d’une colline. Il doit composer avec une belle pente et une exposition moins ensoleillée. Lui, ce qui l’intéresse c’est le goût ! Et il n’hésite pas à multiplier les variétés rares, les recettes originales et les plantes “exotiques” pour expérimenter de nouvelles saveurs !  

Jigmé près d'une sauge sclarée
Jigmé près d'une sauge sclarée - © Studio EVO

Voir nos graines et bulbes de fleurs

La culture d'un potager orienté Nord

Qu'implique l'exposition nord pour un potager ? On sait que la majorité des légumes, et en particulier ceux d'été (tomates, aubergines, courgettes, aussi appelés à juste titre légumes du soleil) ont besoin du soleil et de la chaleur que leur apportent une exposition Sud. Sur un versant exposé Nord, la chaleur arrive plus tardivement. Ainsi, Jigmé voit ses plantes se développer environ 2 semaines après celles de ses parents, par exemple, qui ont un jardin bien exposé au soleil. "Tout pousse un peu plus lentement", ce qui décale ses récoltes, et ne permet pas de les échelonner dans le temps. Mais à tout problème, une solution : il va miser sur les tunnels pour diminuer ce décalage et pouvoir récolter sur une plus longue période.


Le potager de Jigmé
Le potager de Jigmé - © Studio EVO

Autre solution qu'il envisage : créer un potager de vivaces, un potager d'hiver. Car comme tous les autoproducteurs, Jigmé se retrouve confronté au "syndrome du potager vide", quand arrivent les premiers grands froids. Alors il mise sur les artichauts, les cardons, les asperges... Toutes ces cultures qui s'installent durablement et qui ne sont pas gênées par un manque de chaleur ou de soleil. Certes, ce sont des cultures qui prennent de la place, et occupent longtemps le terrain. Mais ce n'est pas un souci pour Jigmé qui possède 3,5 hectares !

La culture d'un potager exposé au Nord garde un avantage, et pas des moindres au vu de la météo actuelle et du changement climatique qui se fait ressentir dans toutes les régions de France : l'arrosage. Celui-ci est bien moindre en effet que dans un potager bien ensoleillé.

Et enfin, Jigmé conclut ainsi sur ce sujet : "De manière globale, le versant nord de la colline est plus adapté pour de la culture fruitière et tout ce qui est sud, plus pour de la culture annuelle."


Le verger de Jigmé et ses variétés atypiques

En parlant de fruitiers, Jigmé, sur son immense terrain, plante à tout va de multiples espèces et variétés de fruitiers. Il ne se donne aucune limite ! Il essaie et voit ce qui se développe et ce qui ne se développe pas, ce qui lui plait en goût et ce qui ne lui plaît pas. Il peut se le permettre car il a de la place, et une exposition qui y est favorable. Qui plus est, il adore découvrir de nouvelles saveurs. Parmi les incontournables de sa région comme la noix du Périgord, et les habitués des vergers : pommiers, poiriers, pruniers, pêchers mais aussi amandiers, pistachiers, oliviers... Il en multiplie les variétés pour étaler la production, trouver le fruit qui lui plaira le plus ou avec lequel il pourra réaliser telle ou telle recette.

Côté originalité, citons le pommier rouge dont les pommes à chair rouge sont idéales en salade de fruits ou en jus. L'olivier leocarpa et ses olives blanches, dont on faisait une huile réputée pour les rituels religieux !


L'asiminier, un fruitier à tester chez vous !

L'asiminier
L'asiminier - © eqroy - stock.adobe.com

Jigmé est un adepte de l'asiminier. Le connaissez-vous ? Ces fruits exotiques sont d'une rusticité incroyable, capables de survivre à des températures négatives jusqu'à -20°C ! En France, il se cultive sans aucun problème. On ne peut pas trouver son fruit sur les étals de nos marchés, car il doit être consommé très rapidement après la cueillette, et ne supporte pas la chaine de transport.

Les fruits se dégustent épluchés, sans leurs graines, crus, en jus, cuit en compote, ou en glace ou sorbet. Leur goût rappelle la banane et la mangue.


Quelques recettes de fleurs étonnantes

La fleur de poireau

Quand la fleur du poireau est encore en bouton, récoltez-la, son goût est délicieux : "à la plancha juste avec de l'huile d'olive, c'est à tomber par terre ! "


La fleur de tournesol

Quand les graines de la fleur de tournesol sont en formation et toutes tendres, passez-la à la plancha ou au barbecue : "ça se mange comme un épi de maïs et c'est super bon ! "


La cuisine de Jigmé

De l'huile avec ses noix (dans un moulin à disposition), des confitures qui marient mirabelle et lavande, ou romarin, des noix pour apporter du croquant à ces confitures, des recettes plus asiatiques comme les umeboshi - une prune ou mirabelle lactofermentée, très salée - utilisés en condiments, de la figue séchée pour des encas de sportif, de la poudre de mûres pour donner des couleurs aux pâtes brisées ou sablées, des tomates déshydratées conservées dans un bocal d'huile...


La camomille vraie, dont les infusions sont réputées pour aider à trouver le sommeil
La camomille vraie, dont les infusions sont réputées pour aider à trouver le sommeil - © Studio EVO

Des fleurs utiles, à tous les points de vue 

Jigmé fleurit son jardin et profite de tout ce qu’elles apportent : 

  • La phacélie, qui pousse très facilement, qui a une jolie floraison mellifère et qui, en tant qu’engrais vert, enrichira en azote et en phosphore la terre une fois fauchée. Pour vous aider, suivez nos conseils pour semer la phacélie

  • Les tournesols de différents types et les graines qu'ils produisent autant pour Jigmé que pour les oiseaux.

  • Les rosiers, et en particulier la rose de Damas dont il fait une boisson fermentée avec du sureau "absolument délicieuse".

  • Le dahlia : "je plante le bulbe et après je ne m'en occupe plus". Jigmé ne déterre pas non plus les bulbes pour les faire passer l'hiver à l'abri, il les laisse en terre.

  • Le buddléia weyeriana, très mellifère qui attire les abeilles contrairement aux autres arbres à papillons, réputés attirés... les papillons. Jigmé le fauche à la fin de sa floraison et laisse sur place, sa décomposition nourrira les autres plantes.

  • Le tithonia ou tournesol mexicain, idéal pour apporter de l'azote et du phosphore à un sol pauvre.

Connaissez-vous la plante fromage ? "C'est une liane assez vigoureuse, mine de rien. Quand on casse la feuille, elle a le goût et l'odeur de la croûte de fromage, de camembert rôti, qui tient longtemps en bouche !"

Les joies de l'autoproduction selon Jigmé

"Ce qui me plaît dans l'autoproduction, c'est avant tout le goût, l'éventail de goût possible." Jigmé produit ses fruits et légumes dans le but de les cuisiner et de bien manger. Les récoltes de son jardin ont une texture et une saveur différentes de celles des grandes surfaces, l'autoproduction apporte un goût supplémentaire : "c'est le goût de la satisfaction, une satisfaction profonde de manger ce qu'on a commencé depuis la graine". 


Découvrir une nouvelle variété de plantes à goûter, c'est la motivation première de Jigmé !
Découvrir une nouvelle variété de plantes à goûter, c'est la motivation première de Jigmé ! - © Studio EVO

Son conseil à ceux qu'ils veulent se lancer

Jigmé rassure tous ceux qui veulent commencer l'aventure de l'autoproduction : "ce n'est pas compliqué, il faut commencer petit".

Commencez avec 2 carrés de potager 1m par 1m ou une rangée ou 2 dans le cas d'un potager en ligne. Ainsi, l'entretien sera restreint, les besoins seront moindres (en termes d'engrais et d'arrosage). Un bon moyen d'expérimenter et de se rendre compte que c'est vraiment simple.

Son petit conseil : ne pas hésiter à densifier les plantations, de planter plus serré que les préconisations d'espacement. "On peut casser ces normes et densifier beaucoup plus, et c'est même mieux pour le sol."


Merci Jigmé !